Sylvie ou L’innée libre écoute

Sylvie ou L’innée libre écoute

Ce bon vieux Gaston (Rébuffat) disait :
« L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où, un jour, ses yeux ont regardé… »

Avec Sylvie Marchal, Ain’t no mountain high enough … qu’une bonne volonté, bien accompagnée ne puisse escalader. 

Car en effet, en parfaite guide de cordée, Sylvie nous aide à, non seulement bien nous équiper pour l’ascension, mais s’assure aussi que nous ne perdions jamais de vue nos motivations ; que nous gardions au cœur et en fer de lance nos valeurs pour que la vie ait du sens. 

Coach Sylvie rend la vie plus jolie et c’est tout sourire que nous vous présentons aujourd’hui la petite fée avec qui il est doux de marcher. 

Forme Libre

Sylvie, l’innée libre écoute

« Si tu étais un mot…Tu serais…

Ecoute.
C’est marrant que cela me sorte comme ça. Mais à tout niveau nous manquons d’échanges. Les discussions sont plus des rebonds successifs sur base de nos propres ressentis que des échanges réels tournés vers ce que dit l’autre. Il n’y a que rarement des discussions et bien trop souvent deux discussions en parallèle. Et je crois que beaucoup de problèmes aujourd’hui proviennent de là : ce manque d’écoute. A tous les niveaux. Le mal prend sa source dans le foyer, le couple, on interprète, on ressent, plus que l’on écoute, puis ensuite avec les enfants, la famille, les amis, les collègues et puis tchik tchik tchik tu remontes le prisme et on en arrive aux décisionnaires, qui ne prennent pas de décisions basées sur les échanges avec les gens, après de vraies consultations et discussions, mais sur base de leur interprétation de la situation. Je pense que cela nous porte automatiquement vers des schémas de renforcement de nos propres pensées et, ainsi, tout part dans les extrêmes et … tout part dans les conflits parce qu’on s’oppose en opposant nos idées plutôt que d’écouter.
J’écoutais une émission cette semaine, une femme disait qu’elle ne se retrouvait pas dans le féminisme tel qu’il s’exprime aujourd’hui dans une opposition systématique à la gente masculine, qu’elle trouvait cela excluant. Elle s’est faite lynchée ! Pour une tournure de phrase … mais personne n’a écouté ce qu’elle disait autour de cette phrase, ses arguments, son opinion. C’était criant. Certes, nous avons tous nos filtres d’interprétation mais en tendant l’oreille nous pouvons le compléter et surtout sortir de ce filtre pour comprendre l’autre. Je trouve ça tellement important de nos jours, tellement de conflits n’auraient plus lieu d’être. C’est tellement essentiel à mes yeux que j’en ai fait mon métier.

Citation de Milan Kundera « Le livre du rire et de l’oublie ».

« Si tu étais un pays …Tu serais…

La France
La France a une histoire, une culture, des paysages multiples et variés mais toujours de toute beauté. Chaque région est une promesse de dépaysement : il y a la Normandie et son petit côté cottage campagne chic, les découpes sauvages de la Bretagne et … le pays basque n’en parlons pas : cet océan musclé par les allers et venues des vagues et cet arrière pays vallonné avec le dessin des montagnes au loin.
Et puis Paris !
Même Paris me dépayse, tout porte à ouvrir grand les yeux ici : le grandiose de l’architecture, les lignes, les détails des façades … J’ai redécouvert Bordeaux aussi, qui semble si agréable à vivre. Marseille, je l’avais oubliée ! Mais le quartier du panier est empreint d’une authenticité tellement chouette … et le Mucem est une prouesse architecturale avec ses jeux d’ombre sur la terrasse… Lyon, Lille… chaque ville a son petit quelque chose. La France est une explosion de sensations. Donc sans hésiter la France. Et puis, je crois qu’en vieillissant tu ressens plus fort ce sentiment d’appartenance. C’est vrai qu’il y a 1000 et une merveilles à voir : la splendeur de la baie d’Along orange au coucher du soleil ou les beautés antiques de l’Italie. C’est vrai qu’une retraite dans la douceur des températures des Bahamas ou du Portugal est tentante mais je sais que, ailleurs, je me sentirais apatride.

« Si tu étais un animal … Tu serais…

Une Girafe … ou une chouette. Non une girafe ! C’est chouette une girafe !

Nous avons fait un safari et je trouve que la girafe est le plus joli animal. Elle peut manger tout en haut les feuilles de l’arbre, elle est élégante avec sa ligne élancée et sa démarche nonchalante. Toutefois, elle peut aussi courir très vite et sait correctement se défendre ! J’adore ses proportions qui peuvent laisser à penser qu’elle est fragile sur ses jambes toutes fines alors que dans le même temps elle a cette taille qui la place au dessus de tout.

Elle est étonnante la girafe et si chic avec le dessin de ses motifs.

J’aime ce mélange entre force, élégance et délicatesse. En plus, la girafe vit en groupe mais est bien seule aussi. C’est parfait une girafe, non ?

« Si tu étais une couleur… Tu serais…

J’adore le vert dans la nature. Si j’étais le vert je vivrais dans de beaux endroits, dans de belles campagnes comme en Normandie. Un vert campagne normande. Je serais aussi un petit coin de campagne dans la ville, comme ici, dans le jardin du palais royal, tu vois au pied des arbres il y a une auréole verte au milieu du beige sable et bien je serais ce petit coin-là. Ça me plait bien ça.
J’aime énormément la nature, j’ai été élevée à la campagne, à Orgeval. Certes, c’est une campagne proche de la ville mais une campagne tout de même. De celle qui te rende attentive à la nature.

 

J’ai longtemps pensé que j’étais une citadine. Enfant, adolescente, je ne rêvais que de Paris ! Pour moi c’était l’ouverture sur le monde, l’indépendance. Je me voyais étudiante en ville à passer mes soirées à refaire le monde avec des copains d’université. Et je l’ai fait. Et c’était génial ! Dans ma famille, il n’y avait pas d’intellectuels mais ce goût de liberté me vient de la sœur de ma mère : une femme autonome, libre et indépendante qui pour gagner tout ceci a ouvert son propre magasin. Elle était mon exemple et m’a transmis les valeurs du travail, de l’effort et le goût de l’indépendance. 

Dans ma tête à l’époque tout cela n’était possible qu’à Paris. J’avais une vision erronée de la Province. Pour moi Paris c’était le champ des possibles. Il faut dire, qu’à l’époque, ça l’était. Tout était plus simple qu’aujourd’hui : tu perdais un job, tu en retrouvais un aussitôt dit aussitôt fait. Ce n’était pas la même dynamique.Et puis en Province les choses ont changé aussi : la culture s’est décentralisée, cela a commencé avec les médiathèques et puis il y a eu de plus en plus de musées. Nous parlions du Mucem tout à l’heure ! Prends le Havre, c’est un exemple criant de cette transformation : cette ville industrielle, ce port, ces docks devenus le terrain de jeu de Auguste Perret. C’est absolument génial d’avoir utilisé les containers pour faire cet arche d’art contemporain.

Les villes changent mais c’est important de ne jamais oublier ce petit coin de verdure. La nature ressource. Rien que dans le mot c’est dit. C’est pour cela que j’adore randonner. C’est l’appel de la nature.

Photo : La Catène de containers de Vincent Ganivet
Le Havre – Quai de Southampton

« Si tu étais un aliment… Tu serais…

Ce qui me vient spontanément c’est la courgette. Elle est bien verte ! C’est jolie je trouve une courgette et c’est sain et ça se cuisine de plein de façon : en gratin, en purée, en soupe, en légumes sautés avec juste une petite pointe de sel. C’est doux comme goût donc ça va avec tout.

Lorsque Raphaële était petite les gens s’étonnaient qu’elle aime les légumes mais je faisais beaucoup de gratins et de flans et je lui disais « oh le bon gâteau de légumes » , c’était ludique et la formule rendait les légumes appétissants. En plus c’est plein de couleurs et si simple à faire. Tu prends une courgette, tu ajoutes deux ou trois petits trucs et hop tu as un gratin, enfin un gâteau !

