I have a dream

I have a dream

J’ai fait un rêve, dans ce rêve il y avait des gens assis et debout ici et là, dans le canapé, accoudé-es à un comptoir qui se racontaient des histoires, la leur, les leurs. Dans mon rêve ça sentait le café et la fleur d’oranger sur fond de musc ambré.
Evidemment il y avait plein de couleurs, celles du Sénégal, du Maroc … il y avait du soleil aussi. Partout. Par la fenêtre, sur les coussins, dans les cœurs; le jaune c’est la couleur du bonheur !
Il y avait du vert aussi parce que le vert zellige, parce que le vert espoir, parce que le vert bouteille et que la bouteille c’est l’expérience et que l’espoir c’est le futur.
J’ai fait un rêve dans lequel les gens présents se sentaient bien, avaient le sentiment d’être là comme à la maison et de pouvoir venir comme ils sont.
Dans mon rêve j’écrivais et vous lisiez.
Les gens heureux lisent et boivent des cafés.

J’ai fait un rêve et je l’ai réalisé.

Je vous mentirais si je vous disais que ça a été facile. Mais je ne connais pas un entrepreneur qui vous dirait « franchement easy tout doux bijou d’être free » … Non, être libre demande des efforts, du courage, de l’audace, une sacré résilience et d’apprendre la patience. Cela réclame de serrer les dents, de comprendre le juste milieu entre tenir bon et lâcher prise, d’accepter d’avoir peur et faire quand même, de se dépasser, se surpasser, aller au-delà du confort, de ses limites avec cette confiance au cœur de la promesse d’un grand ciel bleu droit devant, toujours tout droit … avec quelques virages et quelques mirages aussi.

Non, ça n’a pas été simple mais si ça l’avait été je n’aurais rien à raconter. Ça ne serait pas drôle et puis j’aurais moins de plaisir à être assise là à écrire sur la table de mon café littéraire en regardant les gens passer en divaguant et en me refaisant le film de ce début d’année. Bordel, tout s’est enchainé … j’en chialerais presque … de joie, de fatigue aussi, de nerfs … de bonheur, surtout ! Jamais je ne me suis sentie aussi vivante, aussi épanouie, aussi à ma place que présentement, là, ici.

 

Muxu – BisousDu coup, je ne reviendrai pas sur toutes les insomnies à l’origine de mes cernes aujourd’hui, sur les œdèmes et les problèmes ; tout cela fait partie du chemin ! Et puis, pour être tout à fait honnête même quand c’était chaud les marrons, j’ai toujours vu la vie en rose grâce à ma bande de joyeux lurons. Hier, une jeune femme m’a demandé quel conseil je donnerais à quelqu’un qui veut se lancer, j’ai répondu « Aimer et apprécier les choses simples, voir le bonheur dans le sourire d’un inconnu, le câlin d’un copain, une rencontre inattendue, un apéro au RDV des halles, un sunset des familles, un running au lever du soleil ou un coaching avec Jerem, un diner de fou rire au JTC ou au café du commerce avec une bande d’idiots qui voient tout en beau … et accessoirement avoir une bonne copine qui vous donne le bon conseil et la bonne crème hydratante histoire de garder forme humaine ! En bref, garder à l’esprit que l’extraordinaire nous attire un instant mais la simplicité nous retient plus longtemps car c’est en elle qui réside l’essentiel. Oublier le tout c’qui brille et y préférer l’authentique qui a l’élégance du cœur et c’est ça le vrai chic ! »

J’ai ouvert mon petit café boutique littéraire et il ressemble en tout point à ce que j’avais imaginé. Les gens viennent, passent une tête, posent une fesse dans le canapé et papotent de leurs projets, de leur vie ; ils parlent de leurs enfants, d’amour et parfois de leurs problèmes aussi. Moi, je suis à la réception, le percolateur à la main, la main sur le cœur, la porte et les bras ouverts toujours prêts à faire un câlin.

Qui l’eut cru que ce serait ça mon destin ?

Y’a pas un pey qui aurait parié la dessus je crois, mais comme dirait Lolo, le voisin chameau « Bordel c’qu’on est bien »

Je retourne à l’écriture du roman filaire… mine de rien Forme Libre, le papier sort dans un mois, heureusement, j’ai du café !

Muxu – Bisous Mel.

Je sors cet article aujourd’hui en pensant très fort à l’autre Mel, la meilleure des amie, qui fait le choix de suivre ses rêves aujourd’hui.
C’est un grand jour pour toi … Dire au revoir revient souvent à dire Bonjour au premier jour du reste de ta vie. Bon voyage ma chérie.  

© Crédit Photo : Melanie LENORMAND

MERCI

MERCI

merci

« Ce matin je me réveille avec un écusson Ulule au cœur. Le projet est financé à 100% , j’ai vérifié 12 fois. Ce matin je regarde dans le rétroviseur et je me dis que depuis le 9 décembre et le lancement de l’Aventure à l’Artnoa, il s’en est passé des choses … et pourtant c’était il y a 3 mois. Seulement 3 mois. 90 jours … 90 jours de grand 8, looping, Roller-Coster, de haut et de bas le cœur.« 

J’ai écrit ces lignes samedi matin et depuis une semaine, il est vrai que j’ai le cœur plein : Le magazine Forme Libre va naitre. C’est dingue, fou, un rêve qui se réalise… Comme quoi. Quand on y croit…

Je dis « on » parce qu’on ne va pas se mentir, vous y avez cru plus que moi. Depuis le début. Du coup, depuis une semaine, je me demande comment vous dire MERCI correctement, suffisament, de façon appropriée, juste et à la mesure de toutes ces choses que vous me dites, m’apportez, m’écrivez en direct ou en privé.

