Inch’Allah

Inch’Allah

Des évènements récents sont venus m’interroger sur notre rapport au temps.

Celui qui passe. Celui qu’il nous reste. Celui que l’on prend.
Celui que l’on donne, offre.
Celui que l’on se donne, s’octroie.
Le temps nécessaire, le temps perdu, le bon moment, le mauvais timing.

Je vois le temps qui file, défile, je me vois vieillir, prendre une ride, puis deux, puis trois ; c’est la vie.
Je vois mon frère acheter une maison, construire. Je vois mes amis se marier, avoir des enfants, Solal a déjà deux ans … je ne m’en remets pas, il n’est déjà plus un bébé mais un petit garçon et il dit tata.

Cela fait déjà un an que j’ai pris la décision de quitter Paris, que je suis ici. Un an que je change de vie, prend un virage à 180, que je rencontre, m’installe, prends mes marques, tout est passé si vite et en même temps … j’ai toujours ce sentiment que tout est lent, tourne au ralenti. 

Des relents de mon ancienne vie me servent constamment des  » T’en es où de tes projets Mélanie ?  »   » Toujours pas mariée ? Ahhh faut dire que toi et l’engagement n’ont jamais fait bon ménage aussi !  » …

Faut dire surtout que … non je vais être désagréable, mon karma !

Tout autour de moi, j’observe des gens « occupés » , « busy busy » qui « n’ont pas le temps » , qui « doivent » parce que « il faut » , des gens qui courent parce que le temps presse.
Je ne juge pas, d’autant que souvent je fais pareil, je me bute à vivre des trucs de folie car quand on vit fort et vite on a le sentiment d’être en vie et d’avoir des grandes choses à dire, des choses qu’on ne dit pas à demi…
Je constate seulement que l’on s’efforce et force pour sûrement se prouver qu’on trime, se montrer qu’on est légitime … mais tout ça n’est en réalité bien souvent que de la frime. On se gausse de ne pas avoir le temps pour se montrer important.

Nous avons tous le sentiment de savoir ce qu’il nous faut, ce qui est bien, bon et nous nous appliquons à les obtenir, les réaliser. Nous courons après. On fait tout à la va-vite, on passe mais on ne s’arrête pas … on veut tout, tout de suite.

Et pour justifier tout cela, qu’on ne s’inquiète pas, les dadas de la réussite outre-Atlantique nous ont servi tout un tas de règles de discipline dont on peut user à la volée et s’envelopper en fonction de la vie et de ce dont on a besoin, des mantras pour se rassurer qu’on est dans le vrai et sur le bon chemin.

« Try, Fail & fail again & fail better » ;
« Live fast because times flies »

Coup dans la carotide.
Direct.

« Mais Mel pourquoi vivre à 50 km/h quand ton compteur affiche jusqu’à 160 ? La vie est courte, tu sais ! »


Marrakech, vol direct !

Et le temps s’arrête…

Je me suis autoprescrit de partir pour respirer. Péter un coup. Faire une pause et voir le vide, ce qu’il me fait dans mon dedans. Retrouver mon propre rythme, conjuguer ma temporalité au présent. Faire le ménage. Reposer mon corps et mes méninges. Peser les choses, les mots, retrouver la justesse, un peu d’à-propos. Paresser pour y voir plus clair et ne pas dire et faire des choses en l’air. Cesser d’écouter ce qui se dit à droite à gauche, ce que viennent me dire les gens, pour mieux m’écouter. Prendre le temps de perdre mon temps pour mieux aller de l’avant.

Alors voilà, je vous écris du Maroc. De cette ville où un thé ne se refuse pas et où on se remercie toujours pour le temps offert, donné, partagé. Cette ville où l’on ne se contente pas de « passer » mais où l’on s’arrête, vraiment, avec présence et engagement.

Je vous écris d’un riad qui sent l’ambre musquée ;
Je vous écris d’un jardin qui sent la fleur d’oranger ;
Je vous écris d’un taxi où j’ai retrouvé quelqu’un sorti tout droit du passé ;
Je vous écris de la kasbah où les barrières et les murs en moi sont tombés ;
Je vous écris d’un désert où j’ai vu émue cette petite sœur offerte par la vie prendre de la vitesse, sa confiance, son élan ;
Je vous écris d’un souk où Aziz a pris ma main pour mettre de l’ordre dans mes racines et mes sentiments ;
Je vous écris de l’Afrique où l’authentique et la pudeur sont l’élégance du cœur ;
Je vous écris d’un hammam où le savon noir a eu raison de nos peaux mortes et où la vapeur nous a enveloppées de douceur ;
Je vous écris d’une mosquée où anciens, jeunes, femmes et hommes expriment leurs vœux pour l’avenir dans un murmure, presque sans le dire ;

Je vous écris … éblouie par tant d’humanité … de tolérance, de clairvoyance, de conscience.

Et je vous écris aussi des ailes d’un avion d’où nous nous élevons sans faire de bruit.
Retour à la  » vraie vie « .
Les mêmes qu’avant mais avec une nouvelle énergie.
Partir pour mieux revenir.

Je dis nous parce que je suis partie pour ce voyage avec pour seule bagage ma Marie, mon petit beurre, qui me dit :

 » Ce qui me marque c’est que c’est doux et en même temps ça vibre, c’est vivant, c’est plein de rythme, de dynamisme et que tout se conjugue ici au présent, tout se fait pas à pas ».

Elle a tout compris. C’est pour cette sensibilité là que je l’aime tant, ma Marie. Et c’est pour cette énergie complexe faite de paradoxes que je l’aime autant ma Marrakech peu orthodoxe. C’est ce dont j’avais besoin, ce que je suis venue chercher, retrouver.

Et là-bas quelque chose m’a interpellée : le souvenir. Le pouvoir de la mémoire. Il ne m’a pas fallu plus de 5 minutes sur le sol terracota pour que tout me revienne. Je me suis souvenue de tout. La route, les chemins, les noms, les expressions, les odeurs, les saveurs, même les mots dans la langue locale. Incroyable.
Est-ce à dire que quand quelque chose compte, nous émeut, il s’inscrit dans notre mémoire, quelque part, qu’il ne disparait pas, que l’on n’oublie jamais, que c’est simplement là, encore et toujours, juste rangé et que ça revient en temps et en heure, au bon moment ?

Les émotions me sont revenues aussi. Il faut dire que j’en ai vécu des choses ici. J’ai parcouru le désert et l’Atlas, vu Tanger la blanche et Chefchaouen la bleue, les Oudayas et le Pont de dieu. Alors deux ans tout pile après ma dernière visite, je fais le bilan, calmement … Ne dit-on pas qu’il faut se libérer du passé pour avancer ? Prendre conscience que l’activité d’avant est terminée pour s’engager dans une autre ? Plonger, Pleinement.