« Si tu étais une plante… Tu serais…

Le jasmin je crois.
C’est difficile parce que j’aime beaucoup la nature, les fleurs, les plantes… faire un choix est délicat mais le jasmin a ce petit quelque chose d’universel qui me plait bien.

En fait, tout le monde aime le jasmin. Il évoque à chacun quelque chose, un souvenir, un truc d’enfance, les vacances mais c’est toujours quelque chose de doux et de plaisant. Comme le printemps ! D’ailleurs il y en a tout le printemps et ça pousse facilement.

« Ça sent bon le jasmin » est une phrase courante. Les gens hument le jasmin et ça crée une ambiance cocon bonheur.

« Si tu étais une oeuvre… Tu serais…

Un livre pour sur … Laisse moi réfléchir …
« Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin ; pour ne pas te donner un classique. Ce livre m’a beaucoup touchée : cette femme que la vie n’a pas épargnée qui va tout de même faire du bien autour d’elle*. Le thème de la résilience est un sujet qui me plait beaucoup parce que la résilience amène souvent une forme de générosité. C’est aussi ce que l’on retrouve dans  » Juste avant le bonheur  » de Agnes Ledig ** Il y a toujours de l’espoir. Il y a des gens bien partout pour autant qu’on ouvre les yeux et que l’on accepte les mains tendues. C’est tout simple et c’est souvent dans les choses simples que le bonheur et la gentillesse se trouvent.

* Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Le livre conte les évènements qui l’ont amenée là …

** Julie ne croit plus aux contes de fées. Depuis longtemps. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d’une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n’a pas l’habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend …

Pour te donner un classique Bel ami de Maupassant … mais je suis aussi très fan de Douglas Kennedy. Son impopularité aux Etats-Unis m’a toujours surprise. Il faut dire qu’il n’épargne pas la société américaine … mais c’est toujours bien écrit, drôle, bien emmené. Je plonge toujours avec plaisir dans ses lectures. Je l’ai rencontré un jour … dans un train entre Paris et Londres. Bien sûr, je n’ai pas voulu le déranger mais je lui ai fait un sourire et ai dit bonjour. Un bonjour qui voulait simplement dire, je vous ai reconnu. Dans tous les sens du terme et puis nous en sommes venus à papoter. Il m’a dit adorer qu’on lui parle de ses livres, recevoir les impressions des lecteurs … Je crois qu’auteur, écrivain est un métier de solitude et qu’échanger leur fait du bien et les nourrit aussi.

« Si tu étais un objet… Tu serais…

Une bougie. Les bougies donnent une ambiance dans les maisons.
Elles diffusent une odeur… une bougie à la figue … « linge propre » … le parfum donne tout de suite une atmosphère à la pièce, j’adore.
Tu la vois, tu l’allumes, la flamme danse et se dandine et le parfum se répand comme un petit serpent !
Et avant d’aller se coucher, on souffle et … Bonne nuit !

 

« Si tu étais une pièce de la maison… Tu serais…

Le salon.
C’est là que tout se passe : là où nous discutons, recevons et voyons les gens, là où nous nous reposons, relax, bouquinons. Le salon est l’espace de vie et d’expression de la famille, des amis, c’est la convivialité, l’échange … le lieu d’écoute aussi. De soi et des autres.

« Si tu étais une personnalité, un artiste… Tu serais…

Michelle Obama. Elle est un tel modèle !

Un modèle d’intégration, de travail, d’intelligence. Un modèle de couple aussi … enfin dans ce que j’en perçois.

Elle vient des quartiers pauvres de Chicago mais ce qui est absolument fascinant chez elle c’est son aptitude à savoir ce qu’elle veut : Faire des études, Etre avocate, Devenir avocate associée puis … alors même qu’elle aurait pu s’arrêter là au sommet, avec cette super place qui lui rapportait pas mal d’argent et lui garantissait le confort, tout quitter pour prendre un job à la Mairie. Pour servir, être utile et transmettre. Cette détermination et cette volonté m’impressionnent. C’est une force incroyable et en même temps il y a aussi cet amour en elle. Elle est le premier soutien de son mari et, pour lui, elle a accepté une vie qui ne doit pas être si simple : Première Dame. Un rôle d’ombre mais en même temps dans la lumière. Elle a mis sa vie à elle entre parenthèse pendant 8 ans. Dans son livre elle dit bien qu’elle a essayé de conserver une vie simple, de laisser ses filles aller dormir chez les copains mais il y a des limites et elle a l’honnêteté de reconnaître que ça n’en n’était pas une. Mais elle a gardé les pieds sur terre. Comme un roc. D’ailleurs c’est l’image qu’elle donne. Elle a un charisme qui impose ! Ses discours sont des leçons de prise de parole en public : phrases simples, répétitions, intonation ferme et voix calme. Quel charisme ! Vraiment je suis admirative.

Et si tu devais passer 24h avec quelqu’un ?

 

Michelle Obama

 

 

pour lui demander sa recette !

Pour clôturer ce portrait

Forme Libre prend la liberté de s’interroger…

Si Sylvie était une CITATION, elle serait…

« Mieux vaut écouter la forêt qui pousse
plutôt que l’arbre qui tombe »

Friedrich Hegel

* Sylvie Marchal : @sylvie_coach

* Site internet:

 

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Crédit Photo : 

  • Sylvie Marchal
  • Mélanie Lenormand
  • Marin Montagut 
  • Trudon
  • Pinterest

 

Laura ou la plume Free-lancée

Laura ou la plume Free-lancée

Le mercredi j’aime lire maag et souvent je me dis … et voilà encore dans le mile toujours le mot juste ;
Le génie …

Ses mots tombent comme des notes sur une partition jouée au piano ; tantot jazzy tantot blues, Laura revisite les lettres classiques avec swing sans jamais tomber dans le spleen.

Les idées s’emmêlent dans un pêle-mêle qui suscite des réflexions à la pèle.

Laura Isaaz est un peu la Emma Bovary version lettre moderne, ou plutôt Colette en fait !

Basque brebis pas égarée pour deux sous, Laura a les opinions bien pelotées et pimentées sur la féminité mais pas que. D’ailleurs la féminité parlons en, avec elle elle est libre, individuelle et sans jugement, elle se nourrit des individualités et des chacunes.

Moi qui suis déjà tombée en amour devant le pays basque , papoter avec Laura a fini de me convaincre à l’idée de finir ma vie à manger de l’ossau iraty …

Rencontre.

Forme Libre

Laura, la plume Free-lancée

« Si tu étais une Couleur…Tu serais…

Le bleu parce que le bleu c’est l’océan et que je RÊVE de pouvoir vivre au bord de l’eau.

Ma vie est près de l’océan.

« Si tu étais un pays …Tu serais…

La France. J’ai beaucoup voyagé mais la France est un pays sublime. Beaucoup trop sublime pour que je te réponde autre chose. C’est un pays de culture dans la culture, les paysages sont divers mais partout superbes à leur manière. Évidemment le sud-ouest est le plus bel endroit sur terre. En toute objectivité.

« Si tu étais un animal … Tu serais…

Franchement, j’aurais aimé te répondre un truc glamour, félin comme un léopard ou un guépard mais je serais un chien. Définitivement.

Le chien est fidèle, rassurant, aimant, présent, sensible et intelligent.

J’ai grandi avec des chiens et ça m’apaise d’en avoir un.

Claude je l’ai adoptée. J’étais pleine de préjugés sur la race, je refusais d’être la nana avec un chiwawa, mais la vie l’a mise sur ma route et je la remercie pour ça.

« Si tu étais un mot … Tu serais…

Liberté.

Je te dis ça spontanément, c’est le premier mot qui me vient mais parce qu’il regroupe tellement de choses :
La liberté de faire ses choix, la liberté d’expression, la liberté d’être.

Quand on se sent libre on peut tout faire.

