Notre putain d’affaire à tou-tes-s !

Notre putain d’affaire à tou-tes-s !

Elle est plutôt jolie. Elle a les cheveux mi-longs, bouclés, blonds coupés à la lionne, elle porte des lunettes et a un sacré port de tête.

Qui est-ce ?

Elle s’appelle Nathalie.

On dit d’elle qu’elle est gentille, généreuse, toujours prête à aider la communauté, maline. Faut dire qu’elle travaille au service social de la ville, à celui de la culture aussi.

Elle a bien réussi.

D’ailleurs, elle sourit, elle rit des blagues de son mari. Ensemble, ils ont deux enfants qui se marrent tout le temps, ils partent au ski l’hiver et l’été … bah ils habitent déjà près de la mer. Ils sont tous blonds. La photo est parfaite.

Parfaite.

Bon, le mari en question fait quand même des blagues un peu limites parfois, il est colérique et s’emporte facilement, sur un terrain il peut être facilement violent mais il est tellement sympa ! Et puis Nathalie est là pour le calmer. Elle y arrive à chaque fois.

Il est dur avec son ainée quand même. C’est pas donné à tout le monde d’être pédagogue, vous me direz. C’est bien pour ça qu’il y a des profs, des entraineurs et des formateurs. Et puis il a douillé dans son enfance, c’est un écorché, du coup il fait ce qu’il peut. C’est sa manière à lui de s’en occuper.

C’est pas rare qu’il gueule le soir quand même mais bon ils sont bons copains avec les voisins.

Mais tout de même Nathalie change régulièrement de lunettes. La coquette.

Elle chute souvent dans l’escalier, se brule, se cogne. La maladroite.
Elle est quand même sacrément embêtée par sa vue mais c’est depuis gamine qu’elle est myope et astigmate …

J’avais 6 ans.

J’avais 6 ans et j’entendais que mon père était peu patient mais doué de ses mains, bon bricoleur et bon farceur ; pas commode mais brut de décoffrage et qu’il fallait juste que je sois sage. J’étais pas chiante, je me contentais de faire ce qu’il voulait : courir au stade en tenant les temps imposés, apprendre à skier en 1h et demi et quand je n’y arrivais pas … maman me rassurait. Maman Nath.

Enfin Nath fallait pas trop la chauffer quand même. Au premier planté de bâton, j’ai fini à l’école de ski et … au premier lancé de nain (je parle de mon frère), elle s’est barrée.

Nathalie elle pouvait encaisser, serrer les dents et sourire, scotcher ses lunettes et la communauté à ne rien dire mais fallait pas toucher à sa couvée. Coupe à la lionne et mental de louve.

Nathalie est partie. Enfin non, elle a foutu dehors son connard de mari.

Quand même, elle ne lui a donné aucune 2ème chance, elle est dure ! Elle a surement rencontré quelqu’un ! La garce ! On l’a croisé en plus , Il a l’air si triste ! Puis il parait que les gamins ne veulent plus le voir. Le pauvre.

Le pauvre !

Pauvre boxeur privé de punching ball. Pauvre petit dictateur privé de souffre douleurs.
Pauvre mari et père pervers qui n’a plus rien à traumatiser, humilier, terroriser.

Mais quand même, franchement, vous y croyez vous qu’il la battait ? En même temps, si elle a été assez conne pour accepter la première gifle, faut pas s’étonner qu’il recommence.

La conne.

Souvenirs d’enfance. Nous sommes 26 ans plus tard et si le cauchemar de ma mère appartient au passé parce qu’elle a eu le courage de s’en aller, en ce samedi 15 janvier, sept femmes sont déjà décédées sous les coups de leur mari parce que NOUS n’avons pas sur les protéger.

Ce n’est pas notre affaire, vous me direz ?

Ouai les voisins de ma mère disaient ça aussi, tout comme la tenancière du café du village (elle se tapait mon père en même temps, alors elle, elle savait qu’il était doux, le volage), les collègues, les amis … toutes celles et ceux qui ne prennent pas parti et qui préféraient détourner le regard plutôt que de voir la vérité en face : ce n’est pas une expression d’amour passionnel d’avoir un cocard sur la face !

Non, C’est notre putain d’affaire à tou-te-s !

« La lutte contre les violences faites aux femmes (et aux enfants) ne se limite pas au bureau moche du flic qui prend la plainte (si tant est qu’il la prenne), c’est un chantier dont nous sommes tous les petites mains. » a écrit Laura (A lire : « la conne » sur MAAG). Et c’est ça : C’est souvent sur la place publique que tout se joue, au sein de la communauté qu’une personne victime de violence va se sentir à l’aise ou non de parler. C’est à nous d’écouter.
Parce que La clef est là : être à l’écoute même quand la personne se tait.
Et la croire.
Même quand c’est surprenant, choquant, bouleversant, impensable, incroyable… Incroyable justement. Parce que de toute façon, rationnellement, raisonnablement c’est impensable, incroyable et tout ce qu’on veut de frapper sa femme et de la couvrir de bleus ! Et que si un jour vous vous êtes dit « oh finalement ça ne m’étonne pas tant que ça qu’il uppercute sa femme lui » c’est déjà que vous êtes dans la catégorie des faux aveugles, des sourds occasionnels, des immobiles. De ceux qui savent mais qui se taisent.

Nous, ici, on a décidé de faire du bruit.
Nous, ici, on te croit.

On s’appelle Nathalie, Mélanie, Laura et aujourd’hui nous voulions toutes les trois (te) rappeler ça : Tu n’es pas conne. Pas faible, pas idiote, pas condamnée. Pas seule. Non, tu n’es pas seule.

Forme Libre est, depuis décembre, une association engagée, une zone franche d’expressions libres. Tu peux tout nous dire, tout nous confier, parler et, c’est promis, on va t’aider. Que tu sois ici ou là …

Tu n’es pas seule.

Il y a aussi Mel, Marie, Charlotte, Ondine, toutes ces formes libres qui seront prêtes à t’écouter, à te croire, à t’accompagner.

Ici on ne ferme pas les yeux, on s’organise, on fait ce qu’on peut parce que trop c’est trop et qu’il est grand temps que ça bouge.

Et on va bouger.

Ma mère n’était pas conne.
Ma mère était fière. Pas le genre à se plaindre sur la place publique.
Chez nous on est pudiques.
Et pourtant ce matin quand, indignée, j’ai partagé la publication de « Noustoutes » elle a répondu :

« Je n’aime pas ressasser le passé, je ne suis pas un exemple, je pars du principe qu’on peut s’engager sans expliquer pourquoi on le fait mais quand le passé devient le présent, quand finalement, des années après je vois que rien n’a changé, évolué, je bous de l’intérieur en tant que femme et en tant que maman j’ai mal au cœur. Ma puce, je sais que ça te démange depuis un moment, vas-y écris, fais du bruit, raconte, dis à ces femmes qu’on est là, qu’on va bien, qu’il y a une vie après, que tout peut aller bien. Si elles partent. Parce que si elles restent, alors ça n’ira pas. Ca finira mal. Dis leur ».

Nathalie

Maman je suis fière de toi.
Merci d’avoir sauvé ta vie parce que depuis bordel ce que la vie est belle !

EN CAS D’URGENCE

Appelez la police au 17
Si vous ne pouvez pas parler, envoyez un SMS au 114
Vous pouvez discuter avec la police de manière anonyme, 24h sur 24h sur https://www.service-public.fr/cmi

Il existe deux numéros dédiés pour les femmes victimes :

Le 3919, du lundi au dimanche, 9h-19h
Viols Femmes Informations 0 800 05 95 95, du lundi au vendredi, 10h-19h
Allez suivre noustoutes.org

Taboues, plus rares, les violences conjugales subies par les hommes existent aussi. Et sa proportion, bien que très inférieure à celle des violences faites aux femmes, est loin d’être dérisoire. Soyons aussi vigilants pour eux.

