Sylvie Marchal : Le coaching ou le libre mouvement en avant

Sylvie Marchal : Le coaching ou le libre mouvement en avant

Sylvie a beau dire qu’elle a, au fil de sa carrière pris des virages à 180 degrés, il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter pour repérer le point commun à tout ce qu’elle a pu faire … et ce qu’elle fait.

Ce point commun demande une compétence rare : l’attention. L’attention sous toutes ses formes : celle que l’on porte aux autres, à son environnement, à la nature, au monde qui nous entoure et à la petite voix en soi.

Chez Sylvie cette attention semble innée et moteur aussi car le moins que l’on puisse dire c’est que Sylvie ne manque pas d’énergie.

« Apprendre est une véritable passion, je crois que nous ne cessons jamais d’apprendre dans la vie, cela permet d’être engagée sur une route tout en prenant des chemins de traverse pour faire ce qui nous intéresse »

Sylvie Marchal

Deug, Maitrise, DEA, Thèse, Certification en coaching et en PNL et désormais en cours de formation en hypnose, le mur des diplômes de Sylvie affiche complet en donnant le tournis et forçant le respect.

Coach Sylvie n’est donc pas de ces coachs qui vous demandent de faire des tractions sans jamais se mettre en action. Elle est en mouvement et donne de l’élan … C’est pourquoi nous allons suivre sa foulée pour expliquer ce que c’est que de coacher tel que Sylvie le fait.

Il était une fois, une coach sachant coacher :

Le Billet du coach : 
Avez-vous déjà eu l’impression qu’une petite voix, une petite musique tournait en boucle dans votre tête pour vous marteler « le changement c’est risqué », « Je ne suis pas assez créatif ou persévérant pour réussir » ou encore « je n’ai pas le droit à l’erreur »? Un point fondamental à garder en tête est que la relation que nous entretenons avec nous-même est déterminante dans notre façon de fonctionner. Dans tout projet de changement, nos croyances vont jouer un rôle essentiel. Comme dit une vieille maxime «Que l’on se croit capable ou incapable de faire quelque chose, on a toujours raison». Si la petite musique qui trotte dans votre tête vous dit que vous n’y arriverez pas, et bien elle aura raison de vous et de votre projet ! Pourquoi ? Car ces croyances envoient à notre cerveau des messages qui vont inhiber votre capacité à réaliser votre projet. Ces croyances que l’on appelle « croyances limitantes » sont des blocages, des freins, des empêcheurs d’avancer. Elles se sont forgées au cours de notre éducation, lors de nos expériences, de nos réussites ou de nos échecs, et nous les pensons vraies, tellement vraies que ces croyances dessinent notre vision du monde.

La bonne nouvelle est que l’on peut substituer une croyance limitante par une croyance positive. Une croyance positive va envoyer des ordres positifs à notre cerveau. Si vous croyez en votre projet, vous vous mettez en position de le réaliser.

Trois pistes qu’un coach sachant coacher peut vous aider à explorer :

– Utilisez le pouvoir de vos pensées et appliquez la bonne vieille méthode Coué en vous répétant une phrase positive ou votre croyance « inversée ». Ceci permettra de faire perdre du pouvoir à votre croyance limitante.

– Utilisez le pouvoir de vos émotions : fermez les yeux et visualiser ce qu’abandonner cette croyance va vous apporter. Ecoutez-vous, accueillez les émotions qui émergent dans cette nouvelle posture, savourez.

– Enfin passez à l’action, faites «comme si». Si votre croyance limitante est «je n’ai pas confiance en moi», alors marchez le dos droit, la tête haute. Ayez un « modèle de confiance en soi » en tête et imitez ses façons de faire. Mon modèle de confiance en soi est Michelle Obama. J’observe et je reproduis…

Vous l’aurez compris, une croyance est une pensée que l’on considère comme vraie. Je vous laisse méditer sur la pensée de Bouddha «Nous sommes ce que nous pensons. Tout ce que nous sommes résulte de nos pensées. Avec nos pensées nous bâtissons notre monde».

Profil initial : Sylvie est diplômée en économie de Nanterre et de la Sorbonne, bien à l’aise dans les études elle poursuit à l’Institut des Hautes Études d’Amérique Latine et réalise une thèse sur les formes d’accumulation du capital dans l’agriculture des pays andins. Véridique !

«Mon maître de thèse orientait beaucoup mon étude, il était disons très affirmé politiquement parlant.
Je me souviens qu’il annotait ma thèse avec des expressions telles que « paysans oligarques » « capitalisme pourrissant et dégénérant ».
C’était intéressant mais je me sentais orientée, j’avais peur de m’enfermer dans ce truc si spécialisé et puis … je ne voyais aucune utilité à ce que je faisais, je ne voyais pas tellement en quoi mes travaux allaient contribuer alors que c’était important pour moi.
Je ne servais à rien et je sentais bien que ça n’était pas ça»

Sylvie Marchal

Sylvie écoute alors sa petite voix intérieure. Elle aime apprendre, refaire le monde avec ses amis en terrasse le soir mais elle ressent de plus en plus le besoin d’être utile. De passer de l’apprentissage à la réalisation.

Action !

Thèse en poche, « à une autre époque » dit-elle, elle frappe aux portes :

A deux polytechniciens bourrés d’aprioris sur les universitaires en économie (C’est bien connu, un universitaire ne sait rien faire…) elle dit : «Je vous vends un niveau et une adaptabilité», les barrières tombent face à la détermination, la préparation, le sens de la répartie et l’envie : «J’aime vos réponses». Elle fonce et entre en formation pratique au sein d’une entreprise allemande avec pour mission le traitement financier des exportations.

Première leçon de coaching par le coach en démonstration :

Ce n’est pas parce que nous sommes engagés sur une route que la destination est définitive. Si en chemin, un quelconque « mal des transports » survient, il convient de se poser la question de la reprogrammation :
être à l’écoute de ses frustrations, observer objectivement la situation (lister nos points forts, observer nos angles morts, considérer les avantages et les possibles blocages) pour définir des solutions et établir une stratégie de sorte à les contourner sans soucis.

 

Le Billet du coach : 

Vous êtes-vous déjà dit, en lisant ou en entendant une phrase, « Oh c’est exactement ce que je pense, je ne l’avais juste jamais formulé moi-même » ?

Evidemment le talent et surtout le travail sont essentiels à la réussite, mais la chance est aussi un facteur indispensable. La chance n’est, le plus souvent, pas le fruit du hasard mais plutôt d’une capacité à capter l’air du temps, à saisir les opportunités, à écouter ce qui se passe en vous et à agir.

Et si les « chanceux » avaient développé une vraie compétence de vie ? S’ils avaient la capacité à créer autour d’eux un environnement favorable leur permettant de saisir les opportunités qui passent ?

Et s’il existait une Posture Chance ou bien une Fréquence Chance dont parle Christine-Sarah Carstensen dans son ouvrage « Avoir de la chance, ça s’apprend ? »

Cinq pistes qu’un coach sachant coacher peut vous aider à explorer pour mettre toutes les chances de votre coté :

 1. Soyez à l’écoute, ouvrez grands vos yeux et vos oreilles, sachez capter les opportunités qui passent, les idées qui font tilt en vous. Soyez curieux, intéressez-vous à votre environnement, sortez de votre routine. La chance ne se cache jamais dans la routine, la répétition, les habitudes.

 2. Ayez toujours un projet, un objectif, une idée en tête que vous souhaitez développer, ainsi vos antennes seront actives pour capter tout indice qui résonnera avec votre projet.

 3. Jouez le réseau, entrez en relation avec les autres, créez du lien autour de vous. Il n’y a pas meilleur vecteur de la chance que l’aide apportée aux autres. Soyez vous-même une opportunité pour les autres, votre environnement vous le rendra.

 4. Soyez actif, lorsque que votre intuition ou votre ressenti vous parle, agissez, mettez en action l’idée que vous avez captée, avancez. Attardez-vous sur les synchronicités, écoutez votre petite voix intérieure qui vous dit « tiens là il y a un truc qui me parle, qui résonne… ». Si vous échouez et bien pensez à Einstein, à Mandela, à Charles Pépin et gardez à l’esprit qu’un échec est avant tout une opportunité d’apprendre, de corriger, de grandir, de construire votre confiance en vous*.

5. Souriez, émerveillez-vous : les neurosciences ont montré que sourire permet au cerveau de libérer des endorphines, hormone du bien-être.

 « La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés » disait Louis Pasteur. Soyez donc préparés à provoquer et saisir votre chance.

Mais tout « bon coach sachant coacher » aime pratiquer collectivement ses activités :

Sylvie va alors intégrer le département des Fusions / Acquisitions. Le bien nommé département pour elle. Inclusive et implicative, Sylvie aime animer les gestions de projet et se nourrit d’interagir quotidiennement avec les experts des différents secteurs présents. Elle apprend. Encore. Mais elle transmet aussi notamment avec les salariés auxquels elle explique pédagogiquement les tenants et les aboutissants des projets. Collaborer. Encore. Communiquer toujours.

C’est donc assez naturellement que Sylvie s’oriente ensuite vers la communication financière qui consiste à expliquer, vulgariser des discours techniques de manière à les rendre compréhensibles et audibles à tous. Créer des liens, des ponts et des liaisons de sorte à faire du dialogue une réalité et pas juste une mascarade à avaler comme une couleuvre.