Antonio Machado a écrit: 

 

« Voyageurs, il n’y a pas de chemin,

les chemins ne se font qu’en marchant. »

 » Tu es entre deux, tu hésites, tu boites, tu doutes parce que tu laisses trop parler ta tête et fais trop taire ton cœur. Laisse aller tes pas, ils te montreront comment faire, quand il convient d’avancer, et quand il convient de ne pas bouger, quand il convient de se rapprocher et quand il convient de reculer. Sois attentive à chacun de tes pas. Poursuivre son chemin c’est vivre au présent. Fais un nouveau pas chaque jour, courageusement, totalement. Souviens toi que dans le désert, il n’y a pas de chemin, chez les berbères on s’oriente avec un stylo planté dans le sol, en observant l’ombre donnée par le soleil. Tiens toi tranquille, observe. N’écoutes pas les voix autour, l’avis des autres c’est la vie des autres, fais confiance à ton instinct. C’est ton don. Celui que tu as reçu de tes racines nomades, il t’appartient. En faisant cela tu trouveras toujours le chemin qui te convient, la place où tu dois être. Inch’Allah « 

Aziz

L'Ami Touareg

Des mots qui sonnent et raisonnent. En général, nous marchons pour aller quelque part plutôt que de marcher pour sentir chacun de nos pas sur le sol. Nous avons besoin d’une motivation pour entreprendre une action au lieu de l’entreprendre pour elle-même en la laissant nous mener à bon port. Nous ne faisons volontiers les choses que si elles correspondent aux idées préconçues que l’on a du résultat. Nous bousculons tout : nous, les choses, les autres en laissant derrière nous une impression de froid. Un courant d’air. Nous recherchons la destination et négligeons le voyage.

Mais alors … combien de choses, de rêves se trouvent gâcher à vivre tout juste pour s’évader ? Combien d’entre nous sommes lancés sur l’autoroute et loupent les sorties, manquent les surprises de la vie, ratent les connexions, les synchronicités ? Les pas de côtés qui nous permettent de respirer ? De reprendre notre souffle et d’ouvrir les yeux ? De remarquer ? De prendre conscience de ce qui est déjà là, juste à coté, de s’arrêter et de l’apprécier ?

Je crois qu’en Occident nous avons peur du temps. Nous avons peur du vide, de l’oubli, alors on s’étourdit pour laisser sa marque à tout prix. Nous sommes des esprits affamés, des singes sauvages, des hamsters en cage, des mendiants de l’amour… Sans nous en rendre compte nous menons une bataille avec le temps et nous cherchons à le contrôler en anticipant l’après plutôt que de vivre l’instant. Nous accumulons, comptons les réussites, les bonnes notes, les kilos que l’on prend et les batailles que l’on perd. On veut satisfaire ses bons plaisirs et on tire la couverture à soi en tirant sur les ficelles en cherchant un équilibre sur une corde raide. Mais est-ce que nos peurs valent à ce point la peine pour exiger aussi peu de nous-mêmes ?

Le monde est en perpétuel mouvement alors chercher la stabilité, la sécurité n’est il pas une course à l’aveuglette vouée à l’échec ? 
Dire « je te promets« , « toujours » , signé un contrat à durée indéterminée n’est ce pas déjà mentir quand on ne sait pas de quoi demain sera fait ?
Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été sur la réserve dès lors qu’il s’agissait d’engagement. Je n’ai pas tellement la notion de la dévotion et je déteste ne pas être au rendez-vous de mes promesses. J’ai toujours eu besoin qu’on me donne le temps d’apprivoiser, d’observer, de gérer… pour ne pas paniquer, me sentir prise dans les cordes, étouffer.

Mais voilà, là-bas, j’ai trouvé la formule pour apprendre à gérer tout ça.
Elle se résume en un « Inch’allah » !

Mais attention inch’allah ne veut pas dire être laxiste, désengagé, fataliste, ce n’est pas prendre tout par-dessus la jambe ou dire des choses en l’air. C’est même tout le contraire. Inch’Allah c’est être là. Au présent. Maintenant.

Dire Inch’Allah c’est affirmer « j’en ai envie, c’est l’idée, le projet, je vais tout faire pour, m’engager, m’investir, m’impliquer, construire » et puis s’adapter, laisser les choses être et aller, prendre forme.

Dire Inch’Allah c’est demander « Je n’ai aucune idée de ce qu’on sera, du genre de vie qu’on aura. Tout ce que je sais, c’est que je veux passer du temps avec toi, alors on fait quoi ?  » et s’accorder du temps, des moments, se créer des souvenirs, se laisser « être » seul-e et ensemble à la fois, mais sans jamais rien promettre ; se toucher, se taire, s’embrasser qu’importe l’avenir, on ne le connait pas et RIRE (oui rire ! Riez bordel. Soyez légers , emportés)

Dire Inch’Allah c’est aussi parfois lâcher, partir et se dire que dans la vie les choses, les relations prennent toujours la forme qu’elles doivent prendre. Seules. Un jour. Parce que quand on a un lien avec quelqu’un, ça ne disparaît jamais vraiment. On redevient vite important l’un pour l’autre. Parce qu’on l’est encore. Quand on l’est, Quand on doit l’être. Peut-être … Inch’allah qui vivra verra …

Inch’Allah c’est faire des efforts, sans jamais se promettre le confort d’un toujours, sans jamais mettre sous cloche, en cage, dans des cases ou des bocaux de formol. Faire les choses sans jamais les étiqueter. C’est vivre l’indéterminé sans le signer. Ne jamais rien prendre pour acquis, surtout pas l’acquêt (blague de juriste. Sorry).

C’est ne pas imposer ses temporalités mutuelles, Attendre la belle. S’il y a match elle aura lieu. 

Inch’Allah c’est respecter la liberté de l’autre.

C’est avancer pas à pas. Explorer. (se) découvrir. Plonger.

A Marrakech, il n’y a que les fruits que l’on presse et, moi, je ne veux pas presser mon monde. Je préfère prendre mon temps quitte à être en retard au rendez-vous d’après parce que j’ai accordé le temps qu’il fallait à celui d’avant.

C’est pour ça que j’ai tout coupé : pour aller chercher au plus fort de ce que j’avais la définition de mon projet. C’est pour cela que je suis partie loin, pour chercher la confiance, l’audace, l’entrain de réaliser, de concrétiser, d’oser.

Et maintenant me revoilà et ça y est, je mets tout en vente : l’appartement, le cœur, je laisse le passé derrière moi.
Et maintenant me voilà avec mon bébé de projet dans les bras. Soyez tolérants et tolérantes – s’il vous plait – et prenez le temps de le découvrir pas après pas ; il va grandir et ON vous le dira … je serai au rendez-vous de mes promesses et j’espère que vous serez là.

Et en attendant, je vous laisse écouter ça :

Tout vivre

Solide sur les appuis

Solide sur les appuis

S’il y a un prix pour manque de discernement, je crois que j’ai le ticket gagnant ! Médaille d’or aux championnats de la boulette.
Note à moi même : Demander à l’Académie Française de ré-orthographier maladresse en meladresse. Ce serait approprié.