Evidemment ma spontanéité première me poussait à vous dire que vous êtes géniaux, supers, incroyables et formidables. Et vous l’êtes.
Ensuite, il y a la pudeur. Exprimer ses émotions et ses sentiments, cela intéresse qui finalement ? Hormis passer pour une hystérique et quelqu’un qui en fait des caisses … vas courir, ça devrait calmer tes ardeurs d’ouverture de cœur.
Puis, il y a l’humilité. Ton magazine ne sauvera pas la planète ma p’tite, je sais pas si tu vois c’qui se passe dans le monde mais … y’a quand même plus important.

Mais vous dire MERCI compte. Ce n’est pas que de la politesse, du respect quant au 70 précommandes et 5026 euros collectés (cinq mille vingt six …. !!!! ) c’est une reconnaissance de votre confiance, de la gratitude pour votre soutien mais aussi une manière de vous dire cette affection que j’ai pour vous qui me lisez.

On écrit toujours pour quelqu’un.

On répond à une commande, ou à une demande, ou à une attente, parfois informulée … parfois pour soi. Simplement pour soi. Seule. Parfois pour délivrer un message, dire quelque chose sans parler…
Pour qui écris-je ? A qui est adressée ma reconversion ? Est-ce ma vocation ? Un terme en l’occurrence grevé d’emphase et, aux vues de mon parcours, marqué de différentes phases qui m’ont fait faire des tours, des détours et des demi-tours pour en arriver là et répondre « J’écris » à la question « Tu fais quoi dans la vie ».
Mais pourquoi ? Pour plaire à qui ? Pour servir à qui, à quoi ? Satisfaire quel idéal ? Réparer quel échec ? Contenter quelle aspiration mystérieusement voilée ?

J’ai cherché à comprendre l’inspiration, la motivation de mes modèles. Je suis allée chercher dans leurs témoignages une raison, une justification à cet élan d’écriture, un sens à cette Aventure. De Duras à Sagan, de d’Ormesson à Gary en passant par Colette, Coelho, Woolf ou Pasolini, j’ai cherché et, après m’être faite une petite angoisse liée au syndrôme de l’imposteur, j’ai tiré ma conclusion:
On écrit toujours pour quelqu’un.

En l’occurrence. J’écris pour vous.

Certains psychologues de gare qui, après avoir lu 4 bouquins de développement personnel, vont se dire ici « T’écris surtout pour guérir tes névroses oui » … et ils n’auraient pas tort. Sauf que l’on est tous névrosés, la seule différence entre eux et moi c’est que je l’admets* et que je décide de le partager.

Partager.
Là est la clef.

Partager.

Ici, là où je vis, c’est un leitmotiv. Tout partager : les sourires, les joies, les peines, les doutes, les colères, les bouteilles, les planches mixtes, les plaquettes de lexomil et les txulettes.
Sans faux-semblants. Avec sincérité et authenticité.
Avec amour et amitié pour ce que nous sommes de défauts et de qualités.
Vivantes, Vivants & Humains.
Je sais cette chance que j’ai. J’essaie de le(ur) dire, de l’exprimer, de le(ur) montrer, d’en être digne et fière.

Et j’essaie de redonner.

En partageant ici avec vous, mes élucubrations, mes délires, mes envolées lyriques et mes vannes pas toujours de bon ton j’essaie de vous dire simplement que vous n’êtes pas seul-es. Pas tout-es seul-es à galérer, ramer au milieu de la route, à boire pour oublier, à vous marrer pour des conneries, à avoir plus envie de faire l’amour que la guerre et à en avoir plein le cul de la manie des masques et du « paraitre » !

J’essaie aussi de vous faire marrer. Non pas que je sois particulièrement drôle mais parce qu’une journée sans rire est une journée de perdue et que la vie est trop courte et trop cool pour se prendre (trop) la tête.

Alors c’est clair que Forme Libre ne nous ramènera pas Dalida, ne sauvera pas l’Ukraine et ne règlera pas la faim dans le monde mais si, au quotidien, il vous permet de passer un bon moment ce magazine, si il vous donne envie de vous exprimer et de prendre la plume, si il vous fait découvrir des bons gens et leurs actions et réalisations, leurs engagements … au quotidien, pour Demain ; alors j’aurais réussi mon pari : celui de vous montrer que la vie est magique et jolie. Chaque seconde.

C’est pour ça ;

Pour vous que j’écris.

MERCI.

Vide Fertile

Vide Fertile

Je doute le jour.
Je doute la nuit.
Je doute de l’efficacité de la mélatonine.
Je doute de ma capacité à sortir un magazine.
Je doute de la météo.
Je doute des infos.
Je doute de ce que l’on me sert.
Je doute de l’intérêt de cette guerre.
Je doute d’y arriver, d’être utile
Je doute de ma féminité et de mon sex appeal.
Je doute d’être suffisante et assez présente.
Je doute de ce que je porte sur les épaules et apporte aux autres, au monde, à mes potes. Je doute de mon rôle.
Je doute d’être quelqu’un de bien pour mon prochain, un bon être humain.
Je doute de tout, de moi, de lui, de nous.
Je doute de ma place
Je doute à rebours, au présent, je doute même en avant.