Le coach à l’œuvre nous fait alors la démonstration ici d’une autre leçon :

Il faut parfois savoir suivre le chemin tout en montant dans le train des opportunités pour continuer d’avancer. Tout cela en gardant toutefois à l’esprit qu’il est important de rester conscients et attentifs à son environnement, aux autres aussi. Une carrière, une vie ne peut se faire sans considérer ses congénères.

Autrement dit :

 

« Seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin » 

ou comme Da Vinci le dit: 


« Savoir écouter, c’est posséder, outre le sien, le cerveau des autres. »


Toujours écouter le Génie, entre autres
.

 

Avancer… pour Sylvie ce sera un jour pour rejoindre Jones Day en tant que Directrice du Business Développement. Elle y passera 15 ans à communiquer sur les experts des Lois et des Codes en s’inspirant de la vue Place de la Concorde.

« C’était beau ce bureau. L’Hôtel de Talleyrand, la Place de la Concorde, les Jardins des tuileries, tu vois le cadre magnifique… la toile était parfaite d’autant qu’elle était faite de gens intelligents. Malgré tout, je tenais un rôle de fonction support, ce qui a forcément un impact dans les rapports que j’entretenais avec ces gens. Je n’étais pas avocate. J’étais au service des avocats. Tout du moins de leurs activités. Après 11 ans, j’étais bien sûr reconnue parce qu’institutionnalisée, et parce que, je crois aussi, que j’avais fait du bon travail, mais il y avait dans tout ça quelque chose qui ne m’allait pas. Je me suis sentie de moins en moins à ma place. Et puis un jour j’ai senti qu’il fallait que je m’en aille. Après un évènement particulier : le Brexit, que j’avais anticipé mais pour lequel je n’avais pas été écoutée. Une nouvelle fois je me suis retrouvée dans l’urgence du « tu vas faire » … ça a été une révélation. Tu vois lorsque tout s’éclaire ? A force de voir mes business plan finir sur une étagère, devoir affronter pour mon équipe toutes les remarques et commentaires, j’ai eu envie de quitter la barque. J’ai donc entamé une démarche de recherche de sens et ai suivi mon instinct : cette petite voix, à l’intérieur. »

Sylvie Marchal

Vous nous voyez y arriver, cher lecteur, à l’heure du coaching ?

En effet, c’est en écoutant cette petite voix intérieure sur le terrain du bonheur et de l’épanouissement que Sylvie a fait le choix de prendre un nouveau tournant. En s’apercevant que ce qu’elle aimait le plus dans sa fonction était d’accompagner ses équipes dans leur développement, elle a réalisé qu’elle était arrivée à une étape de sa vie où elle souhaitait s’y consacrer, aider et prendre le temps d’écouter sincèrement.

On lui avait souvent dit qu’elle était une excellente manager, une bonne leader. Les membres de son équipe l’ont toujours appréciée et beaucoup aimée. Aimer sa Boss ? Quelle drôle d’idée ! Mais ce n’est pas si étonnant …

Sylvie est de celle qui conjugue le « nous » à tous les temps et le « tu » au futur conditionnel car elle sait voir et faire éclore ce qu’il y a de potentiel et de trésors en tout.

Sylvie a les yeux et le cœur grand ouvert, façon petit prince de Saint Exupéry elle prend soin de son amie la rose et apprivoise le renard pour nous faire passer de planète en planète.

« Je m’amuse beaucoup avec le coaching. L’avantage de le faire à mon âge est que je peux le faire sans pression financière, par passion, par plaisir d’écouter, d’accompagner. Lorsque l’on m’appelle, j’écoute et je pose des questions, jamais je ne porte de jugements ou ne pose d’affirmations. Mais souvent après on me dit ‘ tu sais j’ai suivi ton conseil ‘ les personnes ne se rendent même pas compte qu’elles se sont auto-conseillées, elles en sont arrivées par elles-mêmes à la solution. Nous avons les ressources en nous. Souvent nous ne le savons pas, c’est tout. C’est là où un coach guide et accompagne. J’aide à faire sauter les verrous. »

Sylvie Marchal

C’est surtout là que la magie opère avec Coach Sylvie car au delà du coaching, Sylvie est également diplômée en techniques de PNL. Derrière cette abréviation tendance il y a une réelle démarche en psychologie : la Programmation Neurolinguistique qui consiste en une approche pragmatique de la communication et du changement. Pour faire simple, on se concentre ici sur le «Comment faire pour que ça marche ?».

La PNL a également développé une certaine façon de regarder le monde et la vie. C’est un peu une philosophie qui prône le développement de l’humain, l’autonomie, la liberté de pensée, la capacité de relation aux autres, l’ouverture à la différence, la tolérance, » définition de la PNL extraite du livre: “Ca y est, j’ai compris”, Alain Thiry.

L’essence de la PNL, c’est la modélisation de ce que les humains savent faire de mieux. Le processus consiste à «apprendre des autres», à observer et à s’observer. Ouvrir ses propres portes intérieures pour mieux enfoncer celles de l’extérieur.

Ainsi, au-delà de l’accompagnement type du coaching individuel ou collectif qui a pour but d’aider une personne ou un groupe à la réalisation des objectifs qu’il s’est fixé lui-même dans une période définie, il y a un réel travail de fond avec Sylvie dont le but est de nous faire aller vers une meilleure version de nous-même.

Un coach n’est pas un psychothérapeute (qui se réfère à un questionnement orienté sur un axe passé-présent) mais un accompagnant sur le chemin du changement de sorte à faire éclore ce que nous sommes.

Michelle Obama dirait « Become »

Sylvie, qui aime la nature autant qu’elle admire Michelle, nous donne donc des ailes pour escalader toutes les montagnes. Elle ne se contente pas de nous faire changer l’eau des fleurs mais nous montre où est la source et nous fait prendre conscience de nos ressources.

Avec son oreille attentive, une parole bienveillante ou un mot en écho, elle nous amène à nous interroger de sorte à faire levier et à bousculer pensées bloquantes, limites, et tout ces petits trucs, brocs et couacs que nous avons tous en nous et qui nous empêchent souvent ou parfois d’être la meilleure version de nous.

Sylvie aime voir la nature pousser, éclore, ses conseils sont des petits trésors et sa voix un « Sésame Ouvre toi » vers tous les « infinies solutions et au-delà » .

Sortir de nos zones de confort tout en étant réconfortés, nous disons oui sans hésiter. Sylvie est une petite fée et … en semant ses petits cailloux de petit poucet elle participe à faire des villes un endroit plus tranquille. Car en effet, si je suis aimable avec moi et pas (trop) frustré, alors qu’est ce qui m’empêcherait d’être sympa avec toi et toi aussi et toi là-bas ?

Et si s’écouter était la clef ? Merci Sylvie, nous on adore papoter quand t’es là !

Pour découvrir, au fil de ses pensées, les billets du coach sachant coacher, c’est par ici :

Sylvie Marchal : Les billets du coach

Et pour tout comprendre, bien apprendre et être bien accompagné, vous pouvez retrouver Sylvie sur : 

Crédit Photo : 

  • Sylvie Marchal
  • Géraldine Guilloux 
  • Marin Montagut 
  • Rob Woodcox
  • Pinterest 
Laura Isaaz & Maag ou la féminité pas formaatée

Laura Isaaz & Maag ou la féminité pas formaatée

Parfois on rencontre des gens qui nous donnent de nos nouvelles.

 C’est là tout le talent de Laura Isaaz : nous donner rendez-vous chaque semaine (le mercredi pour être précis) pour nous parler de nous.

Un nous collectif, humain, pas trop genré bien que majoritairement féminin mais qui peut parler à tout un chacun pour un peu que tu ne sois pas fermé.

Lorsque Maag parle de célibat on se dit  » Oh mais MERCI  »
Lorsque Maag parle de ses parents on se dit avec émotion  » Tellement …  »
Et quand Maag parle de sororité on se dit … qu’il n’y a que Laura pour l’incarner.

Parce qu’entre Maag et Laura, il n’y a point de différence, tout n’est que sincérité et authenticité bien rédigées.

« Il n’y a pas de différence entre Laura Isaaz et Maag. Tout ce que je dis dans Maag c’est tout ce que j’ai envie de dire, de véhiculer, de partager. Ce que j’aime sur Maag c’est la liberté que j’ai : je peux parler de tout ! Je n’ai aucun problème à parler de moi, même si je reste pudique. Mais je ne fais aucun effort pour ça, je ne le travaille pas, c’est mon tempérament. Toutefois, parfois je parle des autres, je me nourris aussi et surtout des gens qui m’entourent. »

Laura Isaaz

La plume de Laura est libre et ce qui la rend unique en son genre c’est que le « je » qu’elle utilise retentit en nous comme des lignes universelles. Laura réussit la prouesse rédactionnelle de parler d’elle sans jamais tomber dans une forme d’égocentrisme narcissique ce qui est assez rare pour être signalé – preuve en est du nombre de livres, de publications et de billets à base de « mon confinement et moi » sortis ces derniers mois, un brin gênant parfois.