En tant que femme. Notamment. Nous pouvons décider de ce que nous faisons dès lors que nous avons la liberté de penser comme nous le voulons.

J’ai l’impression d’être libre, j’en ai le sentiment en tout cas. Cela n’a pas toujours été le cas mais, aujourd’hui, je pense pouvoir dire que je le suis ; dans le boulot mais aussi dans ma vie de femme, de mère …

 

Je veux transmettre ce sentiment à ma fille. Qu’elle sache et ait pleinement conscience qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut et que personne n’a à lui interdire quoi que ce soit.
Mes parents nous ont éduquées, ma sœur et moi, avec cette tolérance bienveillante. Ils nous ont toujours dit « Faites ce que vous voulez et nous serons derrière vous ». Dans le respect des autres, cela va sans dire.

C’est aussi ce que je veux dire à Romy, lui répéter, jusqu’à ce qu’elle soit convaincue qu’il n’y a pas de schéma type. Je ne veux pas qu’elle soit retenue par les codes, les mœurs. Je veux qu’elle se sente libre de faire ce qu’elle veut et de vivre comme elle le souhaite, avec qui elle le souhaite aussi. Je veux qu’elle sache qu’une femme peut être indépendante. Que c’est même le plus important. Que ce n’est pas grave que certaines fins de mois soient difficiles, il suffit de vivre dans un appartement plus petit, de manger à la maison des pâtes au thon et puis ça passe… que l’important c’est de ne jamais dépendre de la vie de quelqu’un et de l’avis des autres.

« Si tu étais une plante… Tu serais…

Un tournesol :

ça vit avec le soleil et en fonction du soleil.

 

« Si tu étais un aliment… Tu serais…

Je serais une truffe. Elle n’est pas parfaite cette réponse ? Tu peux t’arrêter là je pense. Sans rire, une truffe. Je peux en manger au petit déjeuner tellement j’aime ça. Il y a un restaurant parfait dans le 2ème qui s’appelle Un Jour à Peyrassol, si la vie reprend son cours un jour je t’y invite.

« Si tu étais un pêché capital… Tu serais…

La gourmandise. Ou la luxure. Mais n’est-ce pas un peu la même chose au final ?

© thesocialfood

« Si tu étais un objet… Tu serais…

Mon calepin sur lequel je prends toutes mes notes. Je l’ai quasi toujours avec moi. J’écris dedans, tout. Dès que j’ai une idée, un truc qui me vient, je bosse avec, je vis avec.

Comme il ne rentre pas dans tous mes sacs parfois j’écris dans « Note » sur mon téléphone mais je reporte et recopie ensuite toujours dans mon calepin. Je suis attachée au papier je crois pour écrire.

« Si tu étais une pièce de la maison… Tu serais…

Le salon.
Bon comme je vis à Paris dans un 2 pièces-donc-une-chambre-seulement et que je suis une mère dévouée, le salon est aussi ma chambre mais c’est surtout LA pièce à vivre.

Le salon est le lieu où j’écris où je prends l’apéro où je reçois. Je suis très entourée et j’adore recevoir. C’est un moulin.
Mes amis sont chez eux chez moi.
Je les accueille, les héberge, même si c’est petit ça ne me dérange pas … pour autant qu’on soit proches, évidemment.

« Si tu étais une personnalité, un artiste… Tu serais…

Charlotte Riley.

Parce qu’elle se couche

tous les soirs

à côté de

Tom Hardy.

Et si tu devais passer 24h avec quelqu’un ?

 

Tom Hardy

Plus sérieusement, avec Simone Veil.

Pour en apprendre encore davantage sur elle, pour avoir la chance de rencontrer une icône de la lutte pour les droits des femmes et surtout en profiter pour lui dire glisser un

MERCI.

Au nom de toutes. !

 

 Et plus personnellement, mon grand-père André qui est décédé il y a longtemps et à qui je pense beaucoup. Mais quand il avait toute sa tête !

Pour clôturer ce portrait

Forme Libre prend la liberté de s’interroger…

Si Laura était unE CITATION, elle serait…

  Une citation de Colette : 

« Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne ! »

* Laura Isaaz : @laura_isaaz 

* Maag :

 Crédit Photos :

© Laura Isaaz

Et pour le bleu de l’océan : © Géraldine 

Guy ou l’épicier réformé

Guy ou l’épicier réformé

 » Où as-tu rencontré Guy Birenbaum » 

« Sur la plage »

« Et? »

« Life is a Beach »

Forme Libre

Guy ou l’épicier réformé.

« Si tu étais un pays…Tu serais…

La France car je suis très casanier. Je voyage très peu. Physiquement du moins, il faut une remorque pour me bouger ; ou ma femme et mes filles. Donc s’agissant d’un pays, la France mais si tu me demandes quelle ville je serais, je serais Londres.

Pour des raisons que j’ignore, je m’y suis toujours senti comme chez moi. J’aime Picadilly, sa lumière, son électricité, son rythme. J’avais acheté le premier 45 tours des Sex Pistols à sa sortie, là-bas et puis il y a ce magasin que j’adore : Lillywhites ! Tu vois ? Ce shop de 6 ou 7 étages dédié au sport où tu trouves absolument TOUS les maillots de TOUTES les équipes. Trainer mes filles et ma femme au dernier étage de ce magasin est la première chose que je fais systématiquement en arrivant à Londres et je chine des vieux maillots dans les bacs à fripes. Ce magasin représente Londres en fait à mes yeux.

Je ne sais pas tellement expliquer mon attachement à cette ville … c’est plus instinctif qu’autre chose. J’ai dû être un Beatles, dans une autre vie !

« Si tu étais un Animal…Tu serais…

Le chien. Le mien … je te réponds cela très spontanément et naturellement parce qu’il est mon camarade du quotidien, nous avons un rapport très proche.

J’aimerais bien être un chien. On te donne à manger, on te sort, tu peux courir sur la plage, te baigner, donner des coups de dents quand on t’ennuie un peu trop. C’est plutôt sympa une vie de chien.

Mais j’ai été un peu chien dans un sens différent. J’ai été rude et dur dans le travail. C’est tellement naturel de dire du mal. En tout cas, c’est plus facile que de dire du bien, et puis dans mon métier c’est ce qui fonctionne, c’est ce qui buzze, parce que ça fait écho à la peur en tout un chacun. J’ai donc été une machine à clics faite pour claquer, j’avais pour habitude de me décrire en disant que j’étais en Teflon, fait pour cogner. Je donnais des coups de dents et des coups de latte. J’en ai reçus des coups, aussi. Notamment en 2003, lorsque j’ai écrit « Nos Délits d’initié ». Je pensais que cela ne m’atteignait pas. D’ailleurs, je pensais que rien ne m’atteignait. J’étais le plus fort, le plus costaud. Celui qui avait le micro, celui à qui on le donnait, à qui on demandait son avis sur tout et sur du rien ! Tout était du caviar et je surfais sur la vague. De toute façon, je me sentais comme un passager clandestin. J’ai compris après pourquoi j’avais ce sentiment … mais pour faire simple, comme je n’aurais pas dû naître (ma mère n’aurait pas dû survivre aux deux ans entre 1942 et 1944) tout était du luxe, du caviar, du plus. Alors, j’étais un kamikaze et j’adorais ça. Tout allait bien ! Très bien. Je parlais, j’écrivais… Alors que j’étais devenu éditeur et, alors même, qu’en principe on ne voit pas beaucoup les éditeurs, j’étais l’éditeur qu’on invitait pour parler de ses auteurs. J’avais la parole, je donnais la parole, je tenais la parole avec une arrogance assez démente quand je la regarde a posteriori…

« L’horizon dans la gueule » © Guy Birenbaum.