S’il y a un trou dans la chaussée c’est pour ma pomme (et mon menton), une marche mal scellée, boum le rez-de-chaussée sans passer par le premier, 6 pieds sous terre … Ah ça non jamais ! Je tombe souvent, mais je ne (me) ramasse jamàs.
Je finis toujours par recommencer à trottiner … deux, trois entorses et bleus ici ou là mais jamais rien de casser.
(Re)Lève toi et marche qu’il a dit … et pour le reste je peux compter sur l’osthéomagicien Phiphi.
Alors pourquoi j’avance ? Et bien parce que j’ai confiance !

En la vie.

Du coup je reste solide sur les appuis.
Le mollet bien galbé … ou inflammé. Le jarret densifié qu’on dit dans le métier.

Parfois cette raideur peut scléroser. Mais ce maux là n’est que l’expression d’une peur : celle du changement, de l’incertitude de ce qu’il y a devant. Cela peut-être aussi la difficulté à changer d’opinion, de position. Dans le mal-a-dit, le genou est la porte de l’acceptation, la cheville celle de la décision. Ce qui se passe entre les deux ressort du passage de l’idée au concret. Le fameux passage à l’acte, la clé dans le contact

La symbolique de la douleur au mollet ne colle pas trop avec toi je trouve, me dit l’Ami…

T’es pas du genre à avoir du mal à changer d’opinion ou de position sur un point de vue habituel de ta relation au monde…« 

Ne pas avoir d’opinion actée, ferme, définitive, jamais, garder la tolérance en ADN parce que l’ouverture d’esprit n’est pas une fracture du crâne. Cela me fait penser à une récente discussion avec un Homme d’exception :

« Je me garde bien d’avoir un avis parce que dans 45 jours je vais apprendre quelque chose qui me fera évoluer »

… bientôt vous lirez son portrait.

Mais précisément, n’est-ce pas cette remise en question permanente qui fait parfois vaciller ?

N’est-ce pas ce doute qui sclérose, ne dit-on pas que l’imbécile est heureux ? Sans névrose.

Pour continuer à vous énumérer la liste de mes blessures de guerre, j’ai une aponévrose plantaire. Voyons voir … que dit le bazar : 

« Il s’agit de notre point d’appui sur le sol, la partie sur laquelle tout notre corps repose et se repose pour les déplacements, les mouvements. C’est lui qui nous permet de « pousser » vers l’avant, et par conséquent d’avancer, mais aussi de bloquer nos appuis et par conséquent de camper sur nos positions. Le pied représente donc le monde des positions, l’extrémité manifestée de notre relation au monde extérieur. C’est le symbole de nos attitudes, nos positions affirmées et reconnues, le rôle officiel que nous jouons. Ce dernier représente nos critères de vie, voire nos idéaux. C’est la clef symbolique de nos appuis « relationnels ». C’est enfin un symbole de liberté, car il permet le mouvement. Une douleur de pied exprime les tensions que nous ressentons par rapport à nos positions face au monde. Il signifie que nos attitudes habituelles, que les positions que nous prenons ou que nous avons manquent de fiabilité, de stabilité ou de sécurité. Ne dit-on pas d’ailleurs de quelqu’un qui n’est pas tranquille, qui a peur ou qui n’ose pas affirmer ses opinions ou ses positions, qu’il « est dans ses petits souliers »? Ne dit-on pas de quelqu’un qui ne sait pas quelle attitude prendre par rapport à une situation (relationnelle), qu’il ne sait sur quel pied danser?« 

En effet … C’est assez magique d’observer la linguistique. Celle des maux et des mots. Il y a toujours de l’à-propos.

S’il est vrai que je suis plutôt flex et que je n’éprouve aucune difficulté à m’adapter, j’ai parfois plus de mal à être bien dans mes basques. Plus caméléone que lionne. On ne se refait pas, la confiance en soi est un sacré débat.

Et pourtant j’avance. Parce que la confiance c’est plus que ça. C’est aussi savoir cultiver ses chances. En prendre conscience.

Et pour le coup à défaut d’être bien dans mes basques, je suis bien avec mes basques. Solide sur les appuis : elles, eux, ce qui rend la vie plus jolie. 

Partout nous lisons que la confiance est un truc à chercher en soi, qu’il faut s’affirmer, trouver la force, la foi en nous, envers et contre tout/tous. Ne compter que sur soi. Etre solide, bien construit, câblé, aligné, ancré. Je dois dire que je ne comprends pas bien tout ça ; cette tendance à autocentrer les gens. Ne chercherait-on pas à justifier le confinement ? (Ceci est une vanne, l’ami complotiste détends-toi immédiatement) ! Blague à part, s’il est certain que nous devons chercher en nous les clés pour connaitre nos goûts et savoir qui l’on est, ne serait-ce pas un chouya naïf et un brin égoïste de penser que nous sommes seul-es et que nous pourrions sereinement vivre tranquilles sans être percuté-es ici et là par notre environnement ? En d’autres termes, être solides sur ses appuis, sans appuis ?

Loin de moi l’idée de vous dire ce que vous devez en penser mais pour moi, à moins que tu ne sois berger dans l’Himalaya, ça me semble compliqué à réaliser. En plus y’a réchauffement climatique, crise écologique donc de toute façon même dans l’Himalaya t’es impacté, l’humanité ne te lâche pas. Voila. CQFD. Et puis depuis que tu es petit ou petite, pour avancer tu as toujours pris appui à coté : sur quelqu’un, en tenant la main pour apprendre à marcher, sur les choses, comme les petites roulettes de ta bicyclette …

Il y a quelque chose de racinaire dans la confiance en soi. Pour moi, il s’agit d’un truc d’origine ou un truc qui se jardine. Et là, c’est un peu chacun son terrain, au gré du terreau, dépendant de ce et ceux à quoi on a été arrosé. Pour certain c’est pas de pot !

Je lisais récemment une étude sur la confiance. Rapport à mon taff, à un coaching en cours et aussi à une question que l’on me pose souvent : La confiance ça marche comment ?

La confiance en soi est quelque chose de compliqué, de ce que j’observe autour de moi il est peu de gens qui en sont dotés. Dur ! Alors vous dire qu’il n’y a rien à faire, je ne crois pas… peut-être que ce que nous pouvons travailler c’est la conscience de soi. Comment ? En se considérant. En ouvrant grand les portes de sa maison pour entrer en soi et trouver les racines, les fondations, cet ensemble de petites choses qui font ce que nous sommes ; s’estimer dans ce que nous avons de valeurs au cœur, de parties sombres mais aussi de lumières, et accepter. Cela revient à s’ancrer, à devenir notre propre rocher. Je crois qu’une fois que l’on pose tout ça là, on est solide sur les appuis et que le vent pourra souffler. Fort parfois. On vacillera mais on ne bougera pas. C’est d’ailleurs tout ce que je vous souhaite :
Personne ne veut d’une bande son de vie en électrocardio plat, on veut que ça swingue que ça vibre mais si on connaît sa fréquence d’équilibre le jazz ne devient jamais un blues déprimant et on ne laisse personne nous envoyer valser dans les cordes. On rebondit façon entrechat sur le thème des aristochats :

Tout le monde veut devenir un cat parce qu’un cat quand il est cat retombe sur ses pattes.
A faire du jazz on finit par être un acrobate car tout le monde veut devenir un cat. oh oui kitty kitty kitty.