Ses mots tombent alors comme des notes sur une partition jouée au piano; tantôt jazzy tantôt blues , Laura revisite les lettres classiques avec swing sans jamais tomber dans le spleen. Les idées s’emmêlent dans un pêle-mêle qui suscite des réflexions à la pelle.

« J’ai créé maag parce que j’avais des choses à dire, à écrire surtout. Lorsque tu travailles pour un magazine tu dois respecter une charte, une ligne éditoriale précise, tu n’es pas toujours libre dans le ton et … bref … je voulais écrire comme je voulais. (ndrl: Laura a été journaliste au ELLE pendant près de 6 ans)
Donc j’ai lancé un rendez-vous aux gens pour parler avec eux. Après ils adhèrent ou pas mais finalement on échange. Je l’ai fait pour cette raison et, ce qui est cool, c’est que les retours sont plutôt bons. C’est encourageant, forcément.
J’ai des échanges forts, je parle de choses intimes avec certaines personnes qui m’écrivent. Cela me touche que les gens se livrent et se délivrent ainsi. Après l’article que j’ai écrit sur les parents, j’ai reçu des messages bouleversants. Un notamment … qui m’a émue aux larmes !  »

Laura Isaaz

Loin de l’image de la journaliste rédactrice qui balance des billets d’humeur cachée derrière son ordinateur, Laura se livre au travers de ses lignes mais se rend aussi disponible pour échanger, papoter et discuter un petit temps avec les gens. En ce sens, son écriture n’a pas vœux à s’étaler comme de la confiture mais plutôt à faire tomber les murs et les armures vers un dialogue vrai, profond, sans superficialité.

« Dans mes relations je suis très entière. J’aime sincèrement mes amis, mes proches.

Mais, comme je t’ai dit, je suis très pudique.

Plus penchée sur les actes que sur les paroles, je ne fais que très peu de démonstrations verbales. Du coup j’écris plus que je ne parle et je pense être présente.

Il n’y a qu’à ma fille que je dis je t’aime 16 fois par jour ! »

Laura Isaaz

Ecrire pour laisser sortir les choses,
les mots et les émotions et créer des ponts avec les autres.

Comme beaucoup de timides qui se soignent, de réservés qui tentent de faire dans la sociabilité et le partage.

Laura Isaaz est un peu la Emma Bovary version lettre moderne, ou plutôt Colette en fait ! 

 

Non pas que Laura fasse dans le mime, mais la journaliste auteure, nous fait penser à Colette dans tout ce qu’elle était de multi-facettes.

Une personnalité riche aux mille visages que Laura partage aussi, toujours avec à-propos, sur les réseaux sociaux.

Au-delà des mots, l’interaction se fait sur Instagram en images bien choisies. Mais là encore, Laura fait dans la subtilité en ne tombant jamais dans la tentation de l’excès.

Pourtant, Laura a le plumage à la hauteur de son ramage et pourrait se laisser prendre à la flagornerie de la flatterie et se raconter toute la journée en story.

Mais ce serait là mal connaitre la brebis basque pas égarée pour deux sous qui a fait de la spontanéité et de l’équilibre en tout sa marque de fabrique.

« J’y prends du plaisir mais jamais je ne dirais tout de ma vie, j’essaie de garder une certaine distance. En suivant mon compte, tu ne sais pas du soir au matin ce que je fais, mange, bois et où je suis ni avec qui. Je partage spontanément en fait sans me poser trop de questions. Et du coup je n’ai rien de négatif à en dire. De toute façon aujourd’hui, on peut dire ce qu’on veut mais on est forcément influencés … parfois j’aimerais déconnecter mais un volet de mon travail m’en empêche. Ma fille me parle de Tik tok et de toutes ces merdes-là … forcément ça m’interroge mais je me dis que mes parents se sont dit la même chose avec facebook. Une fois que tu décides d’être sur les réseaux sociaux, sur Instagram, d’écrire sur internet, il faut assumer le risque et prendre les bons et les mauvais côtés. Quand tu en as conscience, tu arrives à gérer et à te détacher sans prendre tout ça trop au sérieux. »

Laura Isaaz

Ne pas se prendre au sérieux et garder de la distance tout en créant une proximité avec son audience qui lui permet, in fine, d’exprimer et de véhiculer ses idées.

Parce qu’il faut dire que Laura-la-basque a les opinions bien pelotées et pimentées notamment sur la féminité … mais pas que.

D’ailleurs la féminité parlons-en, avec elle elle est libre, individuelle et sans jugement, elle se nourrit des individualités et des chacunes.

« Ma vision de la féminité ?
– Selon moi, une femme est féminine dès lors qu’elle se sent bien dans sa peau, dans ses choix, qu’elle est libre et qu’elle ne tolère aucune censure dans ce qu’elle est ou dans ce qu’elle rêve de devenir.
J’exclue toute implication des artifices dans la notion de féminité.
Ça ne réside pas dans l’attitude ou dans ce que l’on porte comme chaussures,
c’est un truc d’âme. »

Laura Isaaz

Sans commentaire, c’est à 100% qu’on adhère à son regard bienveillant, à ses colères souvent et à ses engagements.

Car si Laura ne fait pas dans la leçon de moral intello narcissique, elle s’engage en incarnant une féminité moderne, affranchie, épanouie, indépendante et en pratiquant la sororité dans tout ce qu’elle dit et fait.

L’un des ennemis du féminisme est la femme elle-même. Parlons vrai et franc-jeu un peu, la jalousie nous étouffe et on se pouffe et se gausse de critiques et de coups de trique les unes sur les autres à longueur de planche mixte en terrasse entre copines fan de « connasse » . L’encouragement systématique et les applaudissements automatiques ne sont pas des modes de fonctionnement de la machine féminine depuis la nuit des temps. La faute à quoi ? Je ne sais pas mais il suffit de parler avec deux trois mâles pour se rendre compte que les prises de bec et le bitching sont quand même plus un truc de gonzesses que de mecs.

La tendance s’inverse cependant, pour notre plus grand bonheur, et désormais les femmes semblent vouloir faire dans le solidaire et cesser de se percevoir comme des adversaires.

En compétition de quoi d’ailleurs ?

• À la chasse à l’Homme ? Pour quoi faire ? Si finalement le rôle d’une femme n’est plus forcément d’être une épouse dévouée la compétition ici n’a plus de raison d’être ou alors elle se multiplie sur autant de terrains qu’il y a de forme d’épanouissement à vivre nos relations et nos amours à notre façon. A se demander du coup si on n’est pas plutôt sur un sport co qui demande beaucoup d’entraînements et d’avoir des sparring partners avec qui partager nos galères.

• À la chasse aux œufs ? les langues s’étant déliées sur la maternité, la fertilité, l’infertilité et sur l’envie surtout d’être mère sans tabou, il y a débat mais plus d’ébats entre nous.

• A la chasse aux trésors ? Il semble que sur ce sujet, nous soyons plus en compét avec nos homologues à braguette puisque depuis le 4 novembre 16h16 nous bossons pour des copec’ du fait de l’écart salarial homme-femme. Sans parler du plafond de verre, de notre manque d’ambition … enfin voilà quoi, il semble qu’ici nous aurions plus d’intérêt à l’union pour faire la promotion de nos droits … à la promotion. Voilà.

L’union fait la force … les mecs l’ont compris depuis bien longtemps et il semble que les femmes en prennent le chemin. En tout cas, avec Maag et Laura c’est certain. Pour tout vous dire ici, Chez Forme Libre, nous avons contacté Laura suite à un article écrit sur le célibat. Sans grande conviction. Toute petite que nous sommes d’attirer un temps soit peu son intention. Le beau préjugé … et la belle surprise dans la foulée quand Laura nous a répondu « oui » sans sourciller et avec un enthousiasme sans sarcasme.

Laura encourage, soutient, fait de la sororité une réalité au quotidien
en incarnant une fémininité affranchie,
libérée sous toutes ses formes.

Elle est une femme, une mère, une fille, une amoureuse.

« Je suis bien seule. Je crois que je suis une romantique dans le fond, une sentimentale en tout cas. Je ne suis pas pressée de trouver quelqu’un, je suis amoureuse de moi depuis peu alors j’en profite. J’ai envie d’un truc simple et léger mais pas chiant, surtout pas chiant. »

Laura Isaaz

Et une sœur aussi. La sœur d’Alice, avec laquelle elle partage des projets à venir :

« J’ai un projet d’écriture en cours avec ma sœur Alice.
C’est un truc qui nous a encore rapprochées. Je ne pensais pas que c’était possible mais OUI.
On a la même vision de la vie et de l’humain… et on est très famille.
Faut dire qu’on est bien tombées :
Nous avons des parents tendres, sensibles, très dans l’AMOUR, le vrai … celui qui te porte. »

Laura Isaaz

Tout ce qu’on souhaite chez Forme Libre c’est que cet amour bienveillant là porte ces deux plumes libres loin très loin et pour longtemps parce qu’au-delà d’avoir le sentiment chaque mercredi d’avoir rendez-vous avec quelqu’un qui a suffisamment de générosité pour se livrer en toute humanité, nous partageons aussi ses colères et ses engagements notamment sur le droit à l’expression des mamans sur leurs états d’âmes et sur les violences faites aux femmes.

Ce sera le sujet de l’expression libre de Laura. Bien que de toute façon, sur ce sujet-là,
il n’y ait pas de débat.