J’en étais même arrivé à un stade où je sciais les branches sur lesquelles je m’étais perché. J’avais le chic pour me faire virer. Comme lorsque j’étais chroniqueur au Grand Journal sur Canal Plus et que j’ai fait le choix d’éditer un bouquin sur un ancien de la DGSE (Pierre Martinet) qui avait espionné les vedettes de Canal (les Guignols, notamment) pour la direction de l’époque de la chaîne … Je les avais prévenus que ça allait swinguer … au final c’est moi qui ait valdingué. Enfin … on m’a demandé de prendre un peu de recul et de distances en me disant « on te rappelle une fois les choses calmées  » … apparemment depuis 2005 il n’y a pas eu d’accalmie ! Mais ça n’était pas grave. Je me faisais virer et puis je recommençais ailleurs. Une sorte de kamikaze ! Il y a quelque chose, un fil continu entre l’interruption brutale et moi.

Jusqu’au jour où, sans que je ne comprenne pourquoi, après une première grosse crise en 2014, j’ai totalement perdu l’envie. C’était en 2017. Le format était pourtant parfait, la situation était rêvée : je bossais avec mon pote Bruce Toussaint et ma « sœur » de toujours, la directrice de l’antenne de France Info, Laurence Jousserandot. Mon ami Laurent Guimier était alors numéro deux de Radio France. Tout était parfait… et pourtant je me suis écroulé une deuxième fois. Tout ça n’avait plus de sens.

« Si tu étais un Mot…Tu serais…

Révolution.

Parce qu’on le comprend tout de suite…

Une révolution ce n’est pas forcément violent, ce peut être doux et cela laisse l’opportunité de tout changer.
Ce peut-être un chemin.
Je pourrais être autre chose que ce que je suis. D’ailleurs, n’est-ce pas ce que j’ai fait ? Ma Révolution.

« Si tu étais une Couleur…Tu serais…

Le bleu. Le bleu marin.

« Si tu étais une Plante…Tu serais…

Un arbre à fruits rouges parce que littéralement je suis un arbre à fruits rouges. « Birenbaum » signifie arbre à baies rouges. Dit ainsi et de ma part cela pourrait sonner très communiste ! 
Je ne suis pas particulièrement attaché à mon nom mais il est celui de mes parents, en cela j’y tiens et j’essaie d’en être à la hauteur. Comme de mon prénom. Guy était le pseudo de résistant de mon père. C’est son nom de guerre. Tu vois l’ironie du truc. C’est un prénom très difficile à porter. Essayer d’être à la hauteur de ça… ! C’est injouable. 

« Si tu étais un aliment… Tu serais…

Du sucre. Je suis très gourmand donc je cherche quelque chose de précis qui soit à la fois quelque chose que j’aime mais qui soit aussi très sucré pour être honnête avec toi … Du chocolat au lait !!!

« Si tu étais un objet… Tu serais…

Un appareil photo et pourtant je suis techniquement nul ! Je n’y connais absolument rien ! Pour moi c’est un instrument magique ! Lorsque je discute avec des photographes et qu’ils me parlent de la mécanique de leurs appareils, des objectifs, je n’y comprends absolument rien. Je ne conceptualise pas. D’ailleurs c’est un truc qui me poursuit depuis toujours, je ne parviens pas à conceptualiser ce genre de trucs et d’autres, je suis un concret qui se laisse aller à la part d’inexpliqué. Donc c’est une boite magique dont je me sers et puis c’est tout. Je ne sais pas comment elle fonctionne mais finalement est-ce important ?
Pour moi la photo c’est le pouvoir de l’instant présent. Donc en fait… Je serais un polaroïd pour être précis. Je suis un fan absolu de cadrage. J’aime garder les yeux grands ouverts, mes photos sont autant de regards que j’ai portés sur un moment. Immortaliser des situations de vie, des scènes du quotidien. De scènes de plage. Bien sûr il y a de la sociologie là-dedans, on ne se refait pas, c’est ma formation universitaire qui revient par la fenêtre de l’image. Toutefois, j’ai remplacé le bruit par l’image. Je n’ai plus rien à dire mais beaucoup à montrer, à donner aussi, à transmettre. D’où ce carnet de notes dans lequel tu es en train d’écrire. Ce n’est pas un livre de photos de couchers de soleil sursaturées, de plages décolorées par les filtres. Rien n’est trafiqué, fabriqué, mis en scène, c’est un livre de moments observés et pris en flag’ .

Tu vois, il y a sur mon Instagram une photo des deux femmes voilées dans la mer … lorsque j’ai pris ce cliché que j’adore, je ne me suis pas interrogé une seconde sur leur tenue, sur les débats qui agitent certains dans notre pays tous les jours. J’ai vu dans mon objectif deux femmes, deux amies, deux sœurs… heureuses de jouer ensemble dans la mer. Je l’ai publiée. En l’état. Comme ça. Avant j’aurais donné mon avis. Mais pourquoi ? Là je me suis contenté de dire que tout ceux qui abimeraient cette image de bonheur parfait avec leurs commentaires se verraient censurés par leur suppression sans hésitation. Et j’ai supprimé toute tentative de débat … Mon compte Instagram n’est pas un lieu de débat et je n’ai pas envie qu’il le soit et le devienne. ( @guybirenbaum )

 

J’ai été un hyper-connecté, une machine à clics, toujours le nez sur son écran, accro aux réseaux sociaux, à l’info en continu. Je voulais être sur la photo. J’avais envie d’être reconnu. C’était à la limite de la schizophrénie. Ce personnage que je jouais, était devenu moi. Le nombre de like était ma dopamine. Tu sais il y a un truc chimique là-dedans. Au même titre que courir produit de l’endorphine. Le nombre de like, de partages … tout cela envoie des substances à ton cerveau. A force, à l’excès, cela devient une drogue que tu cherches et recherches. J’étais totalement control freak. Je maîtrisais mon image, contrôlais tout … D’ailleurs j’ai couru 7 kilomètres tous les jours pendant sept ans, qu’il pleuve, vente, neige ou sous un soleil de plomb. Il a fallu que je fracasse le mur pour que ça s’arrête.

« Si tu étais unE personnalité, un artiste… Tu serais…

Le génie le plus incroyable de l’Histoire de la Pop : Paul McCartney. Il sait tout faire ! Absolument tout et en toute humilité en plus. Donc lui ou rien.

Cet homme est fascinant et ne peut que susciter l’admiration: à 78 ans, le mec joue 3 heures et boit 2 verres d’eau. C’est Mozart !

Il n’y a même pas de mots pour décrire cet homme là … Un peu de sérieux tu as mieux ?

24 heures avec ?

Lui ! Paul ! Pour trouver les mots justement. Pour mieux apprendre, pour mieux comprendre. Je crois que je filerais tout doux face à lui !

Mais en te répondant je pense à Christophe également. Je l’aimais beaucoup La puissance de ses textes, de ses mots. J’en aurais pleuré ! Mais en principe je ne pleure pas. Jamais. Il était un drôle de personnage, d’une incroyable douceur et d’une sensibilité assumée. Il vivait totalement à l’envers de nous. Lorsque nous nous couchions, il commençait à composer ! Dommage.

« Si tu étais une oeuvre… Tu serais…

The party, le film absurde de Blake Edwards avec Peter Sellers. Je ris bêtement devant ! J’adore ce cinéma anglais totalement décalé, déjanté, ça me fait marrer ! Rien ne me fait plus rire que ça. C’est débile mais j’assume. J’aime le Non Sense.

Dans un autre registre, Lelouch, L’aventure c’est l’aventure … Un peu de british et de la déconne à la française.

« Si tu étais une pièce de la maison… Tu serais…

La chambre. Sur mon lit, je lis, c’est mon cocon, mon lieu de repli. J’adore la sieste.

Forme Libre a pris la liberté, pour clôturer ce portrait, de s’interroger…

Si GUY était unE CITATION, il serait…

« Il n’y a pas d’âge pour réapprendre à vivre. On dirait même qu’on ne fait que ça toute sa vie : repartir, recommencer, respirer à nouveau. Comme si on n’apprenait jamais rien sur l’existence, sauf parfois une caractéristique de soi-même, une endurance, une vaillance, une légèreté. »

Françoise Sagan

 « Révolution: C’est retourner le sablier »

Jean Dubuffet

Nils Tavernier ou le portraitiste

Nils Tavernier ou le portraitiste

Nils Tavernier est un conteur d’histoires … Il raconte les gens, le monde. Ceux qui sont, ceux qui le font. Il donne la parole et de l’existence à tous ceux qui ici où là, par là-bas œuvrent chaque jour avec force, conviction et humanité à faire de cette planète un endroit où il fait mieux être. 