Alors je m’accroche, j’me fais des nœuds à l’estomac et des poches sous les yeux.
Je compte et recompte ; maitrise, anticipe, sécurise, culpabilise, panique, tiens bon, sers les dents. Je ne lâche pas … les doigts bien dans la prise.

Et je m’épuise.

Je fais des plans sur la comète, je me prends la tête, je réfléchis trop, je m’emballe et pédale …

 » Tu descends du vélo !  » (l’Amie en or qui parle en métaphore)
 » Respire  » (le prof de yoga et de boxe. Non ce n’est pas un paradoxe)
 » Vas courir  » (ma mère. Marathonienne de la vie)
 » Arrête de penser, tu penses trop, pète un coup  » … (mon frère. Diplomate russe)

 

« Le doute est constitutionnel, il est à l’origine de tout et de chaque chose qui se crée et qui existe »
(cf. Nils Tavernier – portrait japonais d’un portraitiste sur Forme Libre)

Il coule dans mes veines. Depuis gamine.
J’en ai fait un atout : ne pas avoir de certitudes, être plus Socrate que Descartes ( Comprendre : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien » plus que  » Je pense donc je suis  » ) a fait de moi une médiatrice neutre, sans jugement, sans a-priori, quelqu’un de tolérant.

 Le problème c’est que désormais j’entreprends.

« Quand tu entreprends tu n’as ni le temps ni la place pour le doute. Si tu doutes, tu te plantes. Regarde tout ce que tu fais au quotidien : tu fais des choix, des arbitrages et tu prends des décisions, des directions, le taureau par les cornes ! Ne doute pas. Jamais. Surtout pas de toi. Tu ne peux pas. Si tu doutes, les autres douteront. Faut que tu sois solide comme un roc« 
Christophe Blanchet (un député pas tout à fait comme les autres)

Février m’a roulé dessus. Littéralement. J’ai tremblé, j’ai eu peur, mal, j’ai vascillé, j’ai failli faire demi tour, reculer, parce que trop c’est trop, j’en avais plein le …. Dos. Je n’arrivais plus à rien, je n’avais plus d’entrain, d’envie, tout était gris.
C’pas faute d’être bien entourée mais … quand on est sincère et entière, un seul être vous manque et tout est dépeuplé … je ne me conçois qu’en état de passion. C’est souvent de bon ton et ce qui me donne l’énergie d’avancer mais là ça m’a sclérosée, clouée sur place et j’ai sorti le martinet : pas assez, nulle, pas à la hauteur, incapable, responsable …

STOP. Débrancher tout. Arrêt sur image. Partir faire un tour et retour … aux racines : la Normandie, la famille, ma mère, mon frère, les vieux copains et copines.

J’ai découvert cette semaine que ne rien faire était parfois nécessaire, que la distance pouvait en réalité rapprocher et que le silence parlait. Qu’il n’est pas nécessaire toujours de courir partout, de s’activer dans tous les sens, que parfois ne pas bouger est le meilleur moyen d’avancer. Qu’y croire est la clef.
Que la confiance est à l’essence. De tout. J’ai ENFIN compris ce qu’il me disait…

Parfois le vide est fertile. Faire un tour en son dedans permet de défricher, débroussailler les mauvaises herbes et pensées pour arracher les peurs, ouvrir la voix du cœur pour qu’y poussent des fleurs.

Lorsque l’on doute, on laisse nos peurs parler : Parce qu’on est bousculée on fait tout pour ne pas tomber mais se faisant c’est le toboggan assurée : Ventre glisse tout shuss … C’est là que nous faisons les mauvais choix : nous réagissons au lieu d’agir, nous évitons le pire au lieu de rechercher le meilleur. En réalité, nous faisons des non-choix : on prend ce qu’on nous offre, ce qu’on nous sert parce que c’est plus facile – du moins ça en a l’air – que de se réaliser, choisir pour s’épanouir. Etre soi.

Et aujourd’hui ?

Y’a plus de vélo.

 

Je suis dans l’avion. Je plane pour rentrer. Il y a de l’à-propos dans cette situation.
Je m’apprête à concrétiser le projet d’une vie. Je vais signer, m’engager, rester là où je suis. Solide sur les appuis.
Je vais aussi assumer mes conneries, les conséquences de mes peurs, de mes erreurs …
Je me suis fait la promesse de ne jamais plu oublier de remplacer l’eau des fleurs et de ne plus négliger mes besoins de solitudes en m’accordant des interludes.
Je vais ouvrir les vannes, le cœur, les bras et vous acceuillir dans un endroit où on papotera de tout ça.

 

J’ai confiance.

J’ai confiance et je fais.
J’ai confiance et je dors.
J’ai confiance en l’utilité de mes projets, dans ce que ça va apporter, je le ferais avec le cœur et, dès lors, je n’aurais pas de regrets.
J’ai confiance en moi, en mes capacités, mon endurance, mon énergie.
J’ai confiance en lui mais je n’en parlerai pas ici.
J’ai confiance en nous, en vous, en toi et en toi aussi qui que tu sois.

En fait être chef d’entreprise c’est lâcher-prise pour éviter la crise.
Et nous avons tous une entreprise à mener … puisque nous sommes nés.

Churchill disait qu’il était optimiste parce qu’il n’y avait rien d’autre et d’intelligent à faire. Le gars a gagné une guerre. Je pose ça là. Comme ça.