Pour, tous les mercredis lire Maag, ajouter le lien suivant en favori :

MAAG.BLOG

Crédit Photos : Laura Isaaz.

Nils Tavernier – Ils & Elles ont toutes une Histoire

Nils Tavernier – Ils & Elles ont toutes une Histoire

Forme Libre tu veux faire quoi quand tu seras grand ?
– Nils Tavernier

Pour faire plus dans la camisole humaine que dans la contention chimique.

Car c’est précisément ce que Nils fait : En montrant ce que l’humain fait de mieux, il réveille en nous ce petit truc d’humanité qui semble en voie de disparition dans l’actualité.

Et ça fait du bien, non ?

On redécouvre alors que la tendresse consiste à tenter de conjuguer, un temps soit peu et dès qu’on le peut, les petits riens et gestes du quotidien au pluriel plutôt qu’au premier sujet du singulier.

Au travers de la lucarne du petit écran on ouvre le cœur en grand et on redécouvre que la gentillesse est une qualité ; non une faiblesse et que s’ouvrir aux autres revient à se nourrir soi, entre autres.

« Je me sentais inutile. Ce sentiment d’inutilité m’a buté, je me sentais nul, vraiment nul.
Il fallait que je me mette « au service de ». Par là j’entends au service de quelque chose de plus grand que moi, que toi, que nous. Je n’avais pas de compétences particulières si ce n’est savoir faire de l’image et échanger et faire parler. Donc j’ai décidé de montrer ceux qui ont des compétences ou des idées géniales ou qui font des choses absolument extraordinaires. Je me suis dis que je ne pouvais pas faire plus avec ce que j’étais et c’est ainsi que je me suis épanoui. C’est en cherchant le positif en tout qu’on amène le positif partout ; l’optimisme ne peut se nourrir que de ça. C’est ça l’humanité en fait.

 

C’est absolument flippant de voir les liens se déconstruire en ce moment :
Les gens sont privés de câlins dans tous les sens du terme. Ils sont en manque.

On a privé les gens de douceur et on alimente la haine et la peur.

On alimente la peur de l’autre. Si on ne fait pas gaffe, ça va être un monde pourri.

Tu vois c’est pour faire gaffe que j’ai aussi beaucoup beaucoup dénoncé dans ce que j’ai fait.

D’ailleurs si je regarde avec un peu de recul l’ensemble de mes films, je dirai que le point commun de mon travail c’est l’exclusion. On vit dans un monde de fous, si on ne le dit pas, on l’accepte.
C’est impossible pour moi… et ça … même si je suis comme un petit enfant en face d’une montagne. »

Nils Tavernier

Dénoncer c’est donc ne pas renoncer, ne pas se résigner au c’est-comme-ça-ambiant et finalement être le changement … celui que l’on veut voir dans le monde, celui dont parle tout le monde en ce moment.

Dans cet article, chers lecteurs, nous allons faire preuve d'(h)ardeur dans le sens où les sujets abordés seront loin d’être légers. Nous allons parler Droit à l’éducation, accès à la formation, mais aussi de pelvis, d’excision, de mutilation, de Droit à disposer de son corps, de handicap, de dépressions, de décompensations et d’efforts aussi. Ca ne va pas faire un pli et d’avance, nous ne nous excusons pas si vous trouvez le ton plus affirmatif et combatif qu’à l’accoutumée parce qu’il est des sujets pour lesquels nous pourrions monter sur la table le poing bien haut levé !

Les histoires que Nils racontent sont singulières mais les victoires qu’elles nous portent à voir sont universelles.

Chaque combat gagné par cet enfant triathlète handicapé, par Hawaou, cette combattante qui sauve des petites filles, par Min dont le futur est désormais plein de promesses, par Joséphine la fragile qui a retrouvé le sourire, par Antonia qui continue à offrir son énergie et sa force autour d’elle, par la magnifique Mulu Muleta qui permet le petit miracle de la vie ou encore par les habitants du village de Trinlé-Diapleu en Côte d’Ivoire qui acceptent la différence au point de la couvrir de farine à la fin sont autant de messages d’espoir que Demain arrivera un beau matin.

Tous ces noms, qui ne vous disent sûrement rien, sont le prénom de héros du quotidien quelque part dans le monde. Ici et Là. On ne les connait pas… et pourtant … ils sont le changement et tout ce qu’ils font relève de l’exploit. Ils sont ce Yes we can, Oui je le peux si je le veux qui nous a mis les larmes aux yeux.

Le travail de Nils Tavernier n’est plus à présenter et parce que chacun de ses films, chacun de ses documentaires pourrait en lui-même faire l’objet d’une thèse, nous avons dû, ici, sélectionner mais croyez bien que chacune des leçons reçues par Nils Tavernier, chacun des mots qu’il a pu prononcer, chacune des images qu’il a pu tourner se sont imprégnés en nous comme autant de graines à germer pour ne jamais, jamais renoncer à parler, à dire et écrire.

« Parlons de « Elles ont toute une histoire » : toutes ces femmes que j’ai rencontrées portent en elles l’espoir d’un monde meilleur, un monde où l’égalité entre les êtres humains pourrait favoriser la prospérité de tous.« 

Nils Tavernier

Toujours est-il que parmi tous les sujets traités, il en est un particulier dont nous voulions parler.

Le Droit à l’avortement, à l’Education, l’accès au soin et à un travail décent, l’égalité femme-homme (NDRL : on met femme avant parce que le F vient avant le H dans l’alphabet, ceci fait l’ironie) demeure un immense chantier.

Du Cambodge au Sénégal en passant par l’Ethiopie, le Cameroun et le Nicaragua, Nils a rencontré 5 héroïnes qui ont pris leur destin en main et qui, dans leur propre culture avec leurs propres moyens, se dressent contre l’injustice et la violence dont elles sont victimes. Elles se battent pour elles, pour leurs proches pour les petites filles d’aujourd’hui et de demain.
 

Leurs histoires sont singulières mais leurs victoires universelles


Et parce que cela compte nous avons décidé d’écrire ici à leur sujet histoire d’informer et de véhiculer leurs messages au-delà de l’image. Une expression libre intégrée à un article sur ce qu’il fait ? Avec Nils Tavernier, nous bousculons les règles et les codes et on s’en fout, la forme est libre après tout et puis l’essentiel n’est pas la forme là, pour le coup.

Le combat pour le droit des femmes se joue sur de multiples fronts. En parcourant le monde Nils a rencontré des femmes de tous les âges et de tous les milieux. Il a observé le rôle qu’elles tiennent dans leur famille et dans la société.

« Je crois que le degré d’évolution d’une société se juge à la place qu’elle accorde au droit des Femmes. En Afrique, en Amérique latine, en Asie leurs Droits fondamentaux sont loin d’être acquis et l’égalité femmes-hommes est un rêve. »

Nils Tavernier

Le Cameroun n’est pas le plus mauvais exemple mais à la briqueterie, un quartier de la Capitale Yaoundé, 1 petite fille sur 3 ne va pas à l’école. La tradition, les situations précaires, les mariages forcés sont autant de raisons qui détournent les petites filles du chemin vers l’Education. C’est ce contre quoi lutte chaque jour Hawaou Adamou, analphabète jusque 35 ans, aujourd’hui Présidente de l’Association Haoussa pour le Développement. Son histoire personnelle est difficile : Cette femme mariée (de force – s’il est utile de le préciser) à l’âge de 16 ans, a aujourd’hui 4 enfants mais a vécu 6 accouchements sur un total de 12 grossesses à l’âge de 30 ans. Des chiffres qui s’étalent dans son discours comme des réalités normales…
Au décès de son mari, cette femme, devenue une charge, est chassée par la famille. Après 19 ans de vie commune, elle a emballé sa vie, dit-elle. Il semblerait surtout qu’elle ait embrassé son destin car à ce moment précis Hawaou a réalisé que si elle était allée à l’école elle aurait eu un métier. A 41 ans, elle obtient alors son certificat d’étude primaire. Aujourd’hui ses 4 enfants vont à l’école mais surtout … Hawaou œuvre chaque jour à la scolarité des petites filles dans le quartier notamment sur le terrain de sport où, en rencontrant les papas, elle n’a de cesse de répéter son plaidoyer en faveur de l’égalité :

« Quand on est autonome on peut s’occuper de sa petite fille pendant que les papas s’occupent des petits garçons. On peut aider le foyer et donc on peut donner son point de vue. Je ne savais pas avant ce qu’était mon plus grand rêve. Tant qu’on n’est pas instruit, on ne peut pas avoir un rêve. »

Hawaou Adamou

L’Education : la condition essentielle pour rêver sa vie.

C’est cette promesse d’un avenir que l’on ose enfin imaginer sans tristesse que l’on retrouve dans l’histoire de Min au Cambodge. Dans ce pays, marqué par des années et des années de guerres, un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté c’est-à-dire avec moins de 1$ par jour. Cette situation dramatique porte les familles à faire des choix et c’est ainsi que, souvent, ce sont les garçons qui vont à l’école tandis que ce sont les filles qui se collent à la tâche du ménage et du travail, notamment dans les usines de textile.
Mais c’est également dans ce pays que les bénévoles de l’Association Friends travaillent quotidiennement au bien-être des filles. En allant à la rencontre des familles, leur objectif est de trouver des solutions pratiques et pragmatiques afin de permettre aux jeunes filles de suivre des formations professionnalisantes – comme on dit chez nous. Ce faisant, ces femmes deviennent indépendantes ce qui est déjà une victoire en soi mais ce qui participe à une réussite concernant un autre débat.