A poil !

A poil !

Je vais commencer cet article par m’excuser auprès de mes amies qui vont, par excès de sensiblerie, pleurer en lisant ce qui suit. Sauf toi Audrey*, toi tu vas sourire parce que ces lignes là, ça fait un moment que tu les attends.
La vérité c’est que ce n’est pas un article… ce que je vous partage ici c’est le début du roman… le filaire, celui qui sera dans le mag, c’est le début de l’Aventure.

Genêse

Je me suis faite tatouer liberté sur l’avant bras, ma plus grande peur c’est une cage, je suis claustro, sauf sous l’eau, j’aime pas les ascenseurs parce que j’ai peur de rester bloquée, du coup je prends toujours les escaliers, je dors la fenêtre ouverte, je ne compte que sur moi et je préfère me scalper la main plutôt que de demander de l’aide pour changer la cuvette rouillée de mes toilettes. J’ai reçu une visseuse Black & decker à Noël et je remets d’équerre tout mâle alpha qui prétend fièrement « c’est pas à une femme de faire ça« . Quand mes copines dorment avec le pull de leur mec parce qu’il n’est pas là, je trouve ça ridicule même si je ne leur dis pas (ça vaaaaa les filles, vous êtes intelligentes. Parfois. Haha), je jette hyper facilement, je rejette, je change de déco tous les quatre matins et dès lors que l’on cherche à tenir ma main ; je fuis, loin.

J’esquive, je tourne à la dérision
Les sentiments, l’affection, l’attachement.

Je fuis.

Parce que s’attacher c’est s’emprisonner, c’est renoncer, c’est (s’)oublier et que le monde est trop grand, trop vaste, qu’il y a trop de choses à découvrir, trop de gens, aussi.
J’ai pas dans les gênes le don de moi-même, sitôt que l’on m’aime, sitôt l’on me gêne, m’encombre. Je ne fais pas de place, je prétends que je n’ai pas la case, pas l’espace. Que je n’ai pas le temps, que c’est pas le moment.
Et puis t’façon tout le monde finit toujours par partir. Alors à quoi bon ? Finalement.

Je fuis.

Je sers les dents, je monte la garde. J’observe avec affection l’amour autour de moi et par attention je protège, je console, j’écoute, je pète des genoux aussi parfois (avisez-vous de faire du mal à un ami/une amie et je vous jure que je vous transforme en nourriture pour cochons de bigorre) et je préfère me faire péter la mâchoire plutôt que d’avouer que si je me déplace en nuage, que si le sol n’est pas palpable c’est parce que … haha vous y avez vraiment cru ?! Manquerait plus que je sois vulnérable !

Bref comme la dame aux pigeons de central park j’ai rangé mon cœur dans une boite à patins à glace par peur de l’abimer.

– Et puis … quelque chose à changer.

Je ne saurais pas l’expliquer, je crois que ça se résume en une chose : j’ai accepté.

J’ai accepté que j’étais faite de pots cassés et j’ai observé que j’avais recollé les morceaux.
J’ai accepté que j’avais des failles et j’ai observé qu’elles permettaient de faire passer la lumière.
J’ai accepté que j’étais bancale et j’ai observé qu’un pas (à courir) après l’Autre je trouvais mon équilibre et que …
aimer c’est tomber, c’est se casser la gueule, glisser, être envoyé dans les cordes, rougir, trembler, frémir, vaciller. C’est sortir du bois, de ses gonds parfois, c’est être hors de soi, du temps, de tout, des gens et n’écouter que cette petite voix en nous qui nous dit d’essayer.

J’ai essayé

 

L’Ami : Et alors ? Heureuse ?

Moi : L’amour rend-il heureux ? L’amour ? Mais quel amour ? L’amour des autres ? L’amour de soi ? Et puis quel bonheur ?
Vivre d’amour et d’eau fraiche ? Et puis c’est quoi être amoureux ? Roland Barthes disait que l’on pouvait mesurer son amour à son attente. Je serais amoureux-se… Puisque j’attends. L’autre, lui, le corsaire l’aventurier, l’alpiniste, n’attend jamais. Il escalade le Kilimandjaro, il sillonne les mers du Sud. C’est insupportable.
Alors, parfois, quand on s’attache, on s’essaie à l’impudence. On s’occupe ailleurs ou – mieux ! – la bonne idée : Je vais arriver en retard ! Ça lui fera les pieds à mon con de navigateur des cinquantièmes hurlants! Mais hélas… À ce jeu, on perd toujours. On ne va jamais bien plus loin que le périph. Quoi qu’on fasse, on se retrouve désœuvré, exact, précis comme un vulgaire réveil matin. Comme un con d’avoir testé le lien.
Et même, parfois pire, on arrive en avance ! En avance ! On se sent conne, encore, sous dépendance alors on coffre sous silence son ridicule, sa faiblesse. Et c’est là que « je-te-le-dirai-pas-tralala » blesse.
Mais quand on comprend qu’on est aimé en retour, qu’il y a réciprocité dans l’attachement, alors devant le débarcadère, on se met à accepter cette attente aux profondeurs insondables, aux silences insupportables, on accepte le vertige de perdre pied dans les eaux du port. Et on reste.

L’Ami : Donc tu te barres en courant ou pas cette fois ?

Discussions de comptoir

J’ai accepté.

J’ai accepté d’avoir des M&M’s dans mes placards, d’avoir l’appétit coupé, de faire des insomnies, de laisser la porte ouverte, de ne pas m’acharner sur la cuvette des toilettes, j’ai même pris un ascenseur, qui sentait bon, j’ai posé ma tête et ai cessé de réfléchir, j’ai arrêté de me battre et de débattre, d’argumenter et je me suis laissée portée en disant juste oui.

Et je ne regrette rien.
Ressentir c’est être en vie… Même si ça va vite, étourdit ; Même si on doit être à nu, vulnérable, prêt-e à prendre toutes les balles.
Je ne regrette rien, même si je les ai prises. Et que cette nuit ça fait pas du bien. 

Parce que j’ai appris.

J’ai appris que l’amour peut arriver par surprise ou mourir en une nuit.
Que de grands amis peuvent devenir de parfaits inconnus et, qu’au contraire, un inconnu peut devenir un ami pour la vie. Que le « jamais plus » n’arrive jamais et que le « pour toujours » a une fin. Que celui qui veut, peut et y arrive. Que celui qui prend des risques ne perd jamais rien et que celui qui ne risque rien, ne gagne rien. Que si on veut voir quelqu’un, il faut aller le chercher, car après, c’est trop tard. Qu’avoir mal est inévitable, mais souffrir est en option. Et surtout j’ai appris que nier les choses les plus évidentes ne sert absolument à rien.

J’ai appris que le plus grand des courages en fait c’était de rester.

Parce que la vérité c’est qu’il y a une quantité infinie de gouttes qui ne font pas déborder le vase.

Et que ca vaut le coup d’essayer, de tenter, de re-essayer, d’attendre, de se battre, de courir après, de foutre sa fierté et son orgueil de coté -T’facon on a toujours un peu de ventre et d’égo à perdre – et puis, il n’y a que les capitaines de pédalo pour quitter le bateau pendant la tempête.