Nils dit « se mettre au service de » … au service d’eux, de l’image et du partage.

Ces histoires qu’il raconte au travers de ces films sont autant de moments suspendus, d’évasion et d’émotions … de fenêtres ouvertes sur le monde. 

Un monde qui ose, qui bouge, qui s’émerveille encore, loin des diktats et des aprioris, de ce que la vie et les gens ont de plus joli. 

Nils préfère parler des autres que de lui, parler avec les autres aussi.

Nous, on aime bavarder avec lui parce que ça donne du sens à l’existence. 

Nils c’est 30 ans de portrait. Montrer pour faire exister. Merci Nils, t’es nécessaire à l’humanité.

Forme Libre

Nils Tavernier ou le portraitiste.

« Si tu étais un Mot…Tu serais…

Doute

Parce qu’il est constitutionnel et à l’origine de tout et de chaque chose qui se crée et qui existe.
Et puis j’ai passé trop de temps à chercher à dézinguer mes certitudes dans la vie pour te répondre autre chose.

 

« Si tu étais un pays…Tu serais…

Ta mère !

La mère patrie !!! Je plaisante …

Non, Je serais le vent. 

« Si tu étais une Couleur…Tu serais…

Par instinct, je dirai le bleu, parce que j’aime la mer mais en fait je n’en sais rien, je n’en ai aucune idée.

« Si tu étais un Animal…Tu serais…

Un drôle … D’animal. 

« Si tu étais unE personnalité, un artiste… Tu serais…

Je serais un peu de toutes les personnes que j’ai croisées dans la vie et que j’ai aimées. Les gens me nourrissent dans ce qu’ils ont, sont d’humanité.

Mais en fait nous sommes tous ainsi. Nous ne nous développons pas avec le lait maternel (ou le lait tout court) mais avec l’échange et l’interaction sociale.

Il existe d’ailleurs des thèses sur cette question. Elles démontrent que les enfants se développent dès lors qu’ils entrent en interaction sociale. Des recherches ont été faites dans des orphelinats sur ce sujet en particulier notamment par Spitz. C’est vraiment intéressant d’observer que ces mômes, qui étaient pourtant nourris ne se sont pas développés normalement en raison du manque de contacts et d’affection … (cf. Expression libre : De la tendresse bordel).

Cela me fait tristement penser à ceux que l’on appelle les « Enfants de  Ceausescu » … 

Aparté en image … grâce au travail de Jean-Louis Courtinat, 

C’est l’histoire du petit Victor, « L’enfant sauvage » de François Truffaut, qui a été retrouvé dans une forêt, seul, abandonné dans la nature. S’il avait développé des capacités et des habiletés incroyables et était apte à la survie, il était muet et totalement carencé socialement.

Nous nous nourrissons des gens qui font écho en nous. Il y a toujours une forme d’identification de nous en l’autre. C’est ce qui nous motive à entrer en interaction avec quelqu’un d’ailleurs. Nous nourrir et évoluer. C’est dans la nature humaine que de vouloir évoluer. Si quelqu’un me plait c’est parce que j’identifie chez lui quelque chose qui fait écho en moi, quelque chose qui me parle, me touche, suscite une émotion chez moi.

Alors certains te diront que c’est très égocentrique, qu’ils ne sont pas comme ça, mais beaucoup plus altruistes… Bla Bla Bla ! Il s’agit là soit d’un déni, un refus de s’avouer les choses ; soit d’un un manque de conscience de soi et des autres et de l’impact que ces autres ont sur soi. Tu me suis ?

En revanche, il y a des gens que je ne veux surtout pas être … par exemple ceux qui remuent la merde pour combler la leur. Alors ceux-là, tu me fais la promesse de ne pas leur accorder ne serait-ce qu’une minute de ton temps ! Enfin ce n’est pas tant que je les déteste, parce que je les comprends, je n’ai pas de haine contre ces gens parce qu’au fond … Les gens qui cherchent la merde tentent souvent, en réalité, de combler leur vide, leur peur d’êtres et leur complexe de supériorité ou d’infériorité, qui sont deux mouvements souvent très proches.

Et puis … il y a ceux que l’on ne peut pas comprendre, ceux « c-e-u-x » et ce « c-e » … autrement dit, la non identification qui renvoie chez moi à la question de la deshumanisation. Une question troublante parce qu’elle met en avant nos limites.

Les gens me nourrissent dans ce qu’ils ont d’humanité mais … s’ils n’en ont pas … alors c’est le vide, le néant, l’absence d’écho, le silence.
Je ne pensais pas que cela pouvait exister.

Le socialo bobo humaniste en moi, bien pensant au demeurant, t’aurait dit « mais attends il y a de l’humanité en tout à chacun, c’est juste qu’elle est caché sous une armure de protection, faut creuser… » Tu vois le discours … 

Et pourtant … j’ai eu l’occasion d’en croiser.

Des tueurs à gage, par exemple, en Tchétchénie qui tuent sans que cela ne leur génère la moindre émotion. Rien. Pas une once d’émotion. 
J’ai creusé hein … mais rien. Ca c’est très délicat à comprendre pour moi.

Après… est-ce qu’ils sont vraiment déshumanisés… c’est un débat… mais je le crois. C’est la conclusion à laquelle je suis arrivée. 

Attention cela reste extrêmement rare. Il ne faut pas extrapoler. Surtout pas à la question des enfants soldats chez qui on a désactivé le programme « émotions » à coup de traumatismes violents. Ici, il s’agit d’une réaction du cerveau qui, en refoulant, génère une forme de protection à la sur-souffrance. C’est de la survie ici. Là il y a de l’humanité. Enormément. Ca n’est que ça d’ailleurs. 

Au cours de ma carrière j’ai rencontré des gens … beaucoup … la plupart m’ont nourri mais il y en a que je n’ai pas compris. Ils ne sont pas en majorité, mais assez pour m’avoir marqué, parce qu’interrogé.

Ils sont ceux que je range dans la case « non identification absolue », ceux avec lesquels je ne peux pas entrer en interaction. Enfin, bien sûr, je peux communiquer, je peux parler mais on ne peut parler d’échanges au sens de la création d’une intimité au sein d’une bulle de discussion. Ils sont ceux qui font preuve de méchanceté absolue, ou plutôt de non empathie absolue.

Ce qui revient à la déshumanisation qui est une forme d’absence totale d’émotion pour autrui. Comme ces types qui regardent de leurs tours d’ivoire boursières les gens crever en bas qui licencient à tour de bras parce que leur entreprise a fait 4 points de moins … C’est délirant ! Ce type de personnage ça ne devrait même pas exister, pour le moment nous sommes gentils, on joue le jeu mais … jusque quand cette acceptation d’un truc aussi délirant que ça perdurera je ne sais pas. 

Et puis … il y a ce sujet compliqué … la pédophilie. J’ai beau essayé c’est impossible pour moi de conceptualiser ça. Je peux comprendre les addictions, les troubles comportementaux, les fantasmagories, les compensations et décompensations mais ça … vraiment je ne peux pas. C’est trop loin de moi. Une incompréhension constitutionnelle. Au même titre que mon incompréhension pour la non empathie humaine ou la méchanceté gratuite. Vraiment, je ne peux pas comprendre.  

Voilà, j’observe et je me nourris de chacune des personnes que je croise.
Ils nourrissent mon travail, ce que je fais, donc, mais aussi qui je suis.
C’est pour cette raison que je fais des portraits depuis 30 ans. J’ai une fascination pour les gens dans ce qu’ils offrent en étant souvent inconscients de cela et, à la fin, je suis seulement le résultat de ces tout un chacun.