Dans le monde, une femme sur trois est victime de violences (Cher lecteur, cela signifie que ce serait soit ta grand-mère, ta mère ou ta sœur). Dans certains pays, du fait de l’obscurantisme, des religions lorsqu’elles se transforment en extrémisme ou encore de la tradition, la situation s’aggrave.
Tel est le cas au Cambodge et Min en a malheureusement était une victime : son père était violent avec elle, ses sœurs et sa maman. L’association Friends constate alors :

« Le fait que les filles travaillent contribue à réduire la violence des garçons : si une femme travaille, elle contribue à améliorer le niveau de vie de la famille, l’homme est donc moins responsable et moins agressif. En plus, lorsque les garçons sont éduqués, ils ne reprochent pas aux femmes de rester à la maison, ils comprennent, et ils ne sont plus violents physiquement ou mentalement »

De la réduction des violences par l’éducation…

Tiens donc ! Savoir serait donc pouvoir travailler mais aussi réfléchir par soi, pour soi, comprendre son environnement, ses tenants et ses aboutissants et ainsi s’y adapter en faisant ses propres choix ?

C’est ce que nous dit la petite Vanessa :

« C’est important pour moi d’aller à l’école pour ne pas souffrir, parce que le monde devient plus dur, il y a des gens qui n’ont même pas à manger. L’école peut permettre à la fille de travailler, avoir ce qu’elle veut dans sa vie. Parce que si une jeune fille ne travaille pas, elle va être mise en mariage et ce n’est pas bien ça. La jeune filles doit pouvoir faire ce qu’elle veut de sa vie, devenir ce qu’elle veut. »

Faire ses choix, disposer de sa vie … et de son corps aussi.

Dans de nombreux pays, le droit de disposer librement de son corps n’est pas acquis. L’autodétermination des femmes est un défi dans de nombreux pays. Le droit à l’avortement, notamment, est limité et menacé dans de nombreux états mais dans certains il est encore illégal. Le Sénégal, par exemple, demeure parmi la cinquantaine de pays qui le considère comme un crime. Le débat pour légaliser l’avortement, tout du moins thérapeutique, est enfin ouvert, mais la controverse est vive.

Joséphine avait 15 ans quand sa vie a basculé… C’est ce qu’elle a la générosité de nous confier dans la Liberté en prime en même temps qu’elle nous parle de son amour pour l’escrime, ce sport qui a tout changé.

Joséphine était en prison parce que suspectée « d’infanticide » … elle était en colère ! 

« J’étais très en colère, je restais dans mon coin, je ne parlais à personne, j’étais pas ouverte »

jusqu’à ce qu’elle baisse la garde en se mettant en garde. Au Sénégal, il est un programme qui intègre la pratique de l’escrime dans les prisons pour mineurs. Ceci peut sembler surprenant de faire entrer une arme dans un univers carcéral mais c’est sans compter sur la détermination d’une femme qui a décidé de faire baisser le taux de récidive en ramenant au cœur de la vie de ces ‘gamins’ le respect de son prochain :

« Lorsque tu pratiques l’escrime tu es vêtu de blanc et tu es dissimulé derrière un masque. Personne ne peut savoir si tu es un garçon ou une fille et les deux escrimeurs sont soumis aux mêmes règles. Il y a donc une égalité de statut, de force, il y a une remise à niveau. Tout le monde est sur un même pied d’égalité. Ainsi nait le respect de l’adversaire comme un alter ego. Il y a une réinvention d’une relation qui a été détruite dans l’œuf. »

Et le programme porte ses fruits : Le taux de récidive des mineurs passés par le programme est de 0.

« Le garçon et la fille acceptent que la défaite existe mais qu’elle n’est pas un échec personnel. C’est la vie. Ils apprennent donc que l’on doit pouvoir se reconstituer, continuer, passer à autre chose. Ils sortent de là avec une énergie irrésistible et une impérieuse envie de vivre. »

C’est ce qui est arrivé à Joséphine :

 » Je joue avec tous les garçons même les grands et je n’ai pas peur. J’ai gagné des coupes et des médailles et c’était bien. Mon rêve c’est d’être championne d’Afrique »

Aujourd’hui Joséphine travaille à l’enseignement de l’escrime dans les prisons et dans les quartiers aussi. Elle a fait de la transmission de l’art de s’engager sans violence son métier en prouvant comme elle le dit que

 » Nous aussi les femmes on peut s’en sortir et être quelqu’un dans la vie »

C’est également cette révolution de message qu’Antonia communique au Nicaragua. Dans un pays où le machisme fait loi, elle a crée une association dans laquelle les femmes construisent des maisons : la leur. Cela peut nous paraître un détail, mais pour elles cela représente beaucoup : il s’agit de leur réussite, de leur autonomie et de leur liberté. Un rêve d’indépendance devenu réalité.

Comme quoi, tous les miracles sont possibles quand on a la foi …

En parlant de miracle, s’il en est un depuis la nuit des temps c’est la naissance d’un enfant.
Toutefois, là encore il convient de signaler que toutes les femmes n’ont pas les mêmes chances face à cette expérience :

Une femme africaine est 25 fois plus en risque de mourir au cours de l’accouchement qu’une européenne.

L’Ethiopie, notamment, est le pays où la santé maternelle est la plus préoccupante : Le taux de mortalité maternelle y est l’un des plus élevé au monde. C’est ce que nous raconte Mulu Muleta qui est une des premières gynécologues de son état.

Au-delà de sa réussite personnelle qui insuffle un espoir à de nombreuses petites Ethiopiennes, Mulu Muleta œuvre chaque jour au souffle de vie. En Ethiopie, du fait du manque de moyens, de la difficulté d’accéder aux maternités, des distances à parcourir, du poids de la tradition et du manque d’informations quant aux avantages de mettre un enfant au monde accompagnés par des professionnels ; la moitié des nouveau-nés ne reçoivent pas les premiers soins nécessaires à leur survie. Celle-ci ne tient donc qu’à un fil.

Sans parler également du taux de mortalité chez les mamans.

« Le mariage forcé est un problème, les filles sont données au mariage avant qu’elles ne soient développées en particulier au niveau du bassin. »
nous explique Mulu Muleta. 

C’est ce qui explique les complications qui surviennent à l’accouchement :

Le pelvis de ces jeunes filles étant trop étroit, elles ne peuvent accoucher normalement car cela pourrait entraîner une rupture des ligaments de l’utérus, une hémorragie et causer leur décès.

« De plus, l’excision est encore très pratiquée, les mutilations compliquent également les accouchements ».

Dans la séquence tournée par Nils Tavernier, le miracle de la naissance se produit … et j’ai rarement été aussi heureuse d’entendre un enfant pleurer.

Et là, au milieu de tout ça la VIE.

Je le reconnais, j’ai pleuré, moi aussi.

Pour plusieurs raisons :

Parce que sur les images nous découvrons une salle d’accouchement, un environnement que certains qualifieraient d’inadapté à la naissance d’un bébé, des conditions que certains jugeraient déplorables… se concentrant sur un premier ciseau qui ne fonctionne pas au moment de couper le cordon… en oubliant que là-bas, l’existence de cette salle d’opération est déjà, en soi, une révolution. Cela appelle à l’humilité et la perspective. La perspective étant, pour rappel, ni plus ni moins qu’un trait que l’on trace de point à point créant un lien.

C’est ce lien qui m’émeut. Parce que ici ou là-bas. De Paris à Addis-Abeba, en passant par Yaoundé, ou la Paz au Nicaragua, les joies d’une naissance, le rire, le sourire… le sentiment éprouvé et ressenti lorsque l’on regarde ses parents, ses amis, ses enfants et son amoureux aussi est … Universel.

Dans ces images de Nils, faites de couleurs vivantes et criantes, c’est ce qui me touche et fait mouche. Dans toutes ces histoires illustrées il n’y a pas de saturation, de (dé)coloration, il n’y a qu’une singulière envie d’être en vie. Une énergie à mettre la vie en couleur.

Et si c’était ça le secret du bonheur ?

Mais au-delà de cette optimisme engendré par le miracle de la naissance, il nous faut faire preuve de réalisme : Bien que ces femmes montrent la voie vers un monde meilleur, la route est encore longue.

« L’égalité des sexes est une responsabilité de chacun d’entre nous et cela ne sera possible que grâce à la solidarité des femmes et des hommes, Ensemble »

Nils Tavernier

Il nous faut donc œuvrer, avancer main dans la main avec douceur et tendresse, en chantant et dansant avec la même délicatesse, grâce et détermination que des danseurs étoiles sur le chemin vers les étoiles.

Un peu plus près des étoiles à l’abri des colères et du vent, un peine un peu plus libre qu’avant.

Et à Nils de nous glisser deux ou trois tips sur les coulisses de cette avancée, qui ne pourra se faire sans discipline, en nous montrant les coulisses de l’Opéra. De l’art de la cohérence …

Car tout le travail de Nils est là : nous permettre d’être plus proches des étoiles, de rencontrer ceux qui, sans être nés sous une bonne étoile, ont décidé de se faire leur place au soleil et qui transmettent leurs rayons, leur énergie et leur force. Leur détermination.