 » – T’es bien mignonne avec ta méditation ma Mel mais quand l’autre flamby ne répond pas à mes messages, c’est panique à bord et le roseau se tord !
– C’est là que la confiance est comme la vie : une petite pute faite d’autrui …
– Ok mais t’as une solution ?
– Il était une fois la vie ! 3 2 1 Maestro l’intello c’est parti :

Selon les psychologues, l’être humain est un animal social et à ce titre il recherche chez les autres la satisfaction des besoins de valeur et d’approbation. Il semble que tout a commencé lorsque nous vivions en chassant en tribus. Puisqu’il était impossible de vivre seul, être expulsé d’une tribu signifiait être condamné à mort. Sympa l’ambiance. Pour cette raison, notre cerveau a développé une sorte de signal d’alarme qui peut nous avertir lorsque nous sommes sur le point d’être «expulsés» par la tribu à laquelle nous appartenons. Pour faire bref et simple, nous perdons pied à l’idée d’être rejeté et/ou abandonné. Que ce soit un grand refus ou un léger refus, une chose est sûre, ça fait mal et parfois plus que ce à quoi nous nous attendions.
Mais Pourquoi ? (mes amis ont 6 ans parfois, et pourquoi si ; et pourquoi ça !)
– Notre cerveau est structuré pour répondre de cette façon. C’est de la neurocognition. Lorsque nous sommes rejetés, abandonnés ou subissons une perte, les mêmes zones du cerveau impliquées dans la douleur physique sont activées, à savoir l’insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur. Une étude de neuroimagerie a révélé que ces régions étaient actives lorsque les gens se sentaient rejetés par leurs pairs. Le cerveau enregistre alors l’expérience, l’inscrit dans la mémoire et par la suite à chaque fois qu’il reconnaitra ce sentiment bizarre, il fera tout ce qu’il peut pour chercher à l’éviter et trouver une sécurité. C’est là précisément que commence la valse des émotions, des angoisses et des névroses là que l’on s’agite, panique, tourne en rond et c’est là aussi que la douleur que nous ressentons peut être paralysante. La fameuse sclérose. La névrose qui empêche d’avancer. »

Avouez que vous rêvez de prendre un café avec moi après ça … hahaha ; en vrai placer le mot neurocognition dans une discussion passe toujours crème et votre beau-père ne vous regardera plus jamais pareil ! Véridique.

La confiance n’est donc pas un truc si indépendant que ça et libre de tout endroit.

La confiance c’est une nébuleuse entre la confiance en soi, la confiance dans les autres, la confiance en l’Autre (on peut être doué en amitié et pas en amour, ok ?! C’est pas pareil, un jour je vous en reparlerai) et la confiance en la vie. Elle prend racine dans notre expérience, dans notre enfance aussi … ensuite nous nous démenons tous comme nous pouvons avec ce que nous avons et avec ceux que nous avons.

Il y a dans cette affirmation deux choses. Il y a la confiance que l’on se donne et celle que l’on donne. Et les deux sont corrélées, reliées.
Qu’est ce que je cherche à dire ici ?
Et bien qu’il faut faire attention aux conneries que l’on fait et à celles que l’on dit !

Pourquoi ? parce que vous avez un impact sur les gens, que vous le vouliez ou non. Vous pouvez être responsables de leur chute ou de leurs tremblements. En d’autres termes vous pouvez donner confiance ou faire perdre confiance.

Un mensonge, une promesse non tenue, une réflexion, un tir, une blague pas drôle … et ce peut-être la glissade, la dégringolade, le toboggan… tout ça joue et faudrait voir à ne pas toujours jouer avec ses congénères et les prendre pour des jambons. Les gens bons ne sont pas aussi cons qu’ils en ont l’air.

Le corolaire de tout ça est bien évidemment la confiance en soi. J’ai envie de vous dire que face aux mensonges, aux manipulations, aux foutages de gueule et aux contradictions vous n’avez qu’à passer votre chemin en vous concentrant sur vous car c’est l’essentiel après tout. Mais je sais bien que ça ne marche pas comme ça. Mollets a l’appui: Je me suis faite avoir moi aussi.
Ne dit-on pas que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés ? Multiple Médaillée d’or de la Rate cup (celle là fera rire le frérot Arnaud), j’ai tendance à m’autoalimenter au courbouillon : jamais assez, ou peut-être parfois trop … je me pose trop de questions. Parce qu’on m’a menti, je doute encore, parfois, souvent. Et souvent, je ne dis rien, j’observe, je note. Résultat même si j’ai l’air naïf, je garde l’esprit vif, je passe en mode pilote automatique et revêt le masque du fuyant. Classique. L’effet boomerang du rejet. Sauf que ce boomerang là ne revient pas. Tant va la cruche à l’eau qu’un jour elle se casse. La cruche. C’est mécanique. (cf. la neurocognition pour les nuls. Non je déconne)

Mais alors … justement … Rien n’est immuable et le passé n’est pas obligé de se reproduire. Une relation ne fait pas l’autre, tout est toujours à réécrire entre les lignes, à reconstruire à 4 mains, deux têtes, deux cœurs, entre les cuisses. Pardon. (ça vaaaaa si on peut pas parler de cul parfois !) Bref, vous pouvez éteindre le pilote automatique et décider de conduire. En manuel. Faire des choix et des arbitrages. Rester plutôt que partir. Ou l’inverse. 

Solide sur les appuis sans oublier l’appel à un ami.

Au milieu de l’océan, s’il est important d’être ancré, de se donner le temps de la navigation pour comprendre sa/ses cartes, il est aussi important de ne pas se saborder avec un entourage qui n’a rien d’un équipage car quand les moteurs sont coupés, il y en a toujours peu pour ramer à vos cotés. Et je ne parle même pas de ceux qui accepteraient d’être une bouée en cas de plonger. Si rares mais si importants comme denrées. Parce que c’est humain parfois de se noyer et d’avoir besoin qu’on nous tende la main.

Et puis, on l’a dit, la confiance est une mixologie, un truc de vases communicants ; c’est là que les amis ont souvent du talent.

La clef ce serait donc de sélectionner ses boussoles – Histoire de ne pas finir comme Jack Sparrow déboussolé à la moindre occasion – De bien choisir ses relations. Celles qui vous élèvent ou qui – a minima – vous maintiennent à la surface, qui ne vous font pas plonger, ne vous mettent pas le nez dedans, ne vous laissent pas sombrer.