Réalisez-vous, Soyez-vous, Soyez-vivant ! Oui VIVEZ bordel !
Et si vous doutez, frappez vous.
(Ceci est un conseil de merde, parce qu’en vrai, je n’ai aucun conseil, ordre ou leçon à donner).

 

Bisous.

 

© Source photos: 

Mel Lenormand

– Instagram.

Politique de la porte ouverte

Politique de la porte ouverte

Ce matin je discutais avec un ami que j’aime beaucoup, souvent je dis qu’il est mon ange gardien. Il est de ceux qui font du bien, qui ont le mot juste et le cœur sur la main.
Il me parlait de la vie, de son quotidien et puis … une phrase a claqué « Tu vois toi & moi nous sommes trop gentils »
Pour la première fois de notre amitié, je l’ai contredit.

Souvent, je dis que nous sommes des portiers sur le seuil de notre maison. Nous accueillons. En fonction de la relation, du sens que nous voulons y donner, de la place que nous lui souhaitons dans notre vie, nous invitons cette personne à entrer dans le salon, la cuisine, la salle-à-manger … la chambre … Parfois nous la laissons même laisser une brosse à dents dans la salle de bain, une paire de chaussettes… Qu’importe la pièce ou la place, nous sommes les hôtes de cette décision dans notre maison.

Parfois, les gens restent. Parfois, ils partent. Souvent, ils finissent par partir.

Dans ce cas, il ne faut pas les retenir ou courir après. Il faut accepter et rester là, soi, sur le pas de la porte … et la laisser ouverte.
Se mettre carpette, se compromettre n’empêchera pas celle ou celui qui l’a décidé de poursuivre son chemin, de vous lâcher la main.
Passer la balayette sous le paillasson pour effacer les souvenirs, intérioriser les émotions ne vous empêchera pas de souffrir du manque de ce quelqu’un.
Quant à la réaction première de vouloir fermer la porte, toutes les portes … elle est … humaine mais idiote. Nous ne sommes pas fait pour vivre seul-es dans nos maisonnées.

 » Lorsque les gens partent tu ne les retiens pas, tu ne fermes pas la porte. Lorsqu’ils reviennent tu accueilles, encore une fois, et tu décides à nouveau de les inviter dans la pièce de ton choix. Cette pièce peut être la même que précédemment ou l’invitation peut être différente. Rien n’est jamais acquis et personne ne peut se prévaloir d’un acquet, d’une place attribuée, sur ton canapé. C’est à toi de décider. A chaque fois. Sans oublier que ne pas fermer la porte ne signifie pas autoriser quelqu’un à entrer quand on ne le souhaite pas, ou plus. Le paillasson est une pièce de la maison. C’est à toi de choisir qui est autorisé à s’y essuyer les pieds. Ta maison n’est pas un saloon ou un cirque du soleil ouvert à n’importe quel-le clown. Tu as le droit, en tant que portier d’être souriant toujours dans l’accueil mais de laisser la personne à l’extérieur. « 

Je sais que pour beaucoup les au-revoir sonnent comme des séparations, ils arrachent le cœur comme autant de souvenirs d’abandon qui brulent de l’intérieur. Ces blessures laissent des fêlures et poussent à être radical, à claquer les portes, fermer les fenêtres mais … ne sont-ce pas là seulement nos peurs qui parlent ?
Celles de l’abandon, du rejet, de la trahison ?

Si je vous partage cette métaphore ce matin c’est parce qu’elle a changé ma vie. D’abord elle m’a appris à être dans l’accueil et non dans la dépendance. J’ai appris à être libre tout en étant membre d’un groupe, d’une équipe, d’un couple … Ensuite, en devenant portière j’ai appris à ne plus être dans le rejet mais à dire OUI sans peur de me blesser.

Oui parce qu’il ne faut pas oublier que si nous sommes hôtes en et chez nous, nous sommes aussi des invités … chez les autres. Dire oui c’est alors ne pas claquer la porte au nez de quelqu’un, ne pas le rejeter, par peur de se faire recaler.

L’art de recevoir et de donner est une question de réciprocité.

Je reconnais que je suis de celle qui préfère être hôte, mais récemment quelqu’un m’a appris qu’il était agréable de se laisser inviter : d’abord au restaurant puis à laisser une brosse à dents… La vie à deux ou à plusieurs c’est la vie en mieux, c’est le bonheur !
Il faut savoir en profiter, le savourer, vivre ses moments. Au présent sans penser ni à hier qui est déjà trop tard ; ni à demain qui est illusoire.
Il faut se dire que les nouveaux participants à la fête ne sont pas les mêmes têtes que dans le passé et ils et elles n’ont pas à payer les pots cassés.
Il faut se répéter qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait et qu’on ne peut pas l’anticiper, se dire que chercher à se protéger c’est finalement encourager le passé à se reproduire et s’isoler.

Je crois que prendre conscience que nous sommes les hôtes de nos chez soi c’est aussi gagner en confiance et devenir un bon invité. C’est être libre en soi et respecter la liberté des autres. C’est choisir ce qui est bon pour nous et ne pas décider à la place de quelqu’un de ce qui est bon ou bien pour lui. C’est être là et laisser les autres faire le choix d’y être … ou pas.