Nils a l’humilité des hommes de coeur qui ont le sentiment que ce qu’ils font n’est et ne sera jamais assez. Ce sentiment d’impuissance face à tous les combats à mener. Mais en conclusion de ce tout petit papier nous tenions à lui dire que les histoires qu’il nous a racontées et montrées nous ont réveillés et qu’en remettant l’humanité au milieu du village, c’est une armée de bonne volonté qui nait.

Merci Nils t’es NECESSAIRE !

«Je continuerai à encourager les gens sympas qui parlent de gens sympas qui font des choses sympas. J’en ai marre de voir des fouilles merdes remuer la merde et alimenter la peur et la haine»

Nils Tavernier

AMEN

Toute la filmographie de Nils Tavernier sur : 

http://www.nilstavernier.com/

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 Crédit image: 

  • Nils Tavernier 
  • Ondine Saglio

Images sur Pinterest & Instagram ( @Coeurdegazelle / @Leapofdanceacademy )

Guy Birenbaum – (Ré)formation plagiste

Guy Birenbaum – (Ré)formation plagiste

Ce que fait Guy ?

Des photos.

Il immortalise des moments, des situations transformant un temps les parasols en personnes ou les personnes en paravent.
Il prend en flagrant délit de vie les plages de Normandie. Il porte un regard doux et drôle sur ses occupants provisoires et sur les moments qu’ils y vivent.
Et il les partage, non sans sens de la formule en légende …

© Crédit photo : Guy Birenbaum – Villa Gypsy. @guibirenbaum@villagypsy.natty

… Il faut parfois savoir rester digne de sa légende … 

Car ce qu’a fait Guy est une autre histoire … une autre page et dans, celle-là, le moins que l’on puisse dire est qu’il avait le sens de l’à-propos et du propos.

Des propos qu’il a tenus à un rythme plus que soutenu exigé par ce que l’on appelle « l’info en continu ». Surconnecté aux réseaux sociaux, appelé partout pour parler de tout, Guy a été omniprésent sur nos écrans et au micro de la radio. Un temps auteur et éditeur … Guy a tout fait, tout vu, tout connu de ce que l’on appelle « les médias ». Mais surtout Guy a tout dit. Selon et d’après lui, tout est déjà dit. Alors ici, nous nous arrêterons là nous aussi. Tout du moins s’agissant de ça. D’autant que tout a déjà été dit sur lui. Aussi.

« Je n’ai plus rien à dire mais beaucoup à montrer, à donner aussi, à transmettre »

 

Guy Birenbaum

Montrer, Donner, Transmettre.

Trois voies, trois chemins pour donner de la voix autrement.

Montrer sans s’exposer.

 

« Avant j’avais envie d’être sur la photo, maintenant j’ai envie d’être derrière »

Guy Birenbaum

Ne plus vouloir être reconnu, vu, se faire discret, revenir à l’essentiel, se recentrer sans pour autant perdre de vue que le monde va et vient. Comme la marée.
Mais pour donner son point de vue, il n’est pas nécessaire de faire du show et du chaud.

« Ta tv est pleine de chair à plateau, de gens qui partagent leurs avis, leurs opinions sur tout. Mais il n’y a rien d’existentiel là dedans, enfin à l’échelle du collectif. C’est existentiel pour eux mais pour nous c’est inintéressant, ça ne nous apprend rien, ça ne nous informe en rien. Les experts sont de faux experts. Ce sont des gens formés à parler. Le type qui sait, il bosse, il est dans son labo, dans son bureau et … il se fait interroger en toute objectivité par ce qu’il reste de bonne presse. Malheureusement les gens intéressants sont rarement ceux qui cherchent à être sur le devant de la scène et que l’on met en avant et en scène. J’ai adoré refaire le monde en plateau mais j’étais dans ma vérité et je n’échangeai pas, je ne sais même pas si je peux dire que j’écoutais. Pourquoi mon avis, mon opinion serait-il plus absolu et vrai que celui de l’épicier du coin de la rue? »

Guy Birenbaum

Donc Guy s’en est allé de la tv en ayant tout dit et désormais il partage sa vision du monde par l’image.

Mais dans la notion de partage, il y a quelque chose lié au don … pour partager vraiment, sincèrement, il faut savoir donner.

 

Crédit photo : Mel Lenormand

Donner son point de vue sans l’imposer.

Si Guy a souvent affirmé aujourd’hui il échange. Il laisse la parole et a même à cœur de la donner.

« L’édition j’adore ça. Je suis un éditeur avec un stylo à la main. J’aime relire, donner un avis, un conseil mais sans l’imposer, il s’agit plus, désormais, de donner un coup de main. Mais un vrai, pas juste un léger coup d’œil. Mon expérience me permet de pouvoir aider, soutenir et choisir aussi. Ainsi, j’ai envie de m’impliquer dans des projets, de contribuer. Editer demande du temps et ça tombe bien, j’en ai ! »

Guy Birenbaum

Il semble que soit venu le temps
pour celui qui courait après le temps,
de prendre le temps,
de vivre à contre temps…


… et de donner de son temps en remontant le temps pour revenir à ses premières amours : l’enseignement.

Transmettre et enseigner.

Guy est un maître de conférence. Mais s’il a été happé et aspiré dans les moratoires de la sphère média, c’est au sein de l’Université que Guy a commencé à faire dans l’oratoire.

Naturellement plus Socrate que sophiste, Guy est, à l’origine, un spécialiste. De ceux qui font de la recherche, de l’investigation, qui sont sur le terrain comme si la réflexion était l’essence de toute action. Sa démission de la fonction publique au bénéfice de sa mise à disposition au public lui a permis d’en connaitre, d’en rencontrer mais aujourd’hui, maintenant qu’il s’est beaucoup interrogé, il a envie de transmettre.

Enseigner, tirer des leçons du passé et accompagner. Celui qui reconnait avoir trébuché souhaite désormais mettre le pied à l’étrier aux autres. Une histoire de transmission de (bonnes) leçons reçues. Un partage de vus et vécus entre générations. Histoire que nous essayions un minimum d’aller à peu près droit. Autrement dit, faire dans le tutorat.

« Il est plus facile d’être négatif, en faisant ça tu restes entre toi et toi.
Lorsque tu est positif, tu passes dans l’encouragement et il y a de la responsabilité là-dedans.
Cela demande de sortir de soi, de considérer la personne en face de toi et d’accepter de n’être qu’une pierre à l’édifice, un contributeur »

Guy Birenbaum

© Crédit photo : Instagram Alice Antheaume : @alicanth

Mais finalement, être un contributeur n’est-ce pas là ce que Guy Birenbaum a toujours fait ?

En tant que chercheur d’abord, en tant que chroniqueur ensuite et en tant qu’éditeur … son objectif n’a-t-il pas toujours été d’apporter sa pierre à l’édifice ? De faire sa part.

En infiltrant le FN, en dénonçant les pratiques de l’ombre, en démasquant, en accusant, n’y a-t-il pas toujours eu une envie d’être dans la transmission de la vérité, dans l’information, la vraie ?

Informer pour former les initiés et réformer ?

Alors oui la forme a changé … Guy s’est réformé pour mieux se recentrer et dans « vous m’avez manqué », son livre dans lequel il se livre sur cette transformation, il y a comme une invitation à, de nouveau, se rencontrer.

Guy a fait le choix de cultiver son jardin mais aujourd’hui il a à cœur d’en partager les fruits. Son jardin à lui c’est la plage, celle qu’il a mise en page avec l’aide de la Villa Gypsy au travers d’un carnet de notes qui dénote.

© Crédit photo : Guy Birenbaum – Villa Gypsy.
@guibirenbaum@villagypsy.natty

Ce petit bouquin est un condensé de scènes de plage mais, s’il ne part plus notre sac à main, c’est parce que – non content de nous rappeler les clichés de Martin Parr – il laisse, en plus page après page, la possibilité à nos élucubrations de se laisser aller au flot des pensées inspirés par le bruit de la marée immortalisée au rythme des saisons.

Guy a laissé de la place entre ses photos à nos mots nous invitant à la rédaction guidés par la narration du titre qu’il a, avec humour, donné à ses clichés.

Notre photo préférée est à la page 55.
Un résumé de Guy : son chien, son humeur, son sarcasme et un rappel de ce que peuvent être les besoins essentiels.

« Et l’essentiel, c’est la mer, c’est la plage. Parce que c’est la vie »

Merci Guy, Tout est dit.

© Crédit photos : Mélanie Lenormand.

Pour découvrir, au fil de ses balades avec Jedi, ses clichés, vous pouvez retrouver Guy sur son compte instagram :

@guybirenbaum

Et parce que Noël approche et que ce carnet de note sera le cadeau idéal pour votre famille et vos potes, sachez que vous pouvez le commander sur le site de la Villa Gypgy ou au sein de la boutique (en click & collect pour le moment) : 

Villa Gypsy Shop : 
65 Rue des Bains,
14360 Trouville sur Mer
https://www.villagypsy.fr/
Instagram : villa.gypsy

Illustration de l’article : @_Rue.mel 

Suliane Valadie & Etxe Goria : L’Art de recevoir

Suliane Valadie & Etxe Goria : L’Art de recevoir

Suliane Valadié ne peut se résumer. Si elle était un mot ce serait indicible. Ça l’embête parce qu’elle ne le trouve pas beau ce mot. Et pourtant Suliane a ce petit je-ne-sais-quoi qui ne se décrit pas.