Bref, entourez vous de soleils, de personnes qui ont une lumière intérieure, comme le frigo, cela vous nourrira !

J’ai longtemps pensé n’avoir aucune importance dans la vie des autres, j’ai longtemps voulu ça aussi : ne pas avoir d’impact, cela me rassurait, cela me permettait de m’échapper. Et puis j’ai compris.
J’ai compris parce que j’ai aujourd’hui des gens autour de moi qui me donne l’impression d’être autre chose que rien, de passage, ils soignent mon syndrome de Mary Poppins bien que ça ne soit pas toujours simple à accepter, je n’ai pas toujours le bon vase pour leurs fleurs mais j’ai chaud au cœur.
Ils ont réussi à me donner la confiance de traiter de salopards tout ceux qui sont en retard aux rendez-vous de leurs promesses, d’arrêter de leur trouver des excuses et de souquer les artibuses (j’espère que vous avez la ref, sinon ça fera plouf. Ha ha ha). 

Du coup, si je suis plus roche percée que boucalot au milieu de la marée, je ne bouge pas, je ne vacille pas et je reste concentrée à la réalisation de mes projets. Solide sur les appuis. Je sais désormais qui je suis, avec mes défauts et mes qualités et je sais aussi où je vais. A ce sujet, je reste là. Je regarde vers l’horizon avec la certitude au cœur de la promesse d’un grand ciel bleu. Face à tout, je choisis toujours le soleil. Parfois ça demande d’accélérer, parfois ça demande de ralentir, parfois ça demande de lâcher et parfois de tenir. Le tout constitue ce que l’on appelle le déséquilibre contrôlé. Et c’est dans cette expression là que j’ai trouvé la clé :

Cet article peut sembler perché mais s’il peut être une perche, un point d’appui à une impulsion à l’une ou l’un d’entre vous alors je serai ravie.

J’ai mis du temps à comprendre tout cela, à être solide sur mes appuis alors j’ai eu besoin de le coucher là. Je crois qu’avancer revient à vider un peu de ses bagages. Sans que l’étalage ne soit nécessaire mais j’aime bien partager, et puis écrire c’est se montrer, se dévoiler. Raconter des histoires passe parfois par raconter un peu de la sienne je crois, … non ?! 
Et pour le coup j’ai décidé que les projets à venir seraient faits de partages et de sourires échangés. D’authentique. De sincérité et d’humanité. Il est temps pour moi de hisser la grande voile. D’oser.

Merci de votre confiance. Elle est ma chance. C’est grâce à elle que j’avance. Vous êtes chouettes à m’encourager et vos commentaires sont autant de coups de vent et de coups de pieds au cul qui désenflent mes mollets et me font voler !

En surf le tout n’est pas de rester assis sur sa planche à regarder les vagues passer, le tout ce n’est pas non plus de rester allonger et de piquer, le kiff, le vrai c’est de se lever et de glisser, solide sur les appuis, avec la confiance au cœur que le meilleur est à venir.

© Thomas Lodin

Septembre ou l’optimisme

Septembre ou l’optimisme

Septembre ou l’optimisme.

Je n’ai jamais été de ces enfants observés hier qui pleuraient sur le perron de l’école lors de la rentrée, agrippés aux jambes de leur mère, suspectant je ne sais quel abandon.

Tout au contraire, j’éprouvais une telle ivresse à retrouver les camarades, les copains, Audrey, les profs (sauf M. Duval, lui vraiment, il me faisait flipper avec ses tableaux DOC et sa loterie pour savoir qui irait au tableau, il était fou, je vous jure … bref j’arrête), à découvrir de nouvelles matières, lire de nouveaux livres, apprendre … que bien souvent je sautai de la voiture familiale en criant « à ce soir ! » sans me retourner.

Hier, devant ces enfants sanglotants qui occupaient tous les adultes disponibles et devenaient l’objet de tous les soins, je me demandais : peut-être étais-je dépourvu de cœur ? Ou d’à propos …

« T’es née à 9h du matin, l’heure du café et de la curiosité  » Réponse de ma mère à mon message. Me voilà rassurée.

Clairement je n’ai jamais été attachée aux jupons de ma mère ou à la ceinture de mon père. D’une ma mère ne portait pas de jupe et la ceinture de mon père … je ne l’ai jamais vraiment appréciée mais pour des raisons qui n’ont rien à voir … quoi que … mais surtout, de deux, j’ai toujours aimé courir vers l’inconnu, la connaissance.

A la fin de mes études, j’ai craint de ne plus connaître de « rentrée », de ne plus ressentir ce sentiment d’excitation face à la nouveauté : un nouveau monde, une nouvelle aventure, un nouvel âge.

Mais finalement qu’est ce qu’une rentrée ?

La rentrée n’est ni la fin des vacances, ni la reprise du travail, c’est surtout… une promesse… un rendez-vous… des retrouvailles… un désir qui va obtenir satisfaction… un projet qui donne envie d’exister… un mariage avec l’inconnu.

Alors pour moi, il n’y a que les historiens et les comptables qui comptent les années à partir de janvier… Dans mon cœur à moi, il y a chaque année une subite accélération aux perspectives neuves qui s’annoncent. Je veux croire toujours que les deux mois de l’été, comme l’incubation d’une larve, nous offrent une hallucinante poussée de croissance qui nous rend « plus grands » en septembre.

Certes, les rentrées ne sont pas dépourvues d’illusions, telles ces horribles et intenables bonnes résolutions que nous prenons allongés sur les plages, chimères de régime, de sport, de leçon de danse ou de cours d’apprentissage de l’arabe (Emilie je crois en toi !)

En quelque jours, ces vœux pieux, ou plutôt ces vœux formulés dans un pieu, s’évanouiront pour laisser place à l’essentiel :

Les rencontres, les nouveautés, les projets repris avec une énergie reconstituée, les promesses que l’on tient parce qu’on y tient.

Cette année n’échappe pas à la règle. Tout autour de moi, les têtes bouillonnent et les cœurs sont en émois. Ce mois de septembre va vibrer et nous faire carburer… au café ! Il est le mois de toutes les respirations pour les uns, des réalisations et des concrétisations pour les autres.

De mon côté, dans mon calendrier singulier où les mois reçoivent le nom d’une vertu philosophique car les qualités de l’âme aussi ont leur période, leur histoire, leur météorologie, leur almanach,
j’ai décidé que septembre s’appellerait « L’OPTIMISME ».

J’ai fait le choix de faire confiance, de dire oui, de plonger, de voler, d’y croire !
De courir hors de la voiture comme la petite Manou que j’étais qui avait cette certitude au cœur que la vie serait belle … et bordel ce que c’est vrai !