Que ça réclame de faire le dos rond, de demander pardon, d’expliquer, de communiquer, d’adresser les discussions qu’on n’aime pas, de s’affirmer, de dire ce que l’on désire et ce qu’on n’accepte pas : Faire des compromis sans se compromettre.
D’assumer qu’on a (eu) peur, qu’on a fait le con. Encore. Mais qu’on est là. Présent. Maladroit, Malhabile mais là. Sincèrement là.

Une relation c’est du boulot ;
Mais avec un peu de chance l’Aventure continue … Et c’est ça qui est beau.

Et puis au pire des cas, que la messe soit dite ou pas … les copains copines sont là … pour que vive la suite ;
l’histoire, le prochain chapitre, … 

Meilleurs Vœux

Meilleurs Vœux

« Bonne Année » « Et la santé surtout »

On s’est embrassé (ne nous jugez pas) souhaité le meilleur & comme chaque année 2022 est arrivé en 10 secondes.
Juste après ce fameux décompte hurlé, crié dans l’ivresse et la liesse. Les nouveaux départs ont ce truc d’excitant des commencements…

A moins que ça ne soit le champagne ! … 

« Ce qu’il y a de mieux dans ce monde, de plus beau, de plus excitant, ce sont les commencements. L’enfance et les matins ont la splendeur des choses neuves. L’existence est souvent terne. Naître est toujours un bonheur. » 

Jean d'Ormesson

J’aime à tous nous imaginer le 1er janvier comme des phénix en hôtes des douze prochains mois, qui renaissent de leur cendre et lisent l’avenir dans le marc de doliprane et qui, pour montrer leur grande foi, ouvre leur large bec et se font des promesses avec un oua oua grand comme ça !

Balle neuve.

Pour moi les années commencent en septembre. Après l’été. Je l’ai déjà dit ici. Il n’y a que les comptables pour calculer les années de janvier à décembre. Mais du coup, ces dictateurs du bilan semblent tous nous pousser, sans que nous nous en rendions compte, à le faire ; le décompte.

« T’façon 2021 c’est l’année où on est tous devenus pauvres » Meilleure vanne du 31. Prononcée au moment de la note qui affichait 4 bouteilles de Ruinart. CQFD.

Mais allez faisons l’analyse en un tableau croisé dynamique de l’actif/passif histoire de savoir avec quoi et d’où on part. Le fameux pivot table des parisiens adeptes du franglish, Pivoter, se retourner, coup d’œil dans le rétroviseur (Benoit Benoit retourne-toi retourne-toi !).

Faisons le bilan, calmement, remémorons nous chaque instant… De mon côté, je réalise que 2021 a donné le La, le l’A, comme la première lettre de l’alphabet elle a été celle par laquelle la grande Aventure a commencé : 
Janvier : l’arrivée, Février : l’adaptation, Mars : l’agence, avril : l’authenticité, Mai : l’ancrage, Juin : l’appétence, Juillet-Août : l’apéro, Septembre : L’addition (cf l’expression libre la cuenta por favor), Octobre : l’accélération, Novembre : l’action, Décembre : l’alignement.

Le tout sous le signe de l’Amour & l’Amitié. Toujours.

Je repasse mon album photos, je compte les jours, les calories, les nuits blanches, les économies, les paires d’espadrilles, les verres, les voyages que je ne fais pas, les kilos et les guerres que je prends, que je perds. Je compte les petits pas, les grandes avancées, les échecs et les revers, les demis tours et les entrechats, les kilomètres courus, les longueurs nagées, les chutes de planche et les jokers dans ma manche. Et puis… je souris. Parce que justement 2021 est l’année où j’ai cessé de compter pour vivre et ressentir. Celle où j’ai troqué ma montre et ma balance pour vivre selon la météo sous un régime appelé « le déséquilibre contrôlé » et je respire.

Bordel 2021 t’as été une sacré année ! Tu portes le nom de Biarritz et de tout-es celles & ceux que j’ai croisé-es ici.
Je te/ leur dis Merci.

Bordel, ce que la vie est belle.

Voila, je ne dirai que ça parce qu’on ne peut pas mettre un an sur table comme on étale ses lettres au scrabble.

Mais là présentement après m’être tordue les côtes de rire avec les souvenirs, sur la côte des basques, j’ai devant moi l’horizon et face à cette ligne infinie, tout semble possible. 2022 où la promesse d’un grand ciel bleu.

Si dans mon calendrier singulier où les mois reçoivent le nom d’une vertu philosophique ; car les qualités de l’âme aussi ont leur période, leur histoire, leur météorologie et leur almanach ; Septembre s’appelle « L’OPTIMISME », Janvier s’appellera « L’AUDACE »

Celle d’essayer, encore, de réaliser, de concrétiser mes rêves avec l’énergie de la passion et de l’envie.
3 2 1 partez … position aérodynamique.
Rien derrière et tout devant, comme toujours sur la route.

Cette année j’ai décidé de dire OUI.
Comprendra qui pourra & voudra.

Et en attendant je vous souhaite d’être heureux. Heureux, un point c’est tout. Je vous souhaite simplement d’être bien et pour cela je vous souhaite d’être entourés d’amis comme les miens.
Je vous souhaite les sourires de Marie, l’humour d’Arnaud, la vérité de Gabrielle & Clarisse, le naturel de Simon, la détermination de Mel, l’authenticité de Audrey, la bienveillance de Thibaud, la clairvoyance de Delph, la douceur de Loriane & Jen, la force de Charles, la polyvalence de Mathieu, le courage de Julien & la sincérité des liens que j’entretiens avec chacune et chacun … cette liste n’est pas exhaustive … je n’en oublie aucun. Surtout pas ma famille, ma mère, mon frère, mon beau-père.

Vous êtes au creux de mon coeur et vous êtes le bonheur.

Je vous souhaite le meilleur à vous : ceux qui êtes à ma table ; et à vous qui me lisez.

A Demain.

Farcir la dinde !

Farcir la dinde !

« Et bah alors Françoise on en est où de ce magazine ? Ça avance les projets un peu ? Parce que bon, c’est joli les livres mais ça rapporte pas un clou hein ! « 
« Je pensais pas que tu connaissais Sagan » « Sa quoi ? Ah non je parlais de Françoise Dolto ! La mère de Carlos ! Tu sais le chanteur de Big Bisous à chemise Hawaïenne ; d’ailleurs ça doit être la mode par chez toi ce genre de chemise ! Ça doit en envoyer des big bisous et se farter le …. « 

Non Tonton tu ne finis pas cette phrase !
Non. Définitivement.

Nous sommes le vendredi 24 décembre, mon calendrier de l’Avent a accouché d’un ENORME Kinder Surprise, le 4ème pour être exacte, ce qui annonce le réveillon et … l’indigestion qui va avec.

Si cette année, je me suis dispensée des repas de famille où l’on cherche à m’expliquer que Strauss Kahn est brillant et aurait fait un super Président, « I feel for you » comme on dit et ce matin après m’être réveillée en me dandinant telle Cameron Diaz sur « Heaven must be missing an angel » je me suis demandée comment je pourrai vous aider à farcer votre dinde et supporter les petits fours (et les remarques) trop salés de Tata Gilou.

Alors, petit 1, gavez-vous de magnésium c’est bon pour le moral et ça aide à rester d’humeur constante. Traduction : cela vous évitera de répondre un  » et ta rééducation du périnée ça se passe comment ?  » lorsque votre cousine vous demandera si l’amour d’un enfant ne vous manque pas passé 30 ans et toujours célibataire. Oui en général ils disent « toujours célibataire » comme si vous l’étiez depuis la nuit des temps et que tic tac tic tac l’horloge biologique était en passe de finir dans le fond d’une impasse. Je compatis. Je vous promets. Mais vraiment, mettre de l’huile sur le feu est inutile. Elle ne fait pas exprès d’être passive agressive la cousine, elle pense sincèrement, s’intéresser à vous ce faisant.