1+1+1+…

Et parce que finalement échanger avec Nils c’est partir en tergiversation sur tous les sujets, c’est refaire le monde après l’avoir observé et parlé des gens surtout.
Parce que c’est ça le sujet important

Forme Libre a pris la liberté, pour clôturer ce portrait, de s’interroger…

Si NILS était un aliment, il serait…

Un sushi, sa fille adore ça et pour le coup ça lui va bien au papa !

C’est cru.
C’est frais.
C’est taillé dans le vif … et c’est là, précisément là, dans ce geste, que toutes les techniques de chef apparaissent.

Parce que n’est pas (maître) sushi qui veut … sous une apparente simplicité se cache un art ancestral, une tradition, une maîtrise, une technicité, une cérémonie … Il y a de l’humilité dans cette préparation, du travail surtout mais de l’exigence aussi.

Pas merlan frit pour deux sous, le t(h)on cru garde l’œil vif. Pour le consommer il faut savoir s’arrêter, le consommer frais, là maintenant, au présent et en toute conscience.

Le sushis est peut-être tendance mais il semble s’en moquer et revendiquer qu’il n’est pas du palais et du goût de tous même s’il se consomme partout : des grandes tablées étoilées, au tapis roulant sous cloches des restos branchouilles ; traditionnel au petit déjeuner ou en snack dans un avion. Il est pratique et commode comme un caméléon. A prendre avec des baguettes mais en toute simplicité et sans paillette !

Et puis, il n’y a pas à dire, il n’y a rien de mieux que de papoter entre amis au cours d’une soirée sushis.

Si Nils était un objet, il serait…

Une caméra.

Parce que

« Je me mets au service de ceux dont je veux raconter l’histoire , je laisse les images tournées et enregistrées, tout se fait tout seul, les géniaux ce sont eux, je ne suis que l’instrument révélateur « .

Si Nils était une pièce de la maison, il serait…

Le bureau … sauf que le sien de bureau ne se situe pas dans la maison mais à l’extérieur. Parce que le monde est son centre d’observation. Parce qu’avant de plonger dans les livres et les études, il faut savoir être contemplatif, attentif, réceptif… et bavard afin de rencontrer les gens sincèrement et de découvrir leurs histoires …

Parce que les gens ont tous une histoire …

Si Nils était unE CITATION, il serait…

  « Je doute de ce que je sais, je me doute du reste.« 

Ylipe

 http://www.nilstavernier.com/

Instagram : @nilstavernier

Crédits photo dans l’ordre : 

Suliane ou l’Anticonformiste

Suliane ou l’Anticonformiste

Suliane Valadié ne peut se résumer. Si elle était un mot ce serait indicible. Ça l’embête parce qu’elle ne le trouve pas beau ce mot. Et pourtant Suliane a ce petit je-ne-sais-quoi qui ne se décrit pas. 

Hôte de Etxe Goria, Maison de charme située dans le centre de Biarritz, elle est aussi l’artiste qui se cache derrière SVEG, des céramiques qui attirent l’œil. Le 3ème pour être précise. 

Mais puisqu’avant de s’introduire au delà du patio pour entrer dans cette maison passion, il nous faut faire les présentation en introduction, nous dirons juste que Suliane porte un oeil taquin, coquin, malin sur les choses, les gens et la vie mais surtout qu’elle saupoudre celle-ci d’humanité, de finesse et de poésie. 

Suliane est à la fois à l’accumulation et à la mesure de toute chose donnant à sa maison une osmose qui donne envie de se peloter à la basque blotti sous la varangue en parlant d’amour, de pastèque, de Niki de Saint Phalle et du douanier Rousseau avec celle qui, si elle devait être une citation serait « Une femme libre est tout le contraire d’une femme légère ». 

Rencontre.

Forme Libre

Suliane ou l’anticonformiste

« Si tu étais une Couleur…Tu serais…

Un rose beige, un rose subtil, délicat … un beige roseté avec une teinte de jaune.

Mais je dois dire que le Vert me nourrit. Attention pas n’importe quel vert, j’ai une aversion pour le vert anis ! En revanche, j’ai un côté herbivore, le vert herbe est puissant pour moi. C’est une couleur forte en énergie, je me recharge avec le vert herbe.

« Si tu étais un pays …Tu serais…

La France ; du Nord au Sud ; de la Bretagne en passant par la Corse ; des Causses au Pays Basque en faisant un pont vers Avignon et en buvant un pot en Bourgogne ou à Bordeaux. Tout est beau … j’ai l’œil qui se perd totalement rien qu’en visualisant la France tellement c’est riche, tellement c’est puissant cette diversité de nature aussi bien travaillée et construite que sauvage ou en friche.

« Si tu étais un Mot…Tu serais…

Indicible.

C’est un jeu de mot par rapport à ce que tu me dis et me demandes. Un clin d’œil en réponse à ta question. Mais ce n’est pas un joli mot, ça m’embête. Tant pis c’est peu esthétique mais ça a le mérite d’être humoristique ! C’est déjà ça si ce doit être moi.

« Si tu étais un Aliment…Tu serais…

La Langoustine ! C’est très simple car ça se suffit à soi-même. Ca ne réclame rien d’autre, c’est d’ailleurs brut et nature que ça révèle le mieux ses saveurs… Mais… le paradoxe là-dedans c’est que ça coûte une blinde !

« Si tu étais un objet… Tu serais..

Un casse-noisette.

Le mien, celui qui est dans le salon dans le panier à noix. Cet objet en laiton ; si chic et décalé ! Je l’adore !

Et … force est de reconnaître que je suis sacrément « casse-c… noisettes » !

Blague à part, je me retrouve également beaucoup dans la symbolique de la théière ; sauf que, si j’aime ce que représente ce moment de pause au cours duquel on ose arrêter le temps pour papoter ou prendre l’air, je n’aime pas le thé !

… Ah mais ! Je sais ! C’est évident !

Je serais une Porsche 911 mais pas n’importe laquelle … La Type G 1974.

D’une couleur bien spécifique: ni kaki, ni marron, ni jaune.

J’aurais adoré être pilote automobile, j’aime la vitesse, la sensation de liberté que tu éprouves en accélérant, l’adrénaline engendrée. Ce truc excitant de voir l’aiguille monter sur le cadran …

J’aurais adoré pouvoir vivre ça plus régulièrement , mais comme nous sommes limités à 130 max j’ai une vieille caisse qui me mène d’un point A à un point B et je m’éclate en scooter et en moto … en attachant bien mon casque !

« Si tu étais une piece de la maison… Tu serais…

La chambre. J’aime être au lit. En bonne compagnie. Avec un livre ou un bon petit déjeuner. C’est le cocon… Oui ; je suis très lit !

« Si tu étais une personnalité, un artiste … Tu serais …

C’est TRES réducteur ton truc !

Spontanément j’ai Niki de Saint Phalle qui me vient à l’esprit. Je n’aime pas son art mais j’en admire la puissance et par ricochet admire la femme forte qu’elle était. Pour tout te dire, je l’ai redécouverte au Guggenheim à Bilbao où j’étais allée à reculons … mais … Quelle intelligence … Quel parcours :
Elle est une femme dont on a beaucoup dit qu’elle avait toujours su jouer de sa beauté pour attirer l’attention des médias sur elle. Elle avait été mannequin à New-York, le raccourci était simple. Et puis à plus de 70 ans elle a publié un livre, révélant qu’elle avait été violée enfant par son père, qu’à 22 ans elle a été soignée en hôpital psychiatrique suite à une grave dépression nerveuse et que les électrochocs qu’elle y a reçu ont sévèrement altéré sa mémoire.