Etre un bon invité c’est également réaliser que nous sommes responsables de la place que nous avons chez les autres. Celle que l’on a prise et que l’on nous a donné. Il faut savoir en être digne et assumer. Bien sûr nous conservons la liberté de partir ou de rester mais soigner sa sortie c’est respecter l’invitation qui nous a été initialement donnée. Autrement dit, on ne laisse pas une chaussette trainer dans l’escalier, on prend le soin de la ramasser pour ne pas prendre le risque que l’autre ne glisse dessus, se ramasse et ne les dévale ; les escaliers …

Je l’ai souvent dit ici mais « The way you make people feel about themselves tells a lot about you » (traduction: La façon dont vous faites se sentir les gens à leur propre sujet en dit long sur vous) Sans oublier que souvent nous sommes l’énergie que nous souhaitons attirer. Sans parler du Karma qui risque de se charger de vous.

 » – Ok Mel mais si l’autre dit non alors qu’elle a fait en sorte que je dise oui. Il n’y a plus d’effet miroir et moi, j’ai l’air d’un con face à ma glace après avoir pris une porte dans la face

– I feel you frère ! Je sais comme ça fait mal … Comme ça butte … Mais cela revient à ce que je dis : Si quelqu’un dit non alors qu’il ou elle a demandé de dire oui, alors c’est un mauvais videur de boite de nuit. Et je dis bien de nuit : c’est que cette personne a décidé de choisir l’ombre plutôt que le soleil, le rejet plutôt que l’accueil. L’isolement est une forme de fuite mais beaucoup ne savent pas faire autrement. La solitude est une habitude quand tu n’as pas été habitué aux sentiments ; Tu n’y es pour rien, tu ne peux rien faire, il ne te reste qu’à partir …
– Même si ça veut dire souffrir ? Même si ça veut dire abandonner ? Quitter la partie ? Ne pas se battre pour ce qui compte, ce qui fait battre le cœur ? T’as pas l’impression de renoncer quand tu fais ça ?
– Partir fait du mal aux sentiments mais ça peut quand même faire un beau geste … pour l’autre, c’est lui laisser de l’espace, du temps …
– … Sauf si l’autre ment Mel !
– Tu peux te battre pour quelqu’un, avec quelqu’un mais tu ne peux pas te battre contre quelqu’un … Si l’autre ment alors il / elle te trahit mais surtout il / elle SE trahit …
– Alors je fais quoi ?
– N’abandonne rien n’y personne, surtout pas toi, ni qui tu es mais lâche prise. Tu n’es plus invité, redeviens hôte : Tu te remets sur le pas de ta porte, solide sur les appuis, tu ne fermes pas la porte, si l’autre veut revenir elle reviendra et t’expliquera. A ce moment là, tu feras ton choix : comprendre, pardonner, acceuillir, accepter ; ou pas … et en attendant, tu seras toujours bienvenu chez moi pour partager la tristesse, l’ivresse, les doutes, les peines et les joies.
– T’es trop gentille !
– Tu commences à me faire chier ! ON N’EST JAMAIS TROP !!!! OK ??? « 

Message personnel :
Je remercie tous ceux qui m’ont trahie, abandonnée, rejetée … vous m’avez rendu fière & libre. En ça, Freud remercierait mon père (et tous ceux qui lui ont ressemblé dans ma vie). Mais je remercie surtout tous ceux qui sont restés, vous m’avez appris l’amour et l’amitié, la joie et la générosité. En ça, Freud remercierait ma mère. La pro de la politique de la porte ouverte !

PARFAITEMENT

PARFAITEMENT

« Tiens toi droit »
« Ne parle pas trop fort »
« Fais du sport »
« Ne mange pas trop de pain et calme toi sur le chocolat, mangez ses émotions c’est un manque de conscience de soi … »
« Sois fort, ne pleure pas, souris« 

Ouai bah tu sais quoi ?

Ferme ta Bouche, t’auras chaud aux dents !

 

Est-ce qu’on pourrait clairement nous fouttre la paix avec les diktats, les conventions, les règles, les principes et les bonnes pratiques pour nous laisser vivre un peu ?
Et surtout est-ce qu’on ne se fouttrait pas une putain de paix à nous même en arrêtant de nous auto-torturer pour simplement s’accepter, assumer et s’affirmer … être soi, même à l’imparfait.

Dire OUI à soi et à la vie parce qu’autant être honnêtes une bonne fois pour toute : s’il y avait des équations absolues dans la vie à base de telle action entraine telle conséquence, cela se saurait et, la vérité, on se ferait chier ! La vie est pleine de ressources, de surprises et d’imperfections … comme nous finalement.

Et c’est tant mieux !

La perfection est ennuyeuse parce qu’elle est douteuse, lisse, plate, sans relief ! Si on aime l’océan c’est pour ses vagues justement, qui a envie de se mettre une vue lac ad vitam aeternam, c’est chiant (ça va la suisse ?)
Je vous préviens … j’aime les fêlés, les imparfaits, les névrosés, les honnêtes, les entiers en fait … parce que j’aime le naturel, l’authentique, le vrai.
Je hais les faux semblants, les faux jetons, les faux cul, les faux en fait, les fake news aussi, les façades, le paraitre, les masques parce que ça me gave, parce que les mensonges me soulent d’autant que la vérité finit toujours par se savoir, et que si vous pensez qu’on ne voit pas clair au travers votre maquillage, vous nous prenez pour des jambons alors qu’on est des gens-bons-pas-si-cons.