Hôte de Etxe Goria, Maison de charme située dans le centre de Biarritz, elle est aussi l’artiste qui se cache derrière SVEG, des céramiques qui attirent l’œil. Le 3ème pour être précise. 

 » La céramique ça se vit, se ressent « 
Suliane Valadié

Suliane aime créer, explorer, se frotter à l’inconnu. Toutefois, n’allez pas croire que vous pourrez commander !

Suliane transmet. Et si elle se plait et s’enthousiasme à vous imaginer, ses objets entre vos mains, chez vous, ailleurs, où que vous soyez … elle ne crée qu’en solitaire. Créer en toute liberté. Transmettre sans se soumettre à aucun souhait.

Chez SVEG vos désirs font désordre et c’est à prendre ou à laisser. 

En parlant Objets et Désordre parlons de sa maison. 

Celle que nous voudrions notre. Et si Forme Libre était une maison …

Etxe Gorria

… sans l’ombre d’une hésitation ce serait celle-là !

 » Chez moi, tout n’est que Chine & histoire d’un passé en forme d’énigmes. « 

Suliane Valadié

Sur le pas de la porte rouge basque, pourrait être écrit cette phrase fantasque que disait toujours mon Grand-père-Papito « Faites comme chez vous mais n’oubliez pas que vous êtes chez moi ».

Accueillir sans se faire envahir ; ce doit être ça le secret lorsque l’on partage sa maison avec des plus-ou-moins inconnus. Une histoire de clefs passées de la main à la main dans le respect de la liberté de chacun. Une intimité entrouverte sans mise à nu… car si ouvrir sa porte et son univers à des gens de passage « souvent-très-sympas » requiert une bonne dose de générosité ; cela exige également de maîtriser l’art de faire passer un certain nombre de messages, codés ou pas, pour ne pas tomber dans l’abandon de soi.

Les codes très peu pour Suliane, ici pas de règles et précisément

« Tu prends tes clefs et tu fais ta vie »

Tout un art – de recevoir – je vous dis. 

 

Et, ici, l’art est partout et nous raconte des histoires.

Ici, tout n’est que goût. Pas de recette ou d’anticipation, le maître mot en matière de déco est improvisation.

« Je chine et ensuite chaque objet trouve sa place. Mais, avec le temps, cette place dans l’ordre des choses change et évolue. Un peu comme pour nous, rien n’est révolu »

Suliane Valadié

Rien ne se perd et tout se transforme en somme.

A l’image des 1001 vies de la maîtresse-home-made :
Un temps artiste peintre en décor, cette attachée de et à la culture diplômée en Histoire de l’Art de la Sorbonne a œuvré à rénover des cathédrales, avant d’aider les gens à trouver la leur ( i.e : elle a travaillé dans l’immobilier ) pour finalement ouvrir la sienne en fondant Etxe Goria, un refuge en exil, une terre d’accueil.

Rien ne se perd et tout se transforme en prenant forme

Mais l’œil aguerri ne s’y trompera pas. Sous l’apparente nonchalance bohème du lieu rien n’est laissé au hasard pour le plus grand plaisir des sens (et des yeux). 

Toutefois, nous ne pouvons tout vous décrire, il est des choses qui ne peuvent que se découvrir… Le plaisir de l’expérience.

Nous vous dirons seulement que Etxe Gorria nous fait l’effet d’une caverne d’Ali Baba. Au-delà de l’incarnation de ce que peuvent représenter les vacances, elle éveille en nous quelque chose qui relève de l’enfance. Ce plaisir fou de jouer, d’ouvrir grands les yeux et d’explorer en toute naïveté.

La curiosité n’a pas d’âge et chaque passage dans cette maison pleine de secrets est l’occasion de chercher et déceler les indices et messages cachés … ça et là … dans le titre d’un livre faussement abandonné au dessus d’une pile dans l’escalier, dans la référence artistique d’une carte postale ou encore dans les formes courbées sans courbette d’un casse noisette.

 

En matière de décoration, faire le choix de l’accumulation est un jeu délicat qui demande une sacré sensibilité, un sens de l’équilibre et du juste milieu. Qu’à cela ne tienne Suliane aime vivre dangereusement, bat la mesure en véritable cheffe d’orchestre de talent et s’impose en maître du jeu hissant très haut le niveau de l’esthétisme dans l’éclectisme.

La mesure est juste pour tout en tout dans cette vieille maison bourgeoise qui donne envie de se peloter à la basque blotti sous la varangue en parlant d’amour, de pastèque, de Niki de Saint Phalle et du douanier Rousseau avec celle qui, si elle devait être une citation serait « Une femme libre est tout le contraire d’une femme légère ». 

En résumé, Suliane apporte un œil sur les choses

et ouvre ses portes

avec attention, élégance et mesure en tout point

de ponctuation.

Avec toutes ces images, nous vous avons surement donné envie de confinement à la basque … Comme on vous comprend …

Ce qui nous ravie le coeur c’est de savoir que Suliane prend le temps du confinement pour tourner … nous scrutons donc le compte instagram de SVEG avec impatience de découvrir le résultat de cette période créative …

Si le salon de la maison donne une triste (des)illusion de vide, il n’en est rien pour notre hôte artiste qui transforme tout avec goût.

De l’art du vide fertile

 

MUXU Suliane , Nous t’aimons beaucoup !

@etxegorria.biarritz                                                                                                @s.v.e.g.ceramiks 

Raphaële ou la Formule Complète.

Raphaële ou la Formule Complète.

 » C’est qui cette nana qui est partout et qui n’est ni cheffe ni journaliste ? « 

Nous aurions pu vous raconter l’histoire de En rang d’oignons* ; vous dire que Raphaële n’est pas tombée dans la marmite étant petite mais qu’elle couve son feu sacré depuis longtemps, qu’elle a fait l’ESSCA où elle était active au sein de la vie associative et même qu’elle y écrivait déjà dans le journal …
Nous aurions pu vous raconter son stage de 3ème dans les cuisines de Caïus, la progression de ses réflexions sur ce qui l’anime dans ces microcosmes (les cuisines justement) … chronologiquement, année après année, lentement … histoire que vous perceviez, paragraphe après paragraphe que, non, Raphaële n’est pas née avec une petite cuillère de la Tour d’argent dans la bouche, que sa progression, bien que fulgurante, fut longue, peu tranquille, pavée d’effluves (bonnes et mauvaises) et que tout ce que récolte Raphaële aujourd’hui est le produit d’efforts, d’un travail acharné ; le fruit de tout ce qu’elle a semé et aimé comme une passionnée.

Nous aurions pu faire cela.

Mais voilà.

Raphaële dit qu’elle a simplement de la chance. Celle d’être née dans la bonne famille, avec les bons parents, d’avoir fait les bonnes rencontres au bon moment. A ce propos, son père voulait qu’elle soit ostéopathe et sa mère écrivaine ou cheffe d’orchestre.

Nous aurions donc pu aussi dire ça ; et puis, il se serait dit ici et là : ok c’est une chouette nana qui est née sous une bonne étoile et qui a bien bossé. Basta.

 

Mais voilà ( bis repetita pour cette aparté où l’emploi du « je » sera assumé pour assumer ) :
De un, je ne suis pas journaliste et d’autres l’ont fait, le feraient et le feront bien mieux que moi.
De deux, Raph est une Amie … Je pensais donc que ce serait du gâteau d’écrire sur elle. J’ai essayé ( oui oui vraiment ) de le faire de façon neutre, factuelle et objective mais la vérité c’est que je ne peux pas ( ou devrais-je dire je ne sais pas ) écrire autrement qu’en y mettant tout de brut ce que les gens génèrent en moi d’émerveillement. My bad. Ou pas. Et puis ‘Flutte’ hein ; ici la forme est libre, après tout.

Et surtout cette description d’elle ne serait pas fidèle à ce qu’elle est et fait. Ceux qui auront lu son portrait japonais comprendront alors que nous ne puissions, au sein de cette pige, « réduire la sauce » à son strict minimum…
( cf. « Si tu étais un mot… tu serais… )

Autrement dit ce serait un peu court Jeune homme. Nous pourrions dire bien des choses en tomme …

Raphaële est la personne derrière le blog / le compte instagram « En rang d’oignons ». Et si En rang d’oignons est une nana rigolote qui boulotte et nous explique comment bien choisir et cuisiner nos cocottes pour nous régaler entre potes ; Raphaële en réelle conjugue le mot Partage bien au-delà d’une tablée autour d’une planche de fromages :

Elle est de celle qui, pour briller, n’a pas besoin d’éteindre les autres.

 

Son leitmotiv est même à l’exact opposé et c’est suffisamment rare en ce bas monde pour être signalé. Elle est de celle qui donne des L ( paradoxe quand on sait qu’elle n’en a qu’un dans son prénom ) pour voler ( comme dans les poèmes de Michelle ).