« J’ai commencé à peindre chez les fous… J’y ai découvert l’univers sombre de la folie et sa guérison, j’y ai appris à traduire en peinture mes sentiments, les peurs, la violence, l’espoir et la joie. » 
Niki de Saint Phalle

Le truc qui calme de suite les médias et les critiques systématiques… Mais bon, si les médias se sont fait avoir par son apparente désinvolture et légèreté en la considérant à tort comme un buffet, son travail a très vite été reconnu par ses contemporains et notamment Jean Dubuffet justement ! Elle n’a suivi aucun enseignement artistique académique, mais s’est nourrie d’abondants échanges avec ses aînés. Elle a fait de l’art brut et de l’art outsider, comme quoi il n’y a pas de hasard ! Elle est une des rares femmes à être pleinement intégrée aux  » Nouveaux réalistes  » avec Christo, César, Memmo et Yves Klein. Sa rencontre avec son mari Jean Tinguely a libéré son art, elle s’est émancipée à ses côtés. Pour moi, elle incarne une forme de libération par l’expression artistique et le couple qu’elle forme avec Tinguely est une référence. Même si je n’aime pas l’Œuvre qu’ils laissent.

En revanche, je suis fascinée par le travail sur la lumière de James Turrell. Avec lui, tu as cette sensation physique hallucinante d’entrer dans la couleur. C’est absolument fascinant !

Pour la couleur je pourrais te dire Calder, Gauguin, le Douanier Rousseau …  et si tu pouvais ajouter Hockney Goya et Schiele … et puis Ahhhh les dessins d’Ellworth Kelly ! 

Tu sais quoi tu n’as qu’à écrire  » etcetera etcetera etcetera  » parce que là je ne parle que des artistes peintres, sculpteurs … je n’ai pas encore parlé musique … et ça pourrait prendre des heures !

C’est assez perturbant ton exercice parce que je crois que nous sommes tous fait de multiplicités, que nous sommes un peu la somme de tout ce qu’on a ramassé sur le chemin de rencontres, d’inspiration… donc nous sommes tous un peu de quelqu’un qu’on a creusé un temps soit peu. Je dis peut-être que nous sommes tous comme ça pour me rassurer … parce que … clairement on est 600 dans ma tête … et que, parfois, je trouve que ça fait beaucoup … on peut avoir l’impression de se perdre au milieu de toutes ces facettes accumulées. Ce n’est pas toujours simple d’être à la baguette et de faire en sorte que toutes ces voix s’harmonisent pour faire une symphonie et pas une cacophonie.

Mais même multifacette, je dois dire que je suis très défensive dès lors qu’il s’agit de défendre mon identité parce que je crois qu’elle est assez unique quand même. Je crois que c’est lié à mon prénom: Suliane qui est un prénom assez rare. C’est une anecdote rigolote mais tu vois, je n’avais jamais entendu mon prénom jusqu’à ce que je découvre en 2009 qu’une certaine Suliane Brahim a intégré la Comédie Française, je l’ai rencontrée un jour et bien j’ai eu un sentiment tout à fait désagréable d’usurpation d’identité !

Et si tu devais passer 24h avec quelqu’un ?

 

Vigo Mortensen ! Il est complet … il est artiste, poète … il a une puissance absolument fantastique !
Il incarne l’ultra virilité, il est fauve, animal et en même temps il a un truc dans le regard … une tendresse, un petit truc en plus qui suscite l’intérêt. Clairement, il m’intéresse et m’intrigue mais la vérité est que je n’aurais rien à lui dire.

En fait, je ne vais pas répondre à ta question en te disant quelqu’un qui n’est pas public – ça n’aurait pas de sens et ferait très discours de Vanessa Paradis aux Oscars qui remercie ses parents, le truc bateau – mais la vérité c’est que les coulisses ne m’intéressent pas. Je n’ai pas forcément envie de rencontrer toutes les personnes que j’admire. Ce qu’ils me donnent me suffit. La part de mystère est là justement. C’est ce qui aiguise l’intérêt, la curiosité, le fantasme. Si tu les rencontres et les connait alors tu ne laisses plus place ni à la surprise ni à l’émerveillement. Vigo je préfère qu’il continue à faire partie de la fantasmagorie, de ce monde intouchable.

Du coup, je choisirai peut-être Léonard de Vinci pour passer 24 heures, histoire d’être sûre de revenir plus instruite !

« Si tu étais un animal … Tu serais…

Vigo Mortensen ! Je t’ai dit , il est félin !

Pour clôturer ce portrait

Forme Libre prend la liberté de s’interroger…

Si Suliane était unE CITATION, elle serait…

   » Une femme libre est tout le contraire d’une femme légère « 

Simone de Beauvoir 

Raphaële, Pas fâchée avec le pâté

Raphaële, Pas fâchée avec le pâté

Si Forme Libre devait avoir un parrain, ce serait Raphaële Marchal. Non pas parce que son prénom est mixte (avec un seul L, un E trémas , 4 consonnes et 4 voyelles ) mais parce que c’est une nana qui a une sacrée paire… …De bottes (Si vous pensiez qu’on allait faire dans le rognon c’est aller un peu vite dans le déroulé du menu )
Non !
Ce qui est impressionnant chez Raphaële, alias En rang d’oignons, c’est le chemin déjà parcouru ; à tout juste 30 ans (à peine bus).
A croire que ce petit chat beauté passionné de randonnées a fauché les bottes de 7 lieues lorsqu’elle est née.
Sept comme le nombre de péchés capitaux. Et si celle que l’on surnomme Raph devait en être un … elle serait la gourmandise. (La goulaf ! )
Parce qu’elle croque la vie à pleines dents, parce qu’elle veut tout faire et maintenant.

Un feu sacré l’anime ; une passion qui la dévore et qu’elle dévore.

Sa passion : les gens.
Son crédo : les mettre en avant, nous donner la clef des champs et tout tout tout nous dire sur le poulet et sur comment garder (et choisir) la pêche et la banane !

Elle est mon Amie, j’en suis fière.

Elle a pour habitude de parler des autres avec foi et conviction. Cette fois, c’est elle qui passe au bouillon.

Forme Libre

Raphaële ou la formule complète expresse

« Si tu étais un ANIMAL…Tu serais…

Une mouche !
Pour pouvoir écouter en deux secondes à l’autre bout de la pièce tout ce qui se dit, observer tout ce qui se passe, passer d’un endroit à un autre très vite pour ne rien perdre des activités du lieu. Etre partout à la fois pour ne rien manquer des informations tout en étant invisible et transparente, en ne gênant rien n’y personne ; sans être intrusive. Ce serait trop bien en vrai !

Mais si je suis tout à fait honnête j’aimerais me réincarner dans une poule ! J’adore cet animal, elles m’éclatent ! Du premier jour de leur vie jusqu’à après leur mort, elles sont généreuses et donnent du bonheur ! Et puis une vie de poule c’est le pied : tu ponds tes œufs tranquille le matin et toute la journée tu te balades à la campagne, tu vas taper deux trois check aux animaux de la ferme ! Tranquille quoi ! Enfin, je parle des poules élevées en plein air hein, comme chez les Godart … dans le respect de l’animal … pas des poules de production à la mode industrielle ! ça on déteste !

« Si tu étais une Couleur…Tu serais…

Le Jaune, c’est ma couleur préférée. Ça me met en joie. C’est le soleil, les tournesols, le beurre … J’adore !
C’est une couleur d’énergie.

« Si tu étais un pays…Tu serais…

L’Ecosse ! J’aurais pu te dire la France, parce que je l’aime ma France mais j’ai un vrai truc avec l’Ecosse. Déjà j’aime les écossaises, surtout Kirst & Rach, les écossais aussi hein mais surtout, surtout, c’est si beau !

Tu vois, si j’adore la France c’est parce qu’il y en a 1000: Aucune région ne ressemble à une autre mais chacune à son charme, son terroir, son  » ptit truc à elle « . Tu retrouves ça en Ecosse. Je ne pensais pas parce qu’on a tous une image de l’Ecosse un peu campagne brumeuse parsemée de lacs. Et puis, j’ai eu l’occasion de découvrir ce pays et … la grosse claque : Campagne brumeuse oui mais pas que : mer, littoral, falaises à flan de plages de galets : un Régal ! J’ai une passion pour les randonnées et là-bas c’est un plaisir indescriptible : tu prends ton sac à dos et ton pique-nique et c’est TIPAR !