Je dis vous et je fais dans la caricature alors que je pourrais dire nous sans fioritures parce qu’évidemment que nous sommes tous un peu pareils et que l’on veut tous se montrer sous notre meilleur jour. Y’a qu’à voir nos comptes instagram … si en story je poste de jolies photos de cafés et des citations de Jacques Brel, je ne vous raconte pas que je mange les kiwis avec la peau et que je suis une brêle … en cuisine (entre autres choses mais on va s’arrêter là sur les dossiers … quoi que ce serait un super jeu que de vous lancer le défi de mettre en commentaire votre petit secret honteux ! Genre : je fais des bracelets brésiliens … Allez Challenge ! )

Nous / Vous avez surement vos raisons de vouloir être parfaits … de vouloir paraitre parfaits … de toujours montrer le meilleur de vous, que vous faites ce qu’il faut, ce qu’il se doit … mais j’ai une question : vous voulez quoi ? Qu’est ce qui vous fait plaisir ? Vous anime ? Vous fait vibrer ?

VOUS et pas ce que la société, vos parents, écoles vous a formaté d’envies : exemple : la berline familiale, le diamant, les 2 enfants, la rolex à trente ans (coup dans la carotide direct !)

Allez je vais donner le LA et répondre à la question pour moi : là maintenant je veux de la glace à la menthe partagée et mangée directement dans le bac (je sais ça ne se fait pas c’est dégueulasse) en matant Coup de Foudre à Notting Hill pour la 100ème fois, c’est con je sais parce que je procrastine ma liste de documentaires sur la surproduction industrielle dans le monde mais je veux entendre Hugh Grant dire à Juju Roberts « Ce qu’il y a c’est que avec toi, je suis vraiment en danger. A priori mon bonheur avec toi devrait être total – exception faite de ton fichu caractère – mais mon cœur inexpérimenté risquerait fort de ne pas se remettre si une nouvelle fois j’étais jeté comme je suis certain de l’être. Un jour tu partiras et tu me fouttras en l’air » et Juju de lui répondre « I am also just a girl standing in front of a boy, asking him to love her » je vous laisse faire la traduction, pour le frisson !!! J’adore … et je veux aussi écouter la bande son « when you say nothing at all » … CHUI FAN. Le pote à coté de moi me dit « Tu ferais mieux de mater 20 ans d’écart« , je veux lui en coller une … je peux ? Même si tu ne tueras point est un commandement ?!

Je veux écrire, des trucs sérieux et des conneries aussi. En faisant attention à la syntaxe et la grammaire souvent et m’en-balec-parfois-sa-mère parfois juste parce que ça me fera marrer d’avoir la brigade de l’Académie Française au cul ! Je suis pas Jean d’Ormesson ou Sagan et je ne prétends pas l’être, si déjà je vous fait passer un bon moment, je suis refaite !

Je veux rire parce que la vie c’est pas sérieux sauf parfois mais qu’on peut rire de tout … juste pas avec n’importe qui. Je veux faire l’amour et la guerre parce qu’il n’y a pas de meilleure baise/sauterie/coucherie que celle après une engueulade, vous ne direz pas le contraire ? Comment ça je suis choquante ! Ça va si on peut plus parler de cul maintenant ! D’ailleurs on le tranche ce débat : coucher ou pas coucher le premier soir ?

Je veux des gens bons plutôt que des gens beaux (Salut les mochesssss !)

Je veux que quelqu’un que j’aime beaucoup aille bien, se rende compte de sa force, de ses ressources, je veux qu’il arrête de jouer au con parce que même quand il est con je l’adore. C’est comme ça, même si je ne devrais pas parce que « y’a des choses qui se font et qui ne se font pas ! Tout de même« 

OH CA VA HEIN !

Personne n’est parfait !

 

Tout le monde a droit à un pas de côté, l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne et la tolérance c’est justement de tolérer même quand ça vient taper dans les règles, même quand ça nous dérange, nous bouge, nous change un peu, beaucoup, nous sort de notre zone de confort … parce que c’est comme ça qu’on grandit et qu’on avance et qu’on devient un être humain plus complet qui a appris à se gérer (comprendre à gérer ses peurs, ses angoisses, ses a-prioris) pour mieux vivre avec ses congénères (qui ne sont pas tout à fait comme lui) même quand ça dégénère, surtout quand ça dégénère parce que la vie n’est pas faite que de bons moments et que parfois faut savoir encaisser les pots cassés et serrer les dents. Quand c’est ce qu’on veut vraiment.

Chacun fait ce qu’il peut avec ce qu’il a 

« Parfaitement » me dit l’ami à coté. Il est au max de ses vannes today ! Surement l’effet de la soirée d’hier … Oui hier c’était jeudi et quoi ? Qui a dit qu’il ne fallait pas sortir le jeudi ?

 

En fait c’est ça, j’aimerai bien savoir qui est la personne qui a décidé « c’est comme ci et comme ça » ? Qui a été le scribe graveur de marbre , le distilleur de formol qui a cherché à nous faire aller à l’unisson comme des moutons de panurge ?