Qu’on se le dise, d’une part, elle est cinglée

( sorry mais il fallait bien que ça se sache un jour ).

Mais cinglée, folle, dans le sens de Kerouac :

  » Les seuls gens qui existent sont les déments, ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, la démence d’être sauvés, qui veulent jouir de tout en un seul instant, ceux qui ne savent pas bâiller ni sortir un lieu commun mais qui brûlent brûlent  » Jack Kerouac – Sur la Route

D’autre part, elle est une éternelle rêveuse. Une idéaliste diraient certains. Mais c’est avec cette certaine forme d’idéal en tête qu’elle a avancé d’un diner presque parfait à un titre de blog de l’année, à journaliste, chroniqueuse & auteure écrivaine ( C’est maman Marchal qui doit être contente ).

 » J’avais une intention. Depuis longtemps tu vois. C’était une telle passion pour moi d’observer tout ce qui se passe en cuisine, d’écouter les discussions entre les chefs, avec les fournisseurs, de poser des questions, pour pouvoir raconter après. Enfin… pas seulement raconter mais dire, expliquer ; j’avais à cœur de mettre en valeur le talent mais aussi la sueur, le travail, l’effort … J’avais terriblement envie de parler de ce qui est important, des dessous de l’assiette, de passer de la table à la cuisine, aux champs et à la mer. « 

Raphaële Marchal

Faire briller les autres.

Voilà

ce que Raphaële fait.

 » Tant qu’on ne me vire pas , je continuerai à le faire parce que j’y crois. Je ne parviens pas à mesurer mon enthousiasme, ça m’a joué des tours, parfois. Tout m’emballe et m’anime dès lors que ça parle de ce qui me passionne, donc j’y vais à fond. C’est un peu naïf mais ça a le mérite d’être spontané  » 

Raphaële Marchal

La virer ? Quelle drôle d’idée ! Mais si l’éventualité lui a déjà traversé les pensées c’est que tout n’a pas toujours été facile. Il lui a fallu apprendre à  » faire de la télé  » , à assaisonner les débats et à faire tomber le tablier des plus grands chefs cuisiniers et pâtissiers.

 » Je n’ai pas de carte de journaliste et, va savoir pourquoi, j’ai toujours détesté qu’on me définisse comme blogueuse. Je n’aime pas ce mot. Alors forcément, lorsque je suis arrivée dans le métier j’ai pris des revers, des critiques, on se demandait qui était cette fille avec un culot monstrueux qui invitait les plus grands chefs parisiens, leur posait des questions sur leur pêché mignon et ne s’étonnait pas de voir Lignac répondre positivement à ses invitations. On se demandait de qui j’étais la fille aussi ( ndlr : Gilles Marchal n’est pas son père. Une bonne fois pour toute ! ) ou on demandait à mes parents qui ils connaissaient à la TV pour que je fasse des émissions. Ca n’a pas toujours été facile de faire fi des aprioris, parce qu’évidemment, on part du principe que dans ce métier y’a pas de mérite qui soit, si t’es là c’est que tu connais quelqu’un ou, pire, que t’as couché tu vois ! (…) « 

Raphaële Marchal

Faire fait souvent taire ;
c’est là tout le mérite de l’Action.

 

Plus coup de fourchette que coup de gueule, c’est son talent, sa bonne humeur communicative & sa naturelle chouette fraicheur qui ont attiré la sympathie de tout le gratin d’un univers réputé fermé … jusqu’au coup de food final, la cerise sur la crème de la crème* bien montée.

« Ecrire un livre m’a légitimée. Même si, au départ, lorsqu’on m’a contactée s’agissant d’un livre sur la pâtisserie, je n’ai pas de suite compris qu’on me demandait, à moi ( ! ), de l’écrire ! Du coup, au téléphone, je listais à celle qui sera ma future éditrice mes adresses, mes préférences. Tu vois, même là, c’est encore de la chance. « 

Raphaële Marchal

De la chance ou (un peu) de talent et beaucoup de boulot. Nous ne trancherons pas pour le coup ce qui ressortirait du débat stérile entre notre parrain et nous !

Ce qui est sûr c’est que Raphou ne rentre dans aucune case : bourdonnante, elle touche à tout et fait mouche ! A l’aise partout, il semble qu’il n’y ait aucun environnement dans lequel elle ne parvienne pas à mettre son grain de sel ( à défaut d’être osthéopathe, elle est naturellement pleine de souplesse, c’est papa Marchal qui va être content ) , des élevages aux cultures en passant par la mer …

Ain’t no mountain high enough …

  

Un véritable Laguiole suisse
( hahaha )

 

Certains verront dans cet article une déclaration d’amour.
Ca n’est pas le cas. Ca n’a pas cette vocation là.

Ce que nous voulions dire ici, sur Forme Libre, c’est que Raphaële ne se contente pas de faire sa part pour mettre en avant les gens du monde de la Cuisine. Ce que nous voulions dire c’est que, carte de journaliste ou pas, elle rompt (enfin !) la sacro-sainte manie de l’étiquetage labellisé au profit de l’échange vrai et du partage.

Elle est une optimiste qui a à cœur de transmettre du bonheur , de mettre les choses dans le bon rail pour que ça aille.

En ce sens, en partageant ce que les gens qu’elle rencontre font, elle donne de l’information, certes, mais aussi la direction qu’il nous faut prendre quant à la forme de nos assiettes et de nos modes de consommation.

Toutefois, Forme Libre n’a aucune légitimité à commenter et étayer l’impact et la plus-value de Raphaële pour l’univers de la gastronomie.
parce qu’en vrai nous adorons manger mais sommes littéralement incapables de parler d’un bleu de Termignon comme elle le fait ou de tenir tout un reportage sur le pruneau … ou alors c’est que nous ne sommes pas à jeun ! ).

De ce point de vue on se contentera de vous conseiller de regarder ses reportages sur C8 dans l’émission William à Midi, de lire ses lignes dans les magazines Fou de Pâtisserie, Fou de Cuisine ou le Elle à Table et BIEN-Sûr d’écouter ses podcasts … pour cesser d’être « A côté d’la plaque » dès lors qu’il s’agit de savoir quoi mettre dans votre assiette. 

 » C’est quand même con de préparer un bon diner à vos amis, de vouloir leur faire plaisir et puis, finalement, de leur faire manger un truc qui leur butte la santé. « 

( A ce propos, les tomates en décembre n’existe pas plus que le père Noël ).

 Mais il est une autre direction que Raphaële nous donne. Plus inconsciemment. Cette recette là nous est délivrée simplement comme bonjour* en la regardant œuvrer à la baguette et assembler les ingrédients jour après jour: Elle donne le La et l’exemple ( comme une cheffe d’orchestre… maman Marchal, encore contente ! )

Son premier livre (celui dont elle dit qu’il l’a légitimée) s’appelle  » A la folie «  et, nous ne pouvons pas croire chez Forme Libre que ce soit un hasard. Ce livre, comme un accomplissement, est la preuve que lorsqu’on est un peu fou, passionné et déterminé, on peut y arriver. Autrement dit, arriver là où on ne se sent plus A côté d’la plaque mais bel et bien à sa place.

Je la vois d’ici, Raphaële lire ces lignes et dire  » mais puisque je te dis que tout ça je ne l’ai pas réfléchi, je l’ai juste fait  » et ne pas forcément comprendre en quoi le chemin que ce petit chat beauté a parcouru est une source d’inspiration pour les gens et notamment toute une génération.

Mais, malgré cela … même si elle dira que c’est trop … que je me suis laissée aller aux élucubrations influencée par l’amitié et l’admiration, je me sens tout à fait alignée avec le message que Forme Libre cherche à véhiculer :

Dans un monde où les portes semblent souvent fermées, montrer la voie, démontrer la méthode
&
ouvrir les fenêtres sur le champs des possibles
est rare, précieux, généreux

i m p o r t a n t.

Celle qui est fascinée par les énigmes comprendra donc qu’elle nous délivre les clefs du pouvoir de la volonté en rappelant que le positif amène le positif et qu’il faut, parfois, simplement oser pour se sentir vivant.

Raphaële, tu es un parrain de qualité. Continue de Vol(er) au vent Michel et on te souhaite que tous tes projets continuent d’être étoilés !

Quant à vous, Chers Lectrices & Lecteurs, nous vous souhaitons d’avoir des rêves plein la tête et l’envie d’en réaliser quelques uns.
Comme des inconnus, on vous dira que  » c’est votre destin  » & en afficionadas de la Cave à Michel on vous dira que  » Les enfants ont des ailes , pour voler voler voler ! « 

Suivez les aventures et les 10000 projets de Raphaële sur Instagram : @enrangdoignons ;

Retrouvez-là sur C8 dans l’émission de William à Midi et dans les Web Séries : La crème de la crème & Super Bon ;

Lisez-là au sein de Fou de Pâtisserie, Fou de cuisine, Elle à Table, Le Fooding pour ne citer que ceux-là… ;

Ecoutez là sur les Podcast  » A coté d’la Plaque «  ;

Et bien-sûr offrez-vous ces livres, avec le couvre-feu, il est de bon ton de jouer les marmitons : A la folie ;  Simple comme Bon(jour) ; Passion Pique-Nique.

Elle est partout Raphou … et elle rend la vie jolie !