Du coup je me suis dit que dresser une liste de sujets de discussions un peu neutres et pas conflictuels vous aiderait à passer au moins le réveillon avec vos congénères et leurs progénitures.

ET ZE PARTIIIIII

Evidemment, on évite les discussions sur le COVID et les pronostics sur les mesures à venir, les débats « reconfinement pas reconfinement ? ». Point. (Clairement vous ce soir qui allez passer le réveillon avec moi, vous commencez votre phrase par un « tu crois qu’après Noel et blablabla » je vous étouffe avec mes petits fours à la rillette de fruits de mer maison. Vous êtes prévenus. Si non je considèrerai que vous ne lisez pas mes textes et clairement on va s’engueuler avant même la première partie de Time’s up)
On évite aussi tout sujet politique : Le mot Zemmour me fait le même effet en bouche qu’une buche génoise roulée trop sèche (rapport au manque de chocolat noir dans la recette – mauvaise vanne ? J’avoue.) et savoir si Taubira Taubira pas … bah on le saura bien assez tôt et c’est pas le petit bonhomme en rouge qui nous le dira.
On évite aussi tout sujet catégorisant : le féminisme, l’homosexualité, l’écologie, le véganisme (Sérieusement frère arrête d’attaquer ta première tranche de foi gras chaque année avec cette même blague « à la santé des vegan » c’est lourd) et pour les basques on évite aussi toute discussion autour du logement et des airbnb.

On parle de quoi alors ?

Alors pas exemple parlez sport ! En général, ça peut créer une discussion assez animée mais même si vous n’aurez pas forcément le même maillot vous aurez la même passion et puis un bon plaquage en règle pour clôturer un débat ca met un peu d’animation et ça reste « bon enfant » comme on dit communément.

« Mel c’est un coup à glisser sur le scandale Yannick Agnel » « Mais commence pas toi aussiiiiiiii! Suffit de pas parler natation » « un footballeur vient d’être accusé de viol » « hmmm … ok on supprime le sport des sujets ? » « bah euhhh … je sais pas mais si tonton balance un « faut séparer le violeur de l’artiste » simplement parce que le mec sait faire 140 jongles c’est un coup à dévisser » … True. Autre sujet.

Parlons art : photo, ciné, bouquin… mais ici attention soyez TRES attentif, commencez par un « Avez-vous lu le dernier de Sophie Fontanel ‘Capitale de la douceur’  » histoire de camper le décor de la bienveillance dans la romance et de rester sur des merveilles de bonbon à partager encore et encore. Niveau photo, vous pouvez parler de Thomas Lodin, Clément Brelet, Claudia Lederer, de ces gens de talents qui font l’unanimité. Puis vous passerez pour quelqu’un de cultiver. Ca impressionnera votre cousin dans la finance de marché qui y verra surement un placement sur niche fiscal à faire mais comme ces trois artistes sont des copains ça fera leur affaire aussi et tout le monde est content à la fin.

Ne parlez pas carrière hein d’ailleurs ! C’est un coup à vous prendre le burn-out de votre tante en pleine face, les envies de reconversion en fermier fromager de votre petit cousin (le sujet est sympa mais vous finirez par être un briseur de rêve en lui disant que ce projet n’est pas viable) et la lutte anti-capitaliste de votre nièce (vous pouvez être fier-e d’elle mais quand elle dira qu’il faut tirer une balle dans la tête des extrémistes de la marge brut vous finirez là encore par lui répondre que c’est une autre forme d’extrémisme et … bref vous avez compris). Ne parlez pas argent non plus. Surtout pas. La radinerie est aussi agaçante que la mesquinerie et le champ lexical pourrait rapidement tourner vers « prolétaire » « fonctionnaire » ou alors on vous dressera la liste des prix des cadeaux et des produits sur la table histoire de vous faire comprendre que vous êtes BIIIIIIEEENNNN reçus et … pffffff voilà ça m’a déjà soulée « Franchement tu sais quoi des pates au beurre et un collier de nouille ça me fait mon Noël si ça peut m’éviter d’entendre à quel point tu es généreux » ; et merde. Voila. Pardon chef, j’ai glissé.

Ma petite sœur cœur de beurre Marie me dit « Faut parler d’amour à Noël » … ha ha ha … OU PAS. Je t’aime toi mais vraiment trop pas.

Même parler d’amitié c’est tendu parce que vous n’êtes pas à l’abri de blesser (oui parce que vous pouvez être maladroit vous aussi) une personne autour de la table qui se sent peut-être très seule.

« Et bah dis leur de parler de cul » Merci Simon !!! En voilà une bonne idée ! Parlez cru, faites vous un diner (ré)jouissance club et finissez en queuleuleu des familles « c’est la chenille qui redémaaaaaaarre » – d’ailleurs, je crois que je vais écrire un article sur le sujet. Allez tiens un article SEX ça vous chauffe ?

Ah mais je n’ai pas encore parler de musique ! C’est toujours cool de parler de musique et puis ça permet de lancer un petit blind test un peu sympa qui fait marrer la galerie ! (Ju, s’il te prend l’envie de me dire « si c’est pour que tu parles de ta musique de cabinet d’osthéo …  » sache que c’est du Chopin que j’écoute le soir !)

Et pour boucler ce blind test, n’hésitez pas à vous envoyer un bon « c’est la fête » de Disney et puis, en bon français, tapez-vous la galantine en parlant gastronomie et terroir ! Ca mange pas de pain et ça fait du bien et puis surtout … REGALEZ-VOUS !

REGALEZ-VOUS & AIMEZ-VOUS & CALINEZ-VOUS !
De la tendresse bordel.
Nous on avons cruellement besoin.

Et puis à chaque instant ce soir, si vous vous sentez seul, insuffisant, mal dans vos pompes, pas aligné ou pas à votre place, si vous vous sentez triste, si quelqu’un vous manque, si la peine est rude ce soir plus encore que d’habitude … n’hésitez pas à nous écrire ici sur Forme Libre, on se fera un plaisir de vous envoyer deux trois blagues pour vous redonner le sourire ou de vous acceuillir si vous êtes dans les parages. Vous n’êtes pas seul. Promis. On pense à vous. Moi en tout cas, je pense à vous tous le cœur gros.

Et souvenez-vous :

Votre petit quelque chose est dans ce petit je ne sais quoi de bienveillance, d’écoute, de façon de voir les choses, les gens, la vie, elle est dans votre capacité à vous relever, à avancer, à tenir debout. Votre particularité c’est votre ordinaire originalité, votre grain de folie, votre positivité, votre joie de vivre, votre caractère. Vos maladresses aussi, vos valeurs et votre grand cœur. Elle est dans votre ambition, vos passions dans tout ce qui vous définit et fait votre authenticité. Elle est dans votre sourire. A vous.

Vous êtes assez, ni plus ni moins que quelqu’un, que qui que ce soit, même de votre frère médecin avec Porsche cayenne maison et bambins, même si Papa met la barre haute, même si maman veut absolument des petits enfants, même si votre ex vous a lourdé, même si votre patron vous fait dévisser, même si vos projets mettent du temps à décoller. Vous êtes assez. Vous êtes vous. Unique. Authentique. Votre propre AOC.

Vous n’êtes pas seul-e-s et vous êtes EXTRA-ORDINAIRES.

Bon Noël, Bon réveillon.

Inch’Allah

Inch’Allah

Des évènements récents sont venus m’interroger sur notre rapport au temps.