Perso, j’ai pris une murge hier, j’ai plus de cernes que de seins aujourd’hui à tenter de réaliser tous mes projets en même temps et je reconnais que si j’essaie au maximum d’appliquer les 4 accords toltèque, de méditer en pleine conscience et de rester dans la constance et la cohérence, il m’arrive d’avoir des coups de sang, de mou, des hauts le cœur, des émotions et des sentiments, de péter les plombs avant de retrouver mon calme. Wouwwww dingue !!!! En fait je suis juste un être humain.
Pas parfaite et je ne serai jamais comme tel car je ne fais rien comme on m’a dit et pourtant ma vie est jolie. Sûrement pas assez pour beaucoup et trop pour d’autres mais je m’en fous, parce que si je n’ai pas encore réussi grand-chose, il y a un truc sur lequel je ne me suis pas plantée : c’est de savoir bien m’entourer.

Enfin « bien » qu’on s’entende hein : on est sur une bonne bande d’allumés, de tarés, de névrosés, de fêlés … mais je les aime tellement eux et leurs défauts parce qu’ils sont sans filtre, nature peinture, simplement eux et heureux d’être là et de faire de leur mieux !

Alors voila ce soir, sur un coup de tête et à une heure indue, Sort un texte pour vous souhaiter une vie face à l’océan, des selfies sans filtre « natural beauty », des dents jaunies par les cafés clopes partagés, des rides d’expression, des bourrelets mignons à force d’enchainer les tablés d’amitié, des fins de mois difficiles parce que vous faites un métier de passion et pas alimentaire (la vérité frère ca finira par marcher si tu fais avec les tripes), des taches de vin sur vos tapis blancs, des draps froissés après câlins. Je vous souhaite d’avoir de la suite dans les idées pour vous et pas pour ce que l’on attend de vous. (Relisez avant que le café ne refroidisse au besoin)
Je vous souhaite qu’on vous aime pour ce que vous êtes vraiment : totalement, complètement parce que si c’est votre force qu’on adore, ce sont vos fragilités que l’on aime.

Soyez vous et ne tolérez pas qu’on vous demande d’être quelqu’un d’autre parce que c’est ça votre petit quelque chose et vivez en suivant vos émotions … en ayant confiance … en vous, en la vie et, si vous avez la chance de la partager en équipe, en elle ou lui. A deux la fête est plus folle et on est plus forts.

TRAVAUX PRATIQUES

Prenez une tasse en céramique dans votre main droite et une en laque dans la gauche.
La tasse en céramique semble parfaite, solide, blanche, sans tache, sans marque, parfaite.
La tasse en laque est faite d’argile, poreuse, elle n’est pas lisse et présente des défauts, a du relief.
Lâcher les deux sur le sol et voyez ce qui se passe ?
La tasse en porcelaine explose en 1000 morceaux.
La tasse en laque rebondit … simplement avec un nouvel impact.

Leçon

Ce sont nos défauts et nos fragilités qui nous consolident … font notre force, l’inner force comme on dit !

CQFD

La faiblesse a toujours vécu d’imagination. La force n’a jamais rien inventé, parce qu’elle croit se suffire. C’est toujours la faiblesse qui a du génie.

Romain Gary.

Notre putain d’affaire à tou-tes-s !

Notre putain d’affaire à tou-tes-s !

Elle est plutôt jolie. Elle a les cheveux mi-longs, bouclés, blonds coupés à la lionne, elle porte des lunettes et a un sacré port de tête.

Qui est-ce ?

Elle s’appelle Nathalie.

On dit d’elle qu’elle est gentille, généreuse, toujours prête à aider la communauté, maline. Faut dire qu’elle travaille au service social de la ville, à celui de la culture aussi.

Elle a bien réussi.

D’ailleurs, elle sourit, elle rit des blagues de son mari. Ensemble, ils ont deux enfants qui se marrent tout le temps, ils partent au ski l’hiver et l’été … bah ils habitent déjà près de la mer. Ils sont tous blonds. La photo est parfaite.

Parfaite.

Bon, le mari en question fait quand même des blagues un peu limites parfois, il est colérique et s’emporte facilement, sur un terrain il peut être facilement violent mais il est tellement sympa ! Et puis Nathalie est là pour le calmer. Elle y arrive à chaque fois.

Il est dur avec son ainée quand même. C’est pas donné à tout le monde d’être pédagogue, vous me direz. C’est bien pour ça qu’il y a des profs, des entraineurs et des formateurs. Et puis il a douillé dans son enfance, c’est un écorché, du coup il fait ce qu’il peut. C’est sa manière à lui de s’en occuper.

C’est pas rare qu’il gueule le soir quand même mais bon ils sont bons copains avec les voisins.

Mais tout de même Nathalie change régulièrement de lunettes. La coquette.

Elle chute souvent dans l’escalier, se brule, se cogne. La maladroite.
Elle est quand même sacrément embêtée par sa vue mais c’est depuis gamine qu’elle est myope et astigmate …

J’avais 6 ans.

J’avais 6 ans et j’entendais que mon père était peu patient mais doué de ses mains, bon bricoleur et bon farceur ; pas commode mais brut de décoffrage et qu’il fallait juste que je sois sage. J’étais pas chiante, je me contentais de faire ce qu’il voulait : courir au stade en tenant les temps imposés, apprendre à skier en 1h et demi et quand je n’y arrivais pas … maman me rassurait. Maman Nath.

Enfin Nath fallait pas trop la chauffer quand même. Au premier planté de bâton, j’ai fini à l’école de ski et … au premier lancé de nain (je parle de mon frère), elle s’est barrée.

Nathalie elle pouvait encaisser, serrer les dents et sourire, scotcher ses lunettes et la communauté à ne rien dire mais fallait pas toucher à sa couvée. Coupe à la lionne et mental de louve.