Je vous souhaite de réaliser vos rêves, vos projets, de partager les cafés qu’on vous a promis, de remplir vos agendas de réunions, de rendez-vous qui vous épanouiront …

D’ailleurs cette élucubration me fait penser que je n’ai pas (encore) acheté mon agenda de la rentrée … l’acte manqué … mais ça n’est pas grave parce que cette fois, je le sens, je le sais, ça va swinguer !

Septembre ou l’optimisme

l’optimisme n’est pas une naïveté mais un choix de chaque matinée.

PS : septembre est le mois de naissance de Forme Libre. J’aime à croire que ça n’est pas un hasard … et mon cadeau à ce média qui m’a tant apportée en un an va être de travailler dur à son épanouissement. Cette fois c’est décidé, la plume va s’envoler. A ce propos, si vous avez des envies et des idées, n’hésitez pas à me les partager.

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Mel Lenormand

– Instagram.

La cuenta por favor !

La cuenta por favor !

Les fournitures scolaires remplacent la crème solaire.

La fin de la récré a sonné.

Mais avant de tout boucler j’avais envie de mettre un coup de regard dans le rétroviseur. Histoire de faire les comptes.

La cuenta por favor.

Cet été a été intense, vibrant, détonnant, vivant…
Pénible également.

Il a abîmé mes amis. Il m’a puisée en énergie.

Il m’a chargée aussi. Ancrée, centrée.

J’ai pris des coups de souleils aux bains et j’ai dansé.
Le madison avec quelqu’un qui le danse comme personne et avec qui je suis vite devenue copines comme cochon(nes).
Je suis allée à l’eau, principalement en paddle, la faute au « pas de vague » et j’ai ramé avec une lionne qui l’air de rien tient bon la barre et le vent.

J’ai vu beaucoup double; sûrement à cause de mes amis jumeaux.

J’ai vu noir et rouge, la faute au Miguel. Mais j’y ai connu des petites étoiles (et rien à voir avec le vin sélectionné par l’Artnoa).

Je suis partie en voyage détox à Ibiza sans que ça ne soit un paradoxe. Sur la route, à la roots, en mode gipsy et … j’ai un nouveau tatouage.
Un soleil, pas d’étonnement.

Et puis encore et toujours j’ai avancé sur mes deux jambes : la gauche c’est Sophie … rapport à une glissade en scooter et la droite c’est Marie celle où j’ai tatoué une ancre. Petite sœur qui joue souvent le rôle de la grande.

J’ai eu de la visite
Ma mère qui apprécie que ce soit sûrement le dernier déménagement.
Chacha, Mel, … mes boussoles qui m’empêchent de perdre le nord.
On ne peut savoir où l’on va sans se rappeler souvent d’où l’on vient.

Et, voilà c’est à peu près tout.

C’est déjà beaucoup.

Le rythme des saisons je le connais, je l’ai dans les veines, en ADN, une vie en Vivaldi. J’adore ça. On ne s’ennuie pas ainsi et c’est très bien comme ça.

Je vois d’ici Sophie lire ce passage et dire « Ah ça tu m’étonnes, on détonne »
Liouba répondre « Clairement, tu m’en diras tant » et Emilie enchainer avec un « Les rois de la déconne » que Marie ponctuera par un « Tu m’étonnes !« 

Nous sommes une bande de joyeux lurons souvent en foire.
Moins enfoirés que bons vivants (sauf toi Charles, toi t’es un enfoiré), nous avons le sens de la fête, du célébrer ensemble, l’humour et l’amour comme liant et notre vie mériterait d’être mise en série, en sitcom, en télénovela espagnole… 

Nous prenons la vie côté sourire et nous faisons en sorte que chacun le garde. Le sourire.

Enfant j’avais participé à un concours de rhétorique. Le thème était « l’amitié ». J’avais dit que l’amitié c’était de faire les devoirs les uns des autres, de se couvrir pour les bêtises, de partager son gouter et de sauter ensemble sur le lit pendant les soirées pyjama (on ne se refait pas). Finalement je n’ai ni grandi, ni changé d’avis. J’ai juste vieilli. 

Mais si décrire l’amitié m’échappe toujours un peu car je manque de mot pour décrire cette sensation, cette émotion, ce lien d’instinct je pense à chaque fois à Saint Exupéry, au Petit Prince et au Renard..

 » Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. « 

Le Renard

Le Petit Prince, Antoine de Saint Exupery

Voilà l’amitié c’est s’apprivoiser, avoir envie d’être les uns avec les autres, avoir besoin les uns des autres et être tout à chacun et chacune unique au Monde.

Comme diraient les mousquetaires : « Envers et contre tout. Tous pour un et un pour tous.« 

Avant cet été, j’utilisais souvent un proverbe berbère qui dit « On ne dit merci à ses amis que dès lors que l’on n’a plus besoin d’eux« . Un pirate (mon préféré) m’a fait réaliser que c’était tout le contraire en réalité :

Pour rester capitaine de son bateau, nous avons tous besoin de petits mousses, d’une régie pour maintenir le cap et affronter les vagues. Leur dire merci est du coup un bon moyen de leur donner envie de rester, de continuer à ramer, d’être là, de faire front. Cela s’appelle la considération. Ca ne suffit pas, bien sûr, à montrer son affection mais avoir la gratitude comme attitude est une manière de se souvenir que rien n’est jamais acquis et qu’il faut dire, montrer, parler, démontrer, se câliner, s’embrasser parce qu’entre tout ce qui est pensé et non dit et tout ce qui est ressenti et non exprimé, il y a trop d’amour qui se perd. MERDE, on n’a qu’une vie ! 

Alors, merci merci 1000 fois d’être là, d’être vous d’être des humains bancales mais surtout BANCO, tellement extraordinaires et si peu banales ….

Quoi on dit banaux ?

Tu sais quoi l’été ? 

Merci pour les roses
Merci pour les épines

 

Vous savez quoi les copains ?

Je vous aime

VOUS CONNAÎTRE EST UNE FÊTE.

© Source photos: 

Mel Lenormand

 

Le monde est Kaboul

Le monde est Kaboul

Dimanche Forme Libre a eu un an.

Un an de portraits, d’échanges, d’images, de poésie, de gens bons qui rendent la vie plus jolie.

Un an que vous me poussez, m’encouragez à parler de ;  d’elles & eux et que vous me réclamez plus d’expressions libres…

Hasard du calendrier ; aujourd’hui j’ai mal à ma Liberté !

L I B E R T E

Ce mot que j’ai tatoué sur mon avant bras droit, qui guide tout chez moi, qui m’a liée à marraine de bonne fée, Ondine la bien nommée.

Liberté je vis ton nom mais du fond de mes tripes

aujourd’hui je te crie.

 

Pourquoi ?

Parce qu’en Afghanistan les talibans ont pris possession de toi, de tes corps et de tes essences. De force, sans aucun droit, ils ont éteint ta Lumière.
Ils ont fermé les écoles, les rédactions, coupé l’information, des têtes (trop) pensantes aussi et ils ont brulé les livres…

Je brûle. Je hurle.