Celui qui passe. Celui qu’il nous reste. Celui que l’on prend.
Celui que l’on donne, offre.
Celui que l’on se donne, s’octroie.
Le temps nécessaire, le temps perdu, le bon moment, le mauvais timing.

Je vois le temps qui file, défile, je me vois vieillir, prendre une ride, puis deux, puis trois ; c’est la vie.
Je vois mon frère acheter une maison, construire. Je vois mes amis se marier, avoir des enfants, Solal a déjà deux ans … je ne m’en remets pas, il n’est déjà plus un bébé mais un petit garçon et il dit tata.

Cela fait déjà un an que j’ai pris la décision de quitter Paris, que je suis ici. Un an que je change de vie, prend un virage à 180, que je rencontre, m’installe, prends mes marques, tout est passé si vite et en même temps … j’ai toujours ce sentiment que tout est lent, tourne au ralenti. 

Des relents de mon ancienne vie me servent constamment des  » T’en es où de tes projets Mélanie ?  »   » Toujours pas mariée ? Ahhh faut dire que toi et l’engagement n’ont jamais fait bon ménage aussi !  » …

Faut dire surtout que … non je vais être désagréable, mon karma !

Tout autour de moi, j’observe des gens « occupés » , « busy busy » qui « n’ont pas le temps » , qui « doivent » parce que « il faut » , des gens qui courent parce que le temps presse.
Je ne juge pas, d’autant que souvent je fais pareil, je me bute à vivre des trucs de folie car quand on vit fort et vite on a le sentiment d’être en vie et d’avoir des grandes choses à dire, des choses qu’on ne dit pas à demi…
Je constate seulement que l’on s’efforce et force pour sûrement se prouver qu’on trime, se montrer qu’on est légitime … mais tout ça n’est en réalité bien souvent que de la frime. On se gausse de ne pas avoir le temps pour se montrer important.

Nous avons tous le sentiment de savoir ce qu’il nous faut, ce qui est bien, bon et nous nous appliquons à les obtenir, les réaliser. Nous courons après. On fait tout à la va-vite, on passe mais on ne s’arrête pas … on veut tout, tout de suite.

Et pour justifier tout cela, qu’on ne s’inquiète pas, les dadas de la réussite outre-Atlantique nous ont servi tout un tas de règles de discipline dont on peut user à la volée et s’envelopper en fonction de la vie et de ce dont on a besoin, des mantras pour se rassurer qu’on est dans le vrai et sur le bon chemin.

« Try, Fail & fail again & fail better » ;
« Live fast because times flies »

Coup dans la carotide.
Direct.

« Mais Mel pourquoi vivre à 50 km/h quand ton compteur affiche jusqu’à 160 ? La vie est courte, tu sais ! »


Marrakech, vol direct !

Et le temps s’arrête…

Je me suis autoprescrit de partir pour respirer. Péter un coup. Faire une pause et voir le vide, ce qu’il me fait dans mon dedans. Retrouver mon propre rythme, conjuguer ma temporalité au présent. Faire le ménage. Reposer mon corps et mes méninges. Peser les choses, les mots, retrouver la justesse, un peu d’à-propos. Paresser pour y voir plus clair et ne pas dire et faire des choses en l’air. Cesser d’écouter ce qui se dit à droite à gauche, ce que viennent me dire les gens, pour mieux m’écouter. Prendre le temps de perdre mon temps pour mieux aller de l’avant.

Alors voilà, je vous écris du Maroc. De cette ville où un thé ne se refuse pas et où on se remercie toujours pour le temps offert, donné, partagé. Cette ville où l’on ne se contente pas de « passer » mais où l’on s’arrête, vraiment, avec présence et engagement.

Je vous écris d’un riad qui sent l’ambre musquée ;
Je vous écris d’un jardin qui sent la fleur d’oranger ;
Je vous écris d’un taxi où j’ai retrouvé quelqu’un sorti tout droit du passé ;
Je vous écris de la kasbah où les barrières et les murs en moi sont tombés ;
Je vous écris d’un désert où j’ai vu émue cette petite sœur offerte par la vie prendre de la vitesse, sa confiance, son élan ;
Je vous écris d’un souk où Aziz a pris ma main pour mettre de l’ordre dans mes racines et mes sentiments ;
Je vous écris de l’Afrique où l’authentique et la pudeur sont l’élégance du cœur ;
Je vous écris d’un hammam où le savon noir a eu raison de nos peaux mortes et où la vapeur nous a enveloppées de douceur ;
Je vous écris d’une mosquée où anciens, jeunes, femmes et hommes expriment leurs vœux pour l’avenir dans un murmure, presque sans le dire ;

Je vous écris … éblouie par tant d’humanité … de tolérance, de clairvoyance, de conscience.

Et je vous écris aussi des ailes d’un avion d’où nous nous élevons sans faire de bruit.
Retour à la  » vraie vie « .
Les mêmes qu’avant mais avec une nouvelle énergie.
Partir pour mieux revenir.

Je dis nous parce que je suis partie pour ce voyage avec pour seule bagage ma Marie, mon petit beurre, qui me dit :

 » Ce qui me marque c’est que c’est doux et en même temps ça vibre, c’est vivant, c’est plein de rythme, de dynamisme et que tout se conjugue ici au présent, tout se fait pas à pas ».

Elle a tout compris. C’est pour cette sensibilité là que je l’aime tant, ma Marie. Et c’est pour cette énergie complexe faite de paradoxes que je l’aime autant ma Marrakech peu orthodoxe. C’est ce dont j’avais besoin, ce que je suis venue chercher, retrouver.

Et là-bas quelque chose m’a interpellée : le souvenir. Le pouvoir de la mémoire. Il ne m’a pas fallu plus de 5 minutes sur le sol terracota pour que tout me revienne. Je me suis souvenue de tout. La route, les chemins, les noms, les expressions, les odeurs, les saveurs, même les mots dans la langue locale. Incroyable.
Est-ce à dire que quand quelque chose compte, nous émeut, il s’inscrit dans notre mémoire, quelque part, qu’il ne disparait pas, que l’on n’oublie jamais, que c’est simplement là, encore et toujours, juste rangé et que ça revient en temps et en heure, au bon moment ?

Les émotions me sont revenues aussi. Il faut dire que j’en ai vécu des choses ici. J’ai parcouru le désert et l’Atlas, vu Tanger la blanche et Chefchaouen la bleue, les Oudayas et le Pont de dieu. Alors deux ans tout pile après ma dernière visite, je fais le bilan, calmement … Ne dit-on pas qu’il faut se libérer du passé pour avancer ? Prendre conscience que l’activité d’avant est terminée pour s’engager dans une autre ? Plonger, Pleinement.

Antonio Machado a écrit: 

 

« Voyageurs, il n’y a pas de chemin,

les chemins ne se font qu’en marchant. »

 » Tu es entre deux, tu hésites, tu boites, tu doutes parce que tu laisses trop parler ta tête et fais trop taire ton cœur. Laisse aller tes pas, ils te montreront comment faire, quand il convient d’avancer, et quand il convient de ne pas bouger, quand il convient de se rapprocher et quand il convient de reculer. Sois attentive à chacun de tes pas. Poursuivre son chemin c’est vivre au présent. Fais un nouveau pas chaque jour, courageusement, totalement. Souviens toi que dans le désert, il n’y a pas de chemin, chez les berbères on s’oriente avec un stylo planté dans le sol, en observant l’ombre donnée par le soleil. Tiens toi tranquille, observe. N’écoutes pas les voix autour, l’avis des autres c’est la vie des autres, fais confiance à ton instinct. C’est ton don. Celui que tu as reçu de tes racines nomades, il t’appartient. En faisant cela tu trouveras toujours le chemin qui te convient, la place où tu dois être. Inch’Allah « 

Aziz

L'Ami Touareg

Des mots qui sonnent et raisonnent. En général, nous marchons pour aller quelque part plutôt que de marcher pour sentir chacun de nos pas sur le sol. Nous avons besoin d’une motivation pour entreprendre une action au lieu de l’entreprendre pour elle-même en la laissant nous mener à bon port. Nous ne faisons volontiers les choses que si elles correspondent aux idées préconçues que l’on a du résultat. Nous bousculons tout : nous, les choses, les autres en laissant derrière nous une impression de froid. Un courant d’air. Nous recherchons la destination et négligeons le voyage.