L’Ecosse représente tout ce que j’aime dans la vie : La bouffe y est brute, généreuse, réconfortante; les gens y sont authentiques, vrais, gentils !

Vraiment j’aime tout de brut de ce pays, je m’y sens bien comme si c’était chez moi !

« Si tu étais un Mot…Tu serais…

Fidèle parce que la fidélité est la qualité que je préfère chez les gens. En amitié, en amour, dans le boulot… Pas forcément pour son sens premier mais pour tout ce qui en découle :
Pour moi être fidèle c’est aussi être fidèle vis-à-vis de soi, ne jamais se perdre, rester soi même.

C’est aussi être fidèle à ce qu’on dit.
Tu sais à quel point je suis mal quand je suis en retard pour rendre un papier ? Ca me rend malade ! Ne pas tenir un engagement est quelque chose que je ne supporte pas. Je n’aime pas mettre des plans : je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. C’est super important pour moi.

Donc oui, fidélité dans tout ce que ça comprend d’engagement vis-à-vis de soi et des autres. Ca demande des efforts et génère une discipline de vie. Enfin, je trouve. Et je m’y tiens comme à un fil conducteur, une ligne directrice.

« Si tu étais un Aliment…Tu serais…

Du bleu, Haha je passe d’une couleur à l’autre, je sais, sauf que celle-là se mange! Ma passion !

Non mais vraiment j’ai mis longtemps à savoir quel était mon produit préféré mais définitivement c’est le fromage à la cuillère … … Le seul truc que je peux manger quand je n’ai plus faim !!! Et plus exactement: Le bleu de Termignon !

C’est sucré, fort, crémeux, doux, c’est tout ce que je kiffe ! C’est plein de paradoxes de goûts en bouche, Ca ne s’explique pas en fait. J’adore cette expérience là.
C’est UMAMI* quoi !

 (ndrl: Pour ceux qui confondent le gruyère et l’emmental – pas de jugement –  l’umami est une des cinq saveurs de base avec le sucré, l’acide, l’amer et le salé et se traduit traditionnellement par ‘savoureux’ – challenge: le caler lors de votre prochain diner … de 19h)

« Si tu étais un objet… Tu serais…

C’est dingue mais le premier truc qui me vient là c’est un peignoir ! Je n’en avais jamais eu mais j’en ai 4 maintenant…

Avant, je n’avais pas d’avis sur cet objet… d’ailleurs, avant, j’avais du mal à avoir un avis, une opinion tranchée sur quelque chose … ça a bien changé depuis haha!
Enfin … ce n’est pas tant que je n’avais pas d’avis, plutôt que j’avais du mal à les assumer et les affirmer … par peur de générer un conflit, un débat houleux, un rejet. « Il faut éviter les sujets qui fâchent » tu vois. Aujourd’hui j’ai compris que je pouvais être et rester une personne inclusive tout en disant ce que je pense.

Je crois que le peignoir incarne cette évolution là de moi: On est loin de la tenue glamour et sexy mais j’adore en porter et j’assume ! C’est très récent d’assumer pour moi.
Et bah là voilà je le dis : J’AIME LES PEIGNOIRS !!! J’adore cette sensation de me lover dans une grosse couverture. C’est comme un gros câlin.
Il faut dire que j’ai de grosses journées … Du coup, après une semaine bien chargée et rythmée, à courir partout, à prendre le train pour tourner, à être en plateau et au resto, ne rien foutre en peignoir c’est déjà beaucoup et vraiment pas mal ! Et voilà elle se justifie … incorrigible ! Non, voilà j’aime les peignoirs et point. Autre question tiens !

« Si tu étais une piece de la maison… Tu serais…

La salle de bain mais uniquement s’il y a une baignoire ! (ça rime avec peignoir en plus – haha)

Et sinon ma chambre … Je fais TOUT de mon lit : j’écris, je travaille mes sujets, je lis, je regarde des séries, des films, j’envoie des messages, … TOUT je te dis. Pourtant j’ai un bureau chez moi … mais il n’a jamais vu mon cul !

« Si tu étais une pLante … Tu serais …

Sans surprise, une plante aromatique: Un truc qui assaisonne, qui vient relever et mettre en valeur.
Mais pas n’importe laquelle : La livèche.
Parce qu’elle ne rentre dans aucune catégorie, elle est tout à la fois, elle ne se décrit pas mais se goûte ! Enfin ça a un goût entre le céleri, le persil, le fenouil et surtout tout est bon dans la livèche : De la racine à la feuille et tu peux en mettre dans absolument tout ! Bien sûr elles est une épice classique pour les soupes mais elle peut aussi aromatiser les pots au feu, accompagner les légumes, les viandes braisées, le mouton, la volaille ou réveiller une sauce. Rien que de te dire le mot Livèche j’en ai dans la bouche là.

(NDRL : On dit ça on dit rien mais on a lu qu’une tisane à partir de la racine de livèche séchée renforce les cœurs faibles et nerveux & autrefois avoir de la livèche sur soi était supposé apporter franc succès auprès du sexe désiré : vous nous en mettrez donc 4 kilos; merci bien)

« Si tu étais un FILM … Tu serais …

Se souvenir des belles Choses

Je crois que c’est le premier film de Zabou Breitman que j’adore. Je ne suis pas certaine que ce soit le tout premier mais en tout cas, celui-ci, m’a totalement bouleversée et me bouleverse encore. Il met en scène Isabelle Carré, Bernard Campan, Zabou … des acteurs qui jouent les émotions comme personne !

C’est le film qui me touche le plus, la plus belle des histoires d’amour ! Tout dans ce film me remue, me parle: les images, les acteurs, les dialogues… C’est si beau ! Vraiment ! Regarde le si tu ne l’as pas vu c’est un vrai moment de bonheur et de douceur.
Et mange du bleu en même temps, pour la douceur encore !

.

« Si tu étais une personnalité, un artiste … Tu serais …

Lenny Kravitz.
Non mais soyons sérieux deux minutes : Existe-t-il plus charismatique que lui ?
J’adore ce qu’il dégage … ce calme, ce chic, cette aisance partout et en toute circonstance, le mec n’est jamais à côté de la plaque (et puis tu as vu ses tablettes de chocolat ? )
Bref, j’adorerai avoir cet aura ! 

Et si tu devais passer 24h avec quelqu’un ?

 

J’aurais envie de te dire plein de gens … Comme François-Régis Gaudry parce que j’adore sa manière de travailler et de mettre en valeur le monde de la cuisine. Il y a tellement de personnes que j’admire et avec qui j’aimerais passer du temps. J’ai la chance, avec mon métier, de rencontrer des gens géniaux et d’avoir l’opportunité de passer un petit temps avec eux, c’est ce qui me plait le plus dans ce que je fais. Ces rencontres de gens extra qui, dans leur coin, ici ou là, font leur part, c’est ce qui m’anime!

Mais si je suis honnête à 200% en répondant à ta question, je te dis : mon mec. Nous vivons une relation à distance … donc parfois et, particulièrement en ce moment, nous pouvons rester longtemps sans nous voir. La situation sanitaire actuelle nous place encore plus dans l’incertitude. Ca me fout la boule au ventre et me couperait presque l’appétit.
Donc clairement si là maintenant t’as le pouvoir de me donner 24 heures avec quelqu’un, c’est avec lui que je veux les passer.
Et là c’est le moment où il apparait normalement !

Pour clôturer ce portrait

Forme Libre prend la liberté de s’interroger…

Si Raphaële était unE CITATION, elle serait…

   » D’où je tiens mon énergie ? EDF : Envie, Désir, Force« 

Karl Lagerfeld

Parce qu’avoir une amie comme Raphaële c’est comme avoir une petite robe noire Chanel : T’es sapée comme jamais à vie !

Non allez on arrête de plaisanter, si elle était une citation,
elle serait :