Pourquoi ?

Je ne suis pas afghane après tout !

Et pourtant …

Je n’ai plus non plus 6 ans mais je pense à toutes ces petites filles qui ne vont pas choisir leur cartable pour la rentrée. J’essaie de visualiser le mien mais la vérité c’est que je ne me souviens pas de quelle couleur il était, c’était un détail pour moi… enfant bien née.

Je n’ai plus non 12 ans mais je pense à toutes ces adolescentes à qui on ne dira pas qu’elles ont le droit de dire non, de prendre leur temps, de disposer de leur corps et de leurs sentiments.

Je n’ai plus non 18 ans mais je repense à ce sentiment de fierté que j’ai eu en posant pour la première fois mon cul dans un amphi blindé qui affichait « Faculté de Droit Sciences Politiques de l’Université de Caen Basse Normandie » . J’étais la première de la famille à faire l’unif’ , et même si chaque dimanche soir, lorsqu’il me raccompagnait sur le campus dans ma chambre d’étudiante de 9m², il me disait que « vraiment les avocats c’est tous des escrocs et les juges des coincés qui se croient au dessus de tout« , je crois que ça rendait fier mon grand-père.

Je n’ai plus non plus 22 ans mais je repense à ce moment où je lis sur mon écran que je suis diplômée et où mon frère me porte de ces deux mètres en me disant « Putain solide Frère » ; j’avais eu 18 en Libertés Fondamentales. « Normal » m’avait dit mon mec de l’époque. Je l’ai quitté. Je le pouvais.

Je ne suis pas une mère et pourtant je pense à toutes ces mamans qui tremblent pour leurs enfants de l’autre coté de la Terre, en Afghanistan.

Je ne suis pas un homme, pas un père et pourtant je pense à eux et à tous ces grands-frères qui vont vouloir se battre, rester droits, protéger leurs filles et leurs sœurs, sauver leur honneur et … sûrement mourir pour ça.

Je pense aussi à tous ces petits garçons, les sensibles, les empathiques, les poètes, les artistes, les solidaires, les humanistes nés que l’on va détruire, casser de l’intérieur … haché menu le cœur pour en faire des durs. A qui on va cuire le cerveau pour en faire des robots au service d’une dictature.

Je ne suis pas prof, pas instit, pas journaliste, pas scientifique, pas médecin mais je pense à eux aussi réduits au silence, à qui on va forcer la main, le trait et l’esprit pour prêcher du vomi.

Je ne suis pas afghane ; Et pourtant …

Comme dirait la Grande Sagan «  Si l’on est tant soit peu sensible, on est écorchés partout et tout le temps » . Encore que écorchée n’est pas le bon mot. Je me sens « Percutée » voilà ! J’ai l’impression qu’un rouleau compresseur m’est passée dessus, je me sens oppressée dans la poitrine, j’ai la mâchoire contractée prête à mordre …

PAS TOUCHE à MES SŒURS, PAS TOUCHE à MES FRANGINES !

Mais au-delà de la colère, je ne sais quoi faire, la frustration domine face à ce sentiment d’impuissance. Alors depuis dimanche, je suis sans mot, sans voix, je lis, je regarde, je capte l’info, j’essaie de l’intégrer mais lorsqu’un ami reporter sur place me dit qu’il a vu des têtes tombées, c’est ma langue qui se trouve coupée.

J’aimerai être pilote de ligne pour aller les chercher une par une plutôt que de simplement écrire des lignes.

Et pourtant, j’écris quand même ce soir. Pour eux. Pour elles. Notamment celles qui avaient lancé des magazines féminins en conjuguant au pluri-elles les sujets édités pour construire un Afghanistan de demain plus diversifié et dont les rédactions ont brulé.

Un magazine féminin ca peut sembler anodin, n’être rien, une chose superficielle, pas essentielle.

« On ne mène pas une révolution en parlant chiffon !« 

Mais mon gars t’as rien compris ! Ce qui compte ici c’est d’écrire, de publier ce qu’on veut, d’être libres justement loin du regard des hommes, sans leur jugement ou leur aval. Il en va de même pour la mode. Le vêtement ne semble pas important et pourtant le fait que je puisse passer ma vie en short en jean trop court et t-shirt blanc cheveux au vent est peut-être un détail pour vous mais en fait ça veut dire beaucoup.

C’est ce que m’avait dit Mémère, mon arrière grand-mère, avant de partir. Lorsqu’elle a senti son moment venu, elle m’a faite venir pour me dire tout un tas de trucs et notamment que je ne devrais jamais considérer la Liberté comme un acquis et ne jamais laisser un homme me mettre au tapis.

En parlant de tapis, je sors du yoga et après un enchainement petit cobra, chien tête en haut, chien tête en bas sur le sol j’ai posé mon front … en position de l’enfant. Je ne suis pas afghane, pas musulmane et pourtant, ce faisant, j’ai fait un vœux, un souhait, certain diront que j’ai prié … pour l’Humanité. Pour que Demain, qui s’annonce compliqué ne soit pas fait d’amalgames, j’ai prié pour qu’on me préserve les oreilles de ces discours infames et stéréotypés : 

–  » En même temps les arabes et les femmes …  »

–  » En soi, la burka ça n’a pas l’air de les gêner puisqu’en France elles revendiquent le droit de porter le voile »

– TA GUEULE.

J’avoue c’est moins yoga ça. Mais franchement, d’avance, Ta gueule l’idiot sectaire qui aurait l’idée de me balancer ce genre de commentaire. Je suis pas d’humeur, que ce soit clair.

Je ne suis pas d’humeur parce que j’ai peur. J’ai peur des divisions, j’ai peur pour elles, j’ai peur pour cette génération.

Alors oui, ici avec ma vue sur le rocher de la Vierge à Biarritz je ne risque pas grand-chose mais pendant qu’on célébrait ce week-end son assomption au ciel, les droits des femmes sont tombés six pieds sous terre de l’autre coté de la Terre.

Alors cet article c’est un cierge pour Kaboul, une bouteille à la mer maladroitement jetée qui veut simplement rappeler que si le monde est maboule, il ne tient qu’à nous de le changer, de ne pas accepter, nous incliner. 

La Liberté est une bataille quotidienne : elle consiste à être soi et à faire ses propres choix. 

Chez Forme Libre, nous faisons le choix d’être Kaboul puisque le monde est maboule ! 

Nous refusons le silence, le noir, l’obscurantisme et le fatalisme. 

Le monde c’est nous après tout  alors … 

Faisons en sorte que le monde soit Kaboul.

 

#weareone #lemondeestkaboul

Crédit Photos : 

– The Guardian – édition en ligne du 16/08/2021.

– Le Monde – édition en ligne du 16/08/2021.