Mais alors … combien de choses, de rêves se trouvent gâcher à vivre tout juste pour s’évader ? Combien d’entre nous sommes lancés sur l’autoroute et loupent les sorties, manquent les surprises de la vie, ratent les connexions, les synchronicités ? Les pas de côtés qui nous permettent de respirer ? De reprendre notre souffle et d’ouvrir les yeux ? De remarquer ? De prendre conscience de ce qui est déjà là, juste à coté, de s’arrêter et de l’apprécier ?

Je crois qu’en Occident nous avons peur du temps. Nous avons peur du vide, de l’oubli, alors on s’étourdit pour laisser sa marque à tout prix. Nous sommes des esprits affamés, des singes sauvages, des hamsters en cage, des mendiants de l’amour… Sans nous en rendre compte nous menons une bataille avec le temps et nous cherchons à le contrôler en anticipant l’après plutôt que de vivre l’instant. Nous accumulons, comptons les réussites, les bonnes notes, les kilos que l’on prend et les batailles que l’on perd. On veut satisfaire ses bons plaisirs et on tire la couverture à soi en tirant sur les ficelles en cherchant un équilibre sur une corde raide. Mais est-ce que nos peurs valent à ce point la peine pour exiger aussi peu de nous-mêmes ?

Le monde est en perpétuel mouvement alors chercher la stabilité, la sécurité n’est il pas une course à l’aveuglette vouée à l’échec ? 
Dire « je te promets« , « toujours » , signé un contrat à durée indéterminée n’est ce pas déjà mentir quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ?
Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été sur la réserve dès lors qu’il s’agissait d’engagement. Je n’ai pas tellement la notion de la dévotion et je déteste ne pas être au rendez-vous de mes promesses. J’ai toujours eu besoin qu’on me donne le temps d’apprivoiser, d’observer, de gérer… pour ne pas paniquer, me sentir prise dans les cordes, étouffer.

Mais voilà, là-bas, j’ai trouvé la formule pour apprendre à gérer tout ça.
Elle se résume en un « Inch’allah » !

Mais attention inch’allah ne veut pas dire être laxiste, désengagé, fataliste, ce n’est pas prendre tout par-dessus la jambe ou dire des choses en l’air. C’est même tout le contraire. Inch’Allah c’est être là. Au présent. Maintenant.

Dire Inch’Allah c’est affirmer « j’en ai envie, c’est l’idée, le projet, je vais tout faire pour, m’engager, m’investir, m’impliquer, construire » et puis s’adapter, laisser les choses être et aller, prendre forme.

Dire Inch’Allah c’est demander « Je n’ai aucune idée de ce qu’on sera, du genre de vie qu’on aura. Tout ce que je sais, c’est que je veux passer du temps avec toi, alors on fait quoi ?  » et s’accorder du temps, des moments, se créer des souvenirs, se laisser « être » seul-e et ensemble à la fois, mais sans jamais rien promettre ; se toucher, se taire, s’embrasser qu’importe l’avenir, on ne le connait pas et RIRE (oui rire ! Riez bordel. Soyez légers , emportés)

Dire Inch’Allah c’est aussi parfois lâcher, partir et se dire que dans la vie les choses, les relations prennent toujours la forme qu’elles doivent prendre. Seules. Un jour. Parce que quand on a un lien avec quelqu’un, ça ne disparaît jamais vraiment. On redevient vite important l’un pour l’autre. Parce qu’on l’est encore. Quand on l’est, Quand on doit l’être. Peut-être … Inch’allah qui vivra verra …

Inch’Allah c’est faire des efforts, sans jamais se promettre le confort d’un toujours, sans jamais mettre sous cloche, en cage, dans des cases ou des bocaux de formol. Faire les choses sans jamais les étiqueter. C’est vivre l’indéterminé sans le signer. Ne jamais rien prendre pour acquis, surtout pas l’acquêt (blague de juriste. Sorry).

C’est ne pas imposer ses temporalités mutuelles, Attendre la belle. S’il y a match elle aura lieu. 

Inch’Allah c’est respecter la liberté de l’autre.

C’est avancer pas à pas. Explorer. (se) découvrir. Plonger.

A Marrakech, il n’y a que les fruits que l’on presse et, moi, je ne veux pas presser mon monde. Je préfère prendre mon temps quitte à être en retard au rendez-vous d’après parce que j’ai accordé le temps qu’il fallait à celui d’avant.

C’est pour ça que j’ai tout coupé : pour aller chercher au plus fort de ce que j’avais la définition de mon projet. C’est pour cela que je suis partie loin, pour chercher la confiance, l’audace, l’entrain de réaliser, de concrétiser, d’oser.

Et maintenant me revoilà et ça y est, je mets tout en vente : l’appartement, le cœur, je laisse le passé derrière moi.
Et maintenant me voilà avec mon bébé de projet dans les bras. Soyez tolérants et tolérantes – s’il vous plait – et prenez le temps de le découvrir pas après pas ; il va grandir et ON vous le dira … je serai au rendez-vous de mes promesses et j’espère que vous serez là.

Et en attendant, je vous laisse écouter ça :

Tout vivre

Solide sur les appuis

Solide sur les appuis

S’il y a un prix pour manque de discernement, je crois que j’ai le ticket gagnant ! Médaille d’or aux championnats de la boulette.
Note à moi même : Demander à l’Académie Française de ré-orthographier maladresse en meladresse. Ce serait approprié.

S’il y a un trou dans la chaussée c’est pour ma pomme (et mon menton), une marche mal scellée, boum le rez-de-chaussée sans passer par le premier, 6 pieds sous terre … Ah ça non jamais ! Je tombe souvent, mais je ne (me) ramasse jamàs.
Je finis toujours par recommencer à trottiner … deux, trois entorses et bleus ici ou là mais jamais rien de casser.
(Re)Lève toi et marche qu’il a dit … et pour le reste je peux compter sur l’osthéomagicien Phiphi.
Alors pourquoi j’avance ? Et bien parce que j’ai confiance !

En la vie.

Du coup je reste solide sur les appuis.
Le mollet bien galbé … ou inflammé. Le jarret densifié qu’on dit dans le métier.

Parfois cette raideur peut scléroser. Mais ce maux là n’est que l’expression d’une peur : celle du changement, de l’incertitude de ce qu’il y a devant. Cela peut-être aussi la difficulté à changer d’opinion, de position. Dans le mal-a-dit, le genou est la porte de l’acceptation, la cheville celle de la décision. Ce qui se passe entre les deux ressort du passage de l’idée au concret. Le fameux passage à l’acte, la clé dans le contact

La symbolique de la douleur au mollet ne colle pas trop avec toi je trouve, me dit l’Ami…

T’es pas du genre à avoir du mal à changer d’opinion ou de position sur un point de vue habituel de ta relation au monde…« 

Ne pas avoir d’opinion actée, ferme, définitive, jamais, garder la tolérance en ADN parce que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne. Cela me fait penser à une récente discussion avec un Homme d’exception :

« Je me garde bien d’avoir un avis parce que dans 45 jours je vais apprendre quelque chose qui me fera évoluer »

… bientôt vous lirez son portrait.