Nathalie est partie. Enfin non, elle a foutu dehors son connard de mari.

Quand même, elle ne lui a donné aucune 2ème chance, elle est dure ! Elle a surement rencontré quelqu’un ! La garce ! On l’a croisé en plus , Il a l’air si triste ! Puis il parait que les gamins ne veulent plus le voir. Le pauvre.

Le pauvre !

Pauvre boxeur privé de punching ball. Pauvre petit dictateur privé de souffre douleurs.
Pauvre mari et père pervers qui n’a plus rien à traumatiser, humilier, terroriser.

Mais quand même, franchement, vous y croyez vous qu’il la battait ? En même temps, si elle a été assez conne pour accepter la première gifle, faut pas s’étonner qu’il recommence.

La conne.

Souvenirs d’enfance. Nous sommes 26 ans plus tard et si le cauchemar de ma mère appartient au passé parce qu’elle a eu le courage de s’en aller, en ce samedi 15 janvier, sept femmes sont déjà décédées sous les coups de leur mari parce que NOUS n’avons pas sur les protéger.

Ce n’est pas notre affaire, vous me direz ?

Ouai les voisins de ma mère disaient ça aussi, tout comme la tenancière du café du village (elle se tapait mon père en même temps, alors elle, elle savait qu’il était doux, le volage), les collègues, les amis … toutes celles et ceux qui ne prennent pas parti et qui préféraient détourner le regard plutôt que de voir la vérité en face : ce n’est pas une expression d’amour passionnel d’avoir un cocard sur la face !

Non, C’est notre putain d’affaire à tou-te-s !

« La lutte contre les violences faites aux femmes (et aux enfants) ne se limite pas au bureau moche du flic qui prend la plainte (si tant est qu’il la prenne), c’est un chantier dont nous sommes tous les petites mains. » a écrit Laura (A lire : « la conne » sur MAAG). Et c’est ça : C’est souvent sur la place publique que tout se joue, au sein de la communauté qu’une personne victime de violence va se sentir à l’aise ou non de parler. C’est à nous d’écouter.
Parce que La clef est là : être à l’écoute même quand la personne se tait.
Et la croire.
Même quand c’est surprenant, choquant, bouleversant, impensable, incroyable… Incroyable justement. Parce que de toute façon, rationnellement, raisonnablement c’est impensable, incroyable et tout ce qu’on veut de frapper sa femme et de la couvrir de bleus ! Et que si un jour vous vous êtes dit « oh finalement ça ne m’étonne pas tant que ça qu’il uppercute sa femme lui » c’est déjà que vous êtes dans la catégorie des faux aveugles, des sourds occasionnels, des immobiles. De ceux qui savent mais qui se taisent.

Nous, ici, on a décidé de faire du bruit.
Nous, ici, on te croit.

On s’appelle Nathalie, Mélanie, Laura et aujourd’hui nous voulions toutes les trois (te) rappeler ça : Tu n’es pas conne. Pas faible, pas idiote, pas condamnée. Pas seule. Non, tu n’es pas seule.

Forme Libre est, depuis décembre, une association engagée, une zone franche d’expressions libres. Tu peux tout nous dire, tout nous confier, parler et, c’est promis, on va t’aider. Que tu sois ici ou là …

Tu n’es pas seule.

Il y a aussi Mel, Marie, Charlotte, Ondine, toutes ces formes libres qui seront prêtes à t’écouter, à te croire, à t’accompagner.

Ici on ne ferme pas les yeux, on s’organise, on fait ce qu’on peut parce que trop c’est trop et qu’il est grand temps que ça bouge.

Et on va bouger.

Ma mère n’était pas conne.
Ma mère était fière. Pas le genre à se plaindre sur la place publique.
Chez nous on est pudiques.
Et pourtant ce matin quand, indignée, j’ai partagé la publication de « Noustoutes » elle a répondu :

« Je n’aime pas ressasser le passé, je ne suis pas un exemple, je pars du principe qu’on peut s’engager sans expliquer pourquoi on le fait mais quand le passé devient le présent, quand finalement, des années après je vois que rien n’a changé, évolué, je bous de l’intérieur en tant que femme et en tant que maman j’ai mal au cœur. Ma puce, je sais que ça te démange depuis un moment, vas-y écris, fais du bruit, raconte, dis à ces femmes qu’on est là, qu’on va bien, qu’il y a une vie après, que tout peut aller bien. Si elles partent. Parce que si elles restent, alors ça n’ira pas. Ca finira mal. Dis leur ».

Nathalie

Maman je suis fière de toi.
Merci d’avoir sauvé ta vie parce que depuis bordel ce que la vie est belle !

EN CAS D’URGENCE

Appelez la police au 17
Si vous ne pouvez pas parler, envoyez un SMS au 114
Vous pouvez discuter avec la police de manière anonyme, 24h sur 24h sur https://www.service-public.fr/cmi

Il existe deux numéros dédiés pour les femmes victimes :

Le 3919, du lundi au dimanche, 9h-19h
Viols Femmes Informations 0 800 05 95 95, du lundi au vendredi, 10h-19h
Allez suivre noustoutes.org

Taboues, plus rares, les violences conjugales subies par les hommes existent aussi. Et sa proportion, bien que très inférieure à celle des violences faites aux femmes, est loin d’être dérisoire. Soyons aussi vigilants pour eux.