– Mel Lenormand 

– Jake Simkin Photos : @jakesimkinphotos : qui vend ses clichés de voyage en Afghanistan pour acheter des tentes de sorte à pouvoir accueillir des réfugiés politiques aux frontières et construire des écoles nomades. 

Oh hisse c’est l’été !

Oh hisse c’est l’été !

Juillet est passé, août est arrivé avec son chassé croisé de vacanciers …
Déjà un mois d’été. Un mois à vivre au rythme des cigales… et des timbales.
Un mois de saison, de transats, de plages, de « bons moments »…

Et finalement, pour nous, habitants de stations balnéaires, une vie en suspens …

J’aime l’été.

 

J’aime son parfum et ses matins.
J’aime ses marchés colorés, ses siestes et ses lectures. Souvent c’est Sagan à l’ombre des persiennes parce que l’Humour, parce que l’Amour, parce que l’ironie entre les lignes ; Bref, la vie.

J’aime les rayures de l’été, ses ratures.

Celles des marinières,

des cabines de plage de Biarritz …

ou de Trouville-sur-mer.

J’aime le blanc, le bleu et le vert.

Les embruns rafraichissants de l’océan.

J’aime me nourrir de pastèques sans jamais prendre le melon.

J’aime l’été.

J’aime aussi les nuits de l’été, ses ivresses, ses apéros à répétition. Trop nombreux ;

Ses retours de soirées nu-pieds et ses réveils à moitié nue sur la couette à compter les verres de rosé.
Trop nombreux aussi eux.

J’aime ses excès, ses légèretés, ses impressions que rien n’est grave parce que l’été rien ne dure… que c’est deux mois et basta.

J’aime rêver l’été.

Préparer la rentrée. Planifier, Imaginer demain dans le fidèle carnet jaune toujours jeté au fond de mon panier.

J’aime être bronzée, les marques de maillot de bain, l’odeur de la fleur d’oranger et tout tâcher parce que j’ai trop d’huile d’argan sur les mains.

J’aime me baigner, nager, surfer, glisser.

J’aime me marrer à écouter les discussions de la serviette d’à côté.

Surtout quand elles parlent de relations, de dates, de rencontres dans l’avion, le train ou en boite.

 

J’aime les scènes de plage façon Martin Parr et penser à Guy (Birenbaum) pour qui la vie est une plage.

J’aime les glaces … menthe-chocolat, cette passion que personne ne partage.

J’aime me balader à la nuit tombée avec mon cornet, flâner dans les lacets et écrire à la lueur des couchers de soleil tout rosés. 

Mais cette année, il y a quelque chose que je n’aime pas.

Cet été manque de fougue et de panache,
de parfum de monoï chaud sur la peau,
de regards croisés et de draps froissés, d’émois, d’envies.
Cet été manque de vie.

Cet été « bon an, mal an » manque de Sagan.

BONJOUR TRISTESSE !

Cet été manque d’Arnaud et d’Audrey. De Seb, de Clm…
Cet été manque de Normandie, de course de poneys, de placés, de gagnants, de rosés. Cet été manque de lambada, de moulaga, de chachacha.

Encore que, pour moi, ça va. Mais je vois bien que tout autour quelque chose ne tourne pas rond, que ça, ce qu’on vit là, c’est pas vraiment toi, l’Eté.

ça se sent que c’est pas toi. ça s’entend.

Sur la serviette d’à côté, sur les terrasses du marché, dans la file des supermarchés, …

ça se sent que tu nous as farcé l’Eté … que t’es pas vraiment là …

Tu manques de température, de chaleur … surtout dans les cœurs.

Surtout dans celui de la jeunesse qui laisse partout traîner ses déchets sans rien ramasser. A croire qu’on ne leur a jamais dit de ne rien laisser derrière eux, aucune trace parce que l’été ne fait que passer, justement, et que la rentrée c’est la promesse d’aller de l’avant.

A croire qu’à force de ne plus savoir de quoi demain sera fait, ces jeunes semblent avoir oublié d’avoir un peu de respect pour l’environnement.

Histoire d’une génération d’engagement.

Mais n’allez pas croire que je vais ici dresser une généralité et accuser la jeunesse… la Zola en moi critique et accuse déjà tout un tas de choses depuis un mois et je reconnais que cela me met d’humeur morose. Les stations Balnéaires se sont cette année teintées d’un spleen à la Baudelaire… Moins Comtesse de Ségur que Shopenhauer, on aimerait tous fuir ailleurs.

Et pourtant nous avons l’habitude de la saisonnalité. Des attitudes colonialistes des touristes, des congés-payés de masse, de ses marasmes… Mais là … ce n’est pas « comme avant ».

… Si l’été est en général une parenthèse, comme un film de Godard, cette année nos vies semblent comme suspendues à un fil. Les mauvaises nouvelles nous prennent au dépourvu, rien n’est léger, tout est lourd, on ne danse plus, on manque d’entrain, on ne sait d’ailleurs sur quel pied danser, pour rien. Tout semble n’être que foutaise et le romantisme que représentaient l’été et ses légèretés ont laissé place à un agnosticisme qui prend tout par-dessus la jambe comme si le doute et la peur avaient pris le pli sur tout, sur nous et que plus rien ne valait le coup *.

 

Pas même la promesse de septembre.

Et bien moi je m’en fous, je me fous de la météo et de ses sautes d’humeur, je me fous du pass sanitaire et des nausées causées par le vaccin, je me fous de cette plaie sur ma jambe qui fait mal le matin, je vais lire Sagan !

Parce que la vie est belle, parce que même si les cons osent tout et que c’est même à ça qu’on les reconnait, ils ne sont pas la majorité. Parce que bien sûr que les nouvelles ne sont pas toujours bonnes mais que si on y regarde bien la vie est faite de belles surprises … celles-là même qui se planquent dans un sourire, dans un regard qu’on croise, dans des mots que l’on a entendu, dans une phrase glissée dans une conversation, une phrase qui ne paie pas de mine, dans un geste comme ça … qui ouvre la porte, la fenêtre à quelque chose qui peut changer un mois de juillet, d’août, une vie ou juste un été.

Je crois qu’il y a deux types de personnes :

Celles qui décident d’apprendre à sourire des yeux puisqu’il faut porter un masque et celles qui font le choix de ne plus se brosser les dents.

Bref il y a les jaunis, les ternis et les heureux.

Alors, même s’il me tarde d’être en septembre,
mais genre VRAIMENT,
j’ai la ferme intention d’aimer Août coûte que coûte !

Du coup si vous voyez une idiote lancer un madison sur une musique qui n’a rien à voir, vous avez 8 chances sur 10 que ce soit moi et ne me chauffez pas sur un David et Jonathan parce que je serai, je pense, toujours en avance au rendez-vous de nos promesses !

MUXU

 • A ceux qui s’en foutent de tout,
Méfiat quand même … aux déchets que vous laissez, aux conséquences de vos absences : le karma ne prend jamais de vacances alors gare aux excès de confiance.

© Source photos: 

Mel Lenormand

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