Mais précisément, n’est-ce pas cette remise en question permanente qui fait parfois vaciller ?

N’est-ce pas ce doute qui sclérose, ne dit-on pas que l’imbécile est heureux ? Sans névrose.

Pour continuer à vous énumérer la liste de mes blessures de guerre, j’ai une aponévrose plantaire. Voyons voir … que dit le bazar : 

« Il s’agit de notre point d’appui sur le sol, la partie sur laquelle tout notre corps repose et se repose pour les déplacements, les mouvements. C’est lui qui nous permet de « pousser » vers l’avant, et par conséquent d’avancer, mais aussi de bloquer nos appuis et par conséquent de camper sur nos positions. Le pied représente donc le monde des positions, l’extrémité manifestée de notre relation au monde extérieur. C’est le symbole de nos attitudes, nos positions affirmées et reconnues, le rôle officiel que nous jouons. Ce dernier représente nos critères de vie, voire nos idéaux. C’est la clef symbolique de nos appuis « relationnels ». C’est enfin un symbole de liberté, car il permet le mouvement. Une douleur de pied exprime les tensions que nous ressentons par rapport à nos positions face au monde. Il signifie que nos attitudes habituelles, que les positions que nous prenons ou que nous avons manquent de fiabilité, de stabilité ou de sécurité. Ne dit-on pas d’ailleurs de quelqu’un qui n’est pas tranquille, qui a peur ou qui n’ose pas affirmer ses opinions ou ses positions, qu’il « est dans ses petits souliers »? Ne dit-on pas de quelqu’un qui ne sait pas quelle attitude prendre par rapport à une situation (relationnelle), qu’il ne sait sur quel pied danser?« 

En effet … C’est assez magique d’observer la linguistique. Celle des maux et des mots. Il y a toujours de l’à-propos.

S’il est vrai que je suis plutôt flex et que je n’éprouve aucune difficulté à m’adapter, j’ai parfois plus de mal à être bien dans mes basques. Plus caméléone que lionne. On ne se refait pas, la confiance en soi est un sacré débat.

Et pourtant j’avance. Parce que la confiance c’est plus que ça. C’est aussi savoir cultiver ses chances. En prendre conscience.

Et pour le coup à défaut d’être bien dans mes basques, je suis bien avec mes basques. Solide sur les appuis : elles, eux, ce qui rend la vie plus jolie. 

Partout nous lisons que la confiance est un truc à chercher en soi, qu’il faut s’affirmer, trouver la force, la foi en nous, envers et contre tout/tous. Ne compter que sur soi. Etre solide, bien construit, câblé, aligné, ancré. Je dois dire que je ne comprends pas bien tout ça ; cette tendance à autocentrer les gens. Ne chercherait-on pas à justifier le confinement ? (Ceci est une vanne, l’ami complotiste détends-toi immédiatement) ! Blague à part, s’il est certain que nous devons chercher en nous les clés pour connaitre nos goûts et savoir qui l’on est, ne serait-ce pas un chouya naïf et un brin égoïste de penser que nous sommes seul-es et que nous pourrions sereinement vivre tranquilles sans être percuté-es ici et là par notre environnement ? En d’autres termes, être solides sur ses appuis, sans appuis ?

Loin de moi l’idée de vous dire ce que vous devez en penser mais pour moi, à moins que tu ne sois berger dans l’Himalaya, ça me semble compliqué à réaliser. En plus y’a réchauffement climatique, crise écologique donc de toute façon même dans l’Himalaya t’es impacté, l’humanité ne te lâche pas. Voila. CQFD. Et puis depuis que tu es petit ou petite, pour avancer tu as toujours pris appui à coté : sur quelqu’un, en tenant la main pour apprendre à marcher, sur les choses, comme les petites roulettes de ta bicyclette …

Il y a quelque chose de racinaire dans la confiance en soi. Pour moi, il s’agit d’un truc d’origine ou un truc qui se jardine. Et là, c’est un peu chacun son terrain, au gré du terreau, dépendant de ce et ceux à quoi on a été arrosé. Pour certain c’est pas de pot !

Je lisais récemment une étude sur la confiance. Rapport à mon taff, à un coaching en cours et aussi à une question que l’on me pose souvent : La confiance ça marche comment ?

La confiance en soi est quelque chose de compliqué, de ce que j’observe autour de moi il est peu de gens qui en sont dotés. Dur ! Alors vous dire qu’il n’y a rien à faire, je ne crois pas… peut-être que ce que nous pouvons travailler c’est la conscience de soi. Comment ? En se considérant. En ouvrant grand les portes de sa maison pour entrer en soi et trouver les racines, les fondations, cet ensemble de petites choses qui font ce que nous sommes ; s’estimer dans ce que nous avons de valeurs au cœur, de parties sombres mais aussi de lumières, et accepter. Cela revient à s’ancrer, à devenir notre propre rocher. Je crois qu’une fois que l’on pose tout ça là, on est solide sur les appuis et que le vent pourra souffler. Fort parfois. On vacillera mais on ne bougera pas. C’est d’ailleurs tout ce que je vous souhaite :
Personne ne veut d’une bande son de vie en électrocardio plat, on veut que ça swingue que ça vibre mais si on connaît sa fréquence d’équilibre le jazz ne devient jamais un blues déprimant et on ne laisse personne nous envoyer valser dans les cordes. On rebondit façon entrechat sur le thème des aristochats :

Tout le monde veut devenir un cat parce qu’un cat quand il est cat retombe sur ses pattes.
A faire du jazz on finit par être un acrobate car tout le monde veut devenir un cat. oh oui kitty kitty kitty.

 » – T’es bien mignonne avec ta méditation ma Mel mais quand l’autre flamby ne répond pas à mes messages, c’est panique à bord et le roseau se tord !
– C’est là que la confiance est comme la vie : une petite pute faite d’autrui …
– Ok mais t’as une solution ?
– Il était une fois la vie ! 3 2 1 Maestro l’intello c’est parti :

Selon les psychologues, l’être humain est un animal social et à ce titre il recherche chez les autres la satisfaction des besoins de valeur et d’approbation. Il semble que tout a commencé lorsque nous vivions en chassant en tribus. Puisqu’il était impossible de vivre seul, être expulsé d’une tribu signifiait être condamné à mort. Sympa l’ambiance. Pour cette raison, notre cerveau a développé une sorte de signal d’alarme qui peut nous avertir lorsque nous sommes sur le point d’être «expulsés» par la tribu à laquelle nous appartenons. Pour faire bref et simple, nous perdons pied à l’idée d’être rejeté et/ou abandonné. Que ce soit un grand refus ou un léger refus, une chose est sûre, ça fait mal et parfois plus que ce à quoi nous nous attendions.
Mais Pourquoi ? (mes amis ont 6 ans parfois, et pourquoi si ; et pourquoi ça !)
– Notre cerveau est structuré pour répondre de cette façon. C’est de la neurocognition. Lorsque nous sommes rejetés, abandonnés ou subissons une perte, les mêmes zones du cerveau impliquées dans la douleur physique sont activées, à savoir l’insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur. Une étude de neuroimagerie a révélé que ces régions étaient actives lorsque les gens se sentaient rejetés par leurs pairs. Le cerveau enregistre alors l’expérience, l’inscrit dans la mémoire et par la suite à chaque fois qu’il reconnaitra ce sentiment bizarre, il fera tout ce qu’il peut pour chercher à l’éviter et trouver une sécurité. C’est là précisément que commence la valse des émotions, des angoisses et des névroses là que l’on s’agite, panique, tourne en rond et c’est là aussi que la douleur que nous ressentons peut être paralysante. La fameuse sclérose. La névrose qui empêche d’avancer. »

Avouez que vous rêvez de prendre un café avec moi après ça … hahaha ; en vrai placer le mot neurocognition dans une discussion passe toujours crème et votre beau-père ne vous regardera plus jamais pareil ! Véridique.

La confiance n’est donc pas un truc si indépendant que ça et libre de tout endroit.

La confiance c’est une nébuleuse entre la confiance en soi, la confiance dans les autres, la confiance en l’Autre (on peut être doué en amitié et pas en amour, ok ?! C’est pas pareil, un jour je vous en reparlerai) et la confiance en la vie. Elle prend racine dans notre expérience, dans notre enfance aussi … ensuite nous nous démenons tous comme nous pouvons avec ce que nous avons et avec ceux que nous avons.

Il y a dans cette affirmation deux choses. Il y a la confiance que l’on se donne et celle que l’on donne. Et les deux sont corrélées, reliées.
Qu’est ce que je cherche à dire ici ?
Et bien qu’il faut faire attention aux conneries que l’on fait et à celles que l’on dit !

Pourquoi ? parce que vous avez un impact sur les gens, que vous le vouliez ou non. Vous pouvez être responsables de leur chute ou de leurs tremblements. En d’autres termes vous pouvez donner confiance ou faire perdre confiance.

Un mensonge, une promesse non tenue, une réflexion, un tir, une blague pas drôle … et ce peut-être la glissade, la dégringolade, le toboggan… tout ça joue et faudrait voir à ne pas toujours jouer avec ses congénères et les prendre pour des jambons. Les gens bons ne sont pas aussi cons qu’ils en ont l’air.

Le corolaire de tout ça est bien évidemment la confiance en soi. J’ai envie de vous dire que face aux mensonges, aux manipulations, aux foutages de gueule et aux contradictions vous n’avez qu’à passer votre chemin en vous concentrant sur vous car c’est l’essentiel après tout. Mais je sais bien que ça ne marche pas comme ça. Mollets a l’appui: Je me suis faite avoir moi aussi.
Ne dit-on pas que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés ? Multiple Médaillée d’or de la Rate cup (celle là fera rire le frérot Arnaud), j’ai tendance à m’autoalimenter au courbouillon : jamais assez, ou peut-être parfois trop … je me pose trop de questions. Parce qu’on m’a menti, je doute encore, parfois, souvent. Et souvent, je ne dis rien, j’observe, je note. Résultat même si j’ai l’air naïf, je garde l’esprit vif, je passe en mode pilote automatique et revêt le masque du fuyant. Classique. L’effet boomerang du rejet. Sauf que ce boomerang là ne revient pas. Tant va la cruche à l’eau qu’un jour elle se casse. La cruche. C’est mécanique. (cf. la neurocognition pour les nuls. Non je déconne)

Mais alors … justement … Rien n’est immuable et le passé n’est pas obligé de se reproduire. Une relation ne fait pas l’autre, tout est toujours à réécrire entre les lignes, à reconstruire à 4 mains, deux têtes, deux cœurs, entre les cuisses. Pardon. (ça vaaaaa si on peut pas parler de cul parfois !) Bref, vous pouvez éteindre le pilote automatique et décider de conduire. En manuel. Faire des choix et des arbitrages. Rester plutôt que partir. Ou l’inverse. 

Solide sur les appuis sans oublier l’appel à un ami.

Au milieu de l’océan, s’il est important d’être ancré, de se donner le temps de la navigation pour comprendre sa/ses cartes, il est aussi important de ne pas se saborder avec un entourage qui n’a rien d’un équipage car quand les moteurs sont coupés, il y en a toujours peu pour ramer à vos cotés. Et je ne parle même pas de ceux qui accepteraient d’être une bouée en cas de plonger. Si rares mais si importants comme denrées. Parce que c’est humain parfois de se noyer et d’avoir besoin qu’on nous tende la main.

Et puis, on l’a dit, la confiance est une mixologie, un truc de vases communicants ; c’est là que les amis ont souvent du talent.

La clef ce serait donc de sélectionner ses boussoles – Histoire de ne pas finir comme Jack Sparrow déboussolé à la moindre occasion – De bien choisir ses relations. Celles qui vous élèvent ou qui – a minima – vous maintiennent à la surface, qui ne vous font pas plonger, ne vous mettent pas le nez dedans, ne vous laissent pas sombrer.

Bref, entourez vous de soleils, de personnes qui ont une lumière intérieure, comme le frigo, cela vous nourrira !

J’ai longtemps pensé n’avoir aucune importance dans la vie des autres, j’ai longtemps voulu ça aussi : ne pas avoir d’impact, cela me rassurait, cela me permettait de m’échapper. Et puis j’ai compris.
J’ai compris parce que j’ai aujourd’hui des gens autour de moi qui me donne l’impression d’être autre chose que rien, de passage, ils soignent mon syndrome de Mary Poppins bien que ça ne soit pas toujours simple à accepter, je n’ai pas toujours le bon vase pour leurs fleurs mais j’ai chaud au cœur.
Ils ont réussi à me donner la confiance de traiter de salopards tout ceux qui sont en retard aux rendez-vous de leurs promesses, d’arrêter de leur trouver des excuses et de souquer les artibuses (j’espère que vous avez la ref, sinon ça fera plouf. Ha ha ha). 

Du coup, si je suis plus roche percée que boucalot au milieu de la marée, je ne bouge pas, je ne vacille pas et je reste concentrée à la réalisation de mes projets. Solide sur les appuis. Je sais désormais qui je suis, avec mes défauts et mes qualités et je sais aussi où je vais. A ce sujet, je reste là. Je regarde vers l’horizon avec la certitude au cœur de la promesse d’un grand ciel bleu. Face à tout, je choisis toujours le soleil. Parfois ça demande d’accélérer, parfois ça demande de ralentir, parfois ça demande de lâcher et parfois de tenir. Le tout constitue ce que l’on appelle le déséquilibre contrôlé. Et c’est dans cette expression là que j’ai trouvé la clé :

Cet article peut sembler perché mais s’il peut être une perche, un point d’appui à une impulsion à l’une ou l’un d’entre vous alors je serai ravie.

J’ai mis du temps à comprendre tout cela, à être solide sur mes appuis alors j’ai eu besoin de le coucher là. Je crois qu’avancer revient à vider un peu de ses bagages. Sans que l’étalage ne soit nécessaire mais j’aime bien partager, et puis écrire c’est se montrer, se dévoiler. Raconter des histoires passe parfois par raconter un peu de la sienne je crois, … non ?! 
Et pour le coup j’ai décidé que les projets à venir seraient faits de partages et de sourires échangés. D’authentique. De sincérité et d’humanité. Il est temps pour moi de hisser la grande voile. D’oser.

Merci de votre confiance. Elle est ma chance. C’est grâce à elle que j’avance. Vous êtes chouettes à m’encourager et vos commentaires sont autant de coups de vent et de coups de pieds au cul qui désenflent mes mollets et me font voler !

En surf le tout n’est pas de rester assis sur sa planche à regarder les vagues passer, le tout ce n’est pas non plus de rester allonger et de piquer, le kiff, le vrai c’est de se lever et de glisser, solide sur les appuis, avec la confiance au cœur que le meilleur est à venir.

© Thomas